DÉTERMINATION DE LA FORGE MAGNÉTIQUE
alors rintensité de la force qui la sollicite est proportionnelle , comme dans le pendule, au carré du nombre d'oscillations qu'elle foitdans le même temps.
En désig:iiaiit par F la composante horiiontale de l'intensité magnétique de la terre , par F' et par F' les intensités magnétiques d'une même aiguille dans deux ôrcottstances différentes , par T et T les durées des oscillations , et par Il , A', les nombres d^oscillations exécutées par l'aiguiUe dans le même temps, les forces qui solliciteront Taiguille seront propoKionnelles à FF' dans le premier cas et à FF' dans le second ; et , comme les éléments magnétiques de Taiguille sont sollicités par des forces parallèles qui restent constantes , ces oscillations suirent des lois analogues à celles d'un pendule soumis à l'action de la pesanteur : alors, en remplaçant dans l'équation du pendule [58] la valeur de g par KFF' et KFF'^, K étant un nombre constant, on trouve
fir — ji — ^/t-
8itt. Lorsque l'aimant ne peut pas être suspendu, on le fait agir, dans ses différents états magnétiques, sur une même aiguille suspendue horizontalement, à la même distance ^ il faut que l'aiguille ait été fortement trempée, afin que son état magnétique ne soit point changé d'une manière permanente par l'influence de l'aimant. On commence d'abord par faire osciller l'aiguille sous l'influence seule de la terre, et ensuite sous l'influence réunie de la terre et de l'aimant, l'aimant étant placé dans le méridien magnétique. On déduit alors facilement des nombres d'oscillations faites dans le même temps les rapports des intensités magnétiques de l'aimant.
En désignant, comme précédemment, par F la composante horiiontale du magnétisme terrestre , par F' et par F'' les intensités du magnétisme de Tainiant dans deux états différents , par f celle de Taiguille , par k ei k* deux coefficients constants, par n, n', nfy les nombres d'oscillations de Faiguille libre , et soumise successivement à Tinfluence de la terre et de Taimant dans ces deux états , nous aurons les équations
kYf-k- kT'f. f^ kFf+ fcTY. n^
La première donne
la seconde
d'oà Ion tire
*Ty F »^ — n>
1 0 HAGNÉTISMB.
La même méthode peut servir i vérifier les lois des tltractioiis et des répalsioDs magnétiques ; il suffit pour cela de fiûre varier la distance du barreau aimanté , son intensité restant constante.
Dans ce cas , F' = F" ; maif la distance du barreau à raiguiUe étant diflerentc , la force qui sollicite raiguille est représentée par y¥'f et Vf' f,k' tiV étant des cœflicionts difiereats qui dépendent de la distance : alors on a
et Ton trouve par lobserration que 1/ et f sont en raison inrerse des carrés des distances. Nous rapporterons une des expériences de Coulomb.
H suspendit une petite aiguille A un fil de soie , et , à Tabri des agitations do Pair, elle faisait quinte oscillations par minute. U fit ensuite agir sur elle le |MMe attractif d'un long fil d'acier foHement aimante et maintenu Terticalemont dans le méridien magnétique de Taiguille ; l'eilrémité du fil d'acier qui a<:issaitsur Taiguille s'abaissait de 10 lignes environ au-dessous du plan horizontal de l'aiguille ; cette disposition éuit nécessaire pour obtenir le maximum d'effet : le fil étant à 4 pouces de distance dn centre de Taiguille , elle fit quarante et une oscillations en une minute » et , le fil étant placé à 8 pouces , le nombre des oscillations fut réduit à vingt^piatre. D'après la formule précédente on a
^-(2.i)« — (ISj^-^'^- Ainsi , à une distance double , l'intensité do la force eet quatre fois pins petite.
