EFFETS PRODUITS PAR LA TENSION DES PÔLES
par un 61 métallique isolé , interrompu par le savon ^ les électro-
scopes continuent à indiquer la même tension, et pur cons<^quenl le
savoD agit comme mauvais conducteur. Enfin, si ou louche le savon
avec un eorps bon conducteur, le pôle négalif seul est neutralisé :
le sa^'on ne conduit donc alors que le fluide négatif. La flamme
dakool a présenté les mêmes phénomènes^ mais sa faculté con-
dQdrke est en faveur du fluide positif : la flamme du phosphore,
la gélatine, Tivoire, ont donné les mêmes résultats. On explique,
mais incomplètement, ces phénomènes en admettant dans chacun
de ces corps une diflercnce de conductibilité pour les deux fluides,
qui ne devient sensible que pour les petites tensions.
1032. On a employé les piles sèches pour produire une espèce (le mouvement perpétuel. Si on place deux piles sèches parallèlement sur un support conducteur, les pôles contraires en regard 'fig. 581 )y entre les piles un support portant deux aiguilles de verre terminées par des balles de sureau m et n, les aiguilles seront successivement attirées et repoussées par les deux pôles , et prendront m mouvement oscillatoire qui durera tant que la pile conservera unetoision sensible. On pourrait aussi donner à raigullle mobile mi moovemcnt de rotation horizontale continu. Ces appareils marchenl quelquefois pendant plusieurs années, mais les mouvements sont très-irréguliers. On en concevra facilement la raison en remarquant que les piles sèches, ayant une conductibilité très- &ible, exigent un temps plus ou moins long pour acquérir le maximum de tension , et que celte tension doit nécessairement dépendre de Télat hygrométrique de Tair -, aussi les piles sèches ont moins d'action en été qu'en hiver. Ces appareils unissent d'ailleurs toujours par s'arrêter après un certain temps.
10S5. Kl. Bohnenberger a fait une heureuse application de la tension des piles sèches a la construction d'un élcctroscope condensateur, d'une sensibilité extrême. Cet appareil, perfectionné par M. Becquerel, est formé d'une pile sèche renfermée dans un cylindrede verre , et posée horizontalement sur un support en bois; les pôles sont garnis de deux plaques de laiton qui s'élèvent en se rapprochant, et restent parallèles dans une longueur de 8 centimètres. Une cage de verre qui enveloppe cet appareil est percée de manière à laisser passer un iil de laiton , qui suspend une lame d'or de 6 à 8 centimètres de longueur au milieu de rintervalle des lames de cuivre, et parallèlement à leur direction ^ le Iil de cuivre an delà de la cage est renfermé dans un tube de verre, et se ter-
172 ÉLECTRICITÉ DY.NAMIOt'E.
mine par un bouton sur lequel on visse un condensateur. La plus faible quantité d'électricité développée dans le plateau collecteur produisant dans la feuille d'or de l'électricité libre par la séparation des plateaux ^ elle cesse alors d'être également attirée par les deux plaques de laiton y et se rapproche de celle dont l'électricité est contraire à celle qu'elle a reçue. La sensibilité de cet appareil est telle que ^ d'après M. Becquerel ^ dans un temps sec y un tube de verre frotté avec du drap agit sur cet instrument à une distance de plusde 3 mètres; mais les variations d'intensité qu'éprouvent les tensions des piles sèches et le décroissement de cette intensité avec le temps rendent la sensibilité de cet appareil très-variable.
iOS4. M. Rousseau a appliqué les piles sèches à la détermination de la faculté conductrice des diiïérents corps. L'appareil (fig. 58i) est formé d'un gâteau de résine AB^ sur lequel est fîxé un conducteur en cuivre CA, terminé au centre du plateau par une tige conductrice CN , qui s'efûle en une pointe aiguô sur laquelle repose une aiguille faiblement aimantée DO , dont l'extrémité est garnie d'un disque de cuivre 0. Le conducteur CA porte une tige de cuivre verticale mobile autour de la charnière i, et garnie, à la hauteur de l'aiguille, d'une boule 0'; l'extrémité du conducteur CA reçoit une petite capsule métallique , destinée à contenir le liquide ou le corps dont on veut éprouver la faculté conductrice; enfin, à une certaine distance du plateau, se trouve une pile sèche communiquant par sa base avec le sol , et garnie à son sommet d'une tige métallique qui plonge dans le vase sans en toucher les parois. Le plateau est recouvert d'une cloche portant à la hauteur de Taiguille un cercle divisé. Pour se servir de cet instrument, on enlève le fil ab, et on tourne la cage de manière que le disque de Taiguille touche la boule 0'; ensuite on place dans la capsule A le corps sur lequel on doit opérer, et on le fait toucher par le fil ab : si le corps est bon conducteur, le disque 0 est repoussé par la boule (y, parce que tous deux sont élcclrisésde la mênie manière. M. Rousseau a ainsi reconnu que les huiles de graines conduisent bien l'électricilé , que l'huile d'olive ne la conduit presque pas; mais qu'en ajoutant à celte dernière une très-petite quantité d'huile de graine, elle devient conductrice. Cet appareil présente alors un très-bon moyen pour reconnaître les huiles d'olive falsifiées ; mais il ne donne pas la mesure de la quantité d'huile de graines qu'elles renferment. M. Rousseau a constaté que les charbons employés avec le