816. On peut aussi déterminer le rapport des intensités magnétiques d'une même aiguille au moyen de la balance de Coulomb ^ en mesurant la torsion qu'il faut donner au fil de suspension pour que raiguille éprouve la même déviation. En supposant que les pôles soient toujours aux mêmes points , il est flacile de voir que les intensités magnétiques de l'aiguille sont proportionnelles aux arcs de torsion.
$ th. Distribution du magnétisme dans un barreau aimanté.
817. Lorsqu'on roule un barreau aimanté dans de la limaille de fer, on remarque , comme nous l'avons déjà dit y que la limaille s attache surtout à ses extrémités : il en résulte que la vertu magnélique réside principalement dans les points voisins des extrémités.
818. On peut déterminer la distribution du magnétisme dans im barreau par le procédé suivant. On prend une très-petite aiguille, et, après avoir déterminé le nombre des oscillations qu'elle
hisiiUBriioN ()i MAi.Ni.nsMr uans r\ r.\r,r.i\r aim\mi". m
liiil dans iino miiuilo, lursquelle Ohl soumise à l'inllucnce seule de la tene , ou la pivseule sueeessivemeut aux diirérenls points d'un barreau aimanté \h (lig. 4G5;. Ondétenuiue pour chaque position le nombre d'oscillations qu'elle fait dans le même temps , et, par suite y lintensité du magnétisme qui concourt avec l'action de la terre pour faire osciller l'aiguille : cette intensité est proportionnelle à celle du point de la barre situé dons le plan horizontal de l'aiguille. £n effet , le point M^ situé à la hauteur de l'aiguille ab, sera celui dont l'action se fera sentir davantage : d'abord parce qu'il est le plus voisin de l'aiguille , ensuite parce qu'il l'attire directement dans le plan horizontal où elle oscille , au lieu que les autres points situés au-dessus et au-dessous agissent de plus loin et plus obliquement. A la vérité, l'influence de ces deux causes est très-faible pour les points du barreau qui avoisinent M; mais si l'action d'un de ces points est plus forte que celle de H, celle du point situé de l'autre coté, à la même distance, sera plus faible d'une quantité à peu près égale : car, quelle que soit la nature de la courbe A'B'C, dont les ordonnées représentent les intensités magnétiques des points correspondants du barreau, on peut toujours, lorsqu'on n'en considère qu'une très-petite étendue, luisub» stituer la ligne droite qui joint les points extrêmes. Ainsi, la demisomme des actions exercées par les points voisins équidistants de M sera encore très-peu différente de celle de M. Il suit de là que, dans chaque expérience, le barreau exercera une action presque proportionnelle à celle du point M ; mais cette proportionnalité no pourra pas s'étendre jusqu'à l'extrémité du barreau, ni même à une très-petite distance de cette extrémité : car alors les points situés au delà devenant assez voisins pour que leur absence soit sensible, l'action exercée sur l'aiguille ne serait plus la même que si le barreau était continué. A l'extrémité du barreau la force est à peu près deux fois plus petite que s'il était prolongé : c'est pourquoi il faut doubler les résultats obtenus. Dans ces expériences, 1 aiguille doit être assez forte pour que son état magnétique ne soit pas changé d'une manière permanente par l'influence du barreau. 811). On pourrait aussi employer la balance de torsion. Coulomb se servait , pour ce mode d'expérience, de l'appareil ( fig. 4G4). L'aiguille aimantée mobile étant sur le zéro de la division et dans le méridien magnétique , il fixait verticalement dans la cage et contre cette aiguille, dans sa position d'équiUbre, une règle de bois de 2 millimètres d'épaisseur, et il plaçait contre cette règle, et.
i 2 MAGNÉTISME.
de l'antre cAtë y un barreau vertical dont le pAle de même nom que celui de l'extrémité la plus voisine de l'aiguille était à la hauteur de cette aiguille; en faisant glisser le barreau verticalement contre la règle ; on amenait successivement ses différents points en regard du pôle de l'aiguille , et dans chaque position elle était écartée de sa direction d'un angle plus ou moins considérable; alors, aumoyen du micromètre ; on la ramenait à sa position initiale, et la force de répulsion était mesurée par la torsion nécessaire pour produire cet effet. Pour diminuer le nombre des oscillations , Coulomb employait un petit étrier en cuivre (fig. 466) , terminé inférieurement par une lame de cuivre qui plongeait dans un vase plein d'eau. 11 faudrait encore, comme dans la méthode précédente, doubler l'intensité obtenue à l'extrémité, puisqu'on obtiendrait un effet sensiblement double si l'aimant se prolongeait au delà.
820. Coulomb a fait un grand nombre d'expériences pour déterminer la variation de la force magnétique dans les différents points d'un barreau aimanté; il a trouvé qu'en général la force magnétique était nulle au milieu; que de là elle croissait très-lentement jusqu'à une certaine distance, d'où elle augmentait avec une très-grande rapidité jusqu'aux extrémités, et qu'à distances égales du centre, les forces magnétiques étaient égales, mais de nature contraire. Dans une des expériences, le fil aimanté avait 27 pouces de longueur sur 2 lignes de diamètre; à 6 pouces des extrémités la force magnétique était équivalente à une torsion de 6®, et croissait jusqu'à l'extrémité où elle était représentée par une torsion de 165*. La courbe a6c6'a' (fig. 467) indique la distribution du magnétisme dans une aiguille; l'intensité magnétique de chaque point est représentée par l'ordonnée qui passe par ce point.
821. Pour les fils et les lames d'une longueur différente, dont les dimensions transversales sont égales , mais très-petites relativement à la longueur, et qui sont régulièrement aimantées, la courbe qui représente les intensités magnétiques est exactement la même, pourvu que la longueur surpasse 6 ou 8 pouces. 11 résulte de là qu'au dessus de 6 ou 8 pouces tous les aimants prismatiques d'une petite section ont leurs pôles à la même distance des extrémités : car les pôles n'étant que les points d'application des résultantes totales, ces points sont placés de la même manière quand les composantes partielles suivent la même loi. Coulomb a fait voir que ces pôles se trouvent à 18 lignes des extrémités.
TUÉORIE DU MAGNÉTISME. 15
Pour les aimants prismatiques très-courts ^ les pôles sont à peu )rès au tiers de la demi-longueur, en partant des extrémités } ce lemier résultat est une limite dont les paies s'approchent de plus *n plus à mesure que la longueur de Taimant diminue. D'après H. Becquerel , la distribution du magnétisme dans les fils d*acier très-fins suit les mêmes lois.
Quand Taiguille n'est pas prismatique , les lois précédentes ne sont point applicables^ dans les aiguilles en losange^ les pôles se rapprochent du centre.
888. Points eonséquenU. Quand les aiguilles ou les barreaux ont une très-grande longueur, ils renferment quelquefois un certain nombre de pôles intermédiaires à ceux qui existent aux extrémités : ces pôles intermédiaires sont désignés sous le nom de points eonsé- ^mts. D'après Coulomb , il s'en forme toujours dans les aiguilles d'acier trempé dont la longueur excède 30 fois le diamètre.
On peut facilement reconnaître leur présence et leur position en plongeant l'aiguille dans de la limaille de fer : elle se fixe sur tous les pôles. La figure 468 représente une aiguille renfermant un point conséquent ; la figure 469 une aiguille qui en contient deux. Au dessous des aiguilles on a tracé la courbe qui représente la distribution do magnétisme. On peut aussi reconnaître la présence des points conséquents en plaçant le barreau verticalement et en approchant une aiguille d'épreuve que l'on fait monter parallèlement à ellemême f de manière à la présenter successivement en face de chaque point du barreau. Si le barreau n'a pas de points conséquents, on n'observe qu'une attraction et une répulsion; s'il a un point conséqaeni, on observe deux alternatives, etc. En parlant de l'aimantation y nous verrons la cause de la formation des points conséquents et les moyens de les éviter : car leur présence dans les aiguilles de boussoles diminue leur force directrice , et dans certaines circonstances peut les rendre complètement inexactes.
S 5. Théorie du magnétisme.
883. Pour expliquer les phénomènes magnétiques, on admet Texistence de deux fluides impondérables, désignés sous les noms de fluide austral et de fluide boréal, dont les molécules similaires se repoussent, et celles de nature différente s'attirent. Ces deux fluides existent à l'état de combinaison dans tous les corps magnétiques, et sont séparés par une action magnétique étrangère; mais comme les
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THtoRlE DU MAGNÉTISME. 15
Doaveau magnétisme. Enfln , dans le cas où le corps serait aimanté à saturation, il fondrait , pour que Téquilibrc existât, que la résultante totale, pour un point quelconque, f&t égale à la force cocrcitive. De là le moyen de trouver les équations d'équilibre dans chaque cas particulier. Poisson a constaté que la résultante des actions de tous les éléments magnétiques d'un aimant était équivalente à Taction d'une couche magnétique très-mince qui recouvrirait la snrfoce du corps, et qui serait formée des deux fluides, boréal et austral, qui en occuperaient des parties distinctes. En appliquant les formules générales au cas particulier d'une sphère de fer doux, aimantée par l'action du globe , on obtient un grand nombre de résultats qui ont été parfaitement confirmés par des expériences directes faites par M. Barlow.
Nous n'entrerons pas dans les détails de cette théorie ; les calculs en sont trop élevés pour trouver place dans un traité élémentaire de physique^ mais nous essayerons de foire concevoir le mode de distribution du magnétisme libre dans une aiguille, et, pour plus de simplicité, nous considérerons l'aiguille comme formée d'une seule file de molécules. Si ces éléments étaient sans action les uns sur les autres pour faire varier leur état magnétique, et si on supposait nuls les intervalles qui les séparent, tous lesp61cs élémentaires se neutraliseraient) il ne resterait que les pAlcs contraires des éléments extrêmes : alors Taiguille ne serait aimantée qu'à ses extrémités. Mais il fout nécessairement admettre des intervalles entre les éléments magnétiques , et une influence mutuelle sur leur état final. 11 doit en être des éléments magnétiques comme de petites aiguilles aimantées sous leur influence mutuelle (flg. 470): elles prennent des états magnétiques qui ne sont pas les mêmes que si elles étaient isolées. Cela posé, considérons un élément magnétique à une certaine distance des extrémités du barreau. Soit n le nombre des éléments qui se trouvent du côté où sera , je suppose , le pâle boréal : il est évident que tous les pèles australs de ces éléments sont plus voisins de l'élément que nous considérons que les pôles boréals correspondants. Ainsi les premiers auront un excès d'action sur les derniers, et cet excès tendra évidemment à fovoriser la décomposition du fluide magnétique dans l'élément; il en sera é\idemment de même des molécules magnétiques qui se trouvent de l'autre côté) mais on trouve par le calcul que la somme de ces actigtiiresl la plus grande possible au centre, et qu elle diminue du centre aux extrémités , d'abord très-lentement , et ensuite avec une
14» MAGNÛISNË.
grande rapidité. Ainsi, l'iuleDsilé magnétique des éléments diminue du centre aux extrémités ; et lexcès d'action de deux pôles élémentaires voisins augmente du centre aux extrémités, et par soile tout se passe comme si les deux fluides magnétiques étaient répartis chacun dans une des moitiés de Taiguille; et en quantité croissaDte à partir du milieu.
Nous rapporterons ici une expérience due à M. Haldat (A. C. etf,, t. Lxv), qui démontre avec la dernière évidence que la polarité des aimants résulte de la polarité de leurs molécules. Un cylindR de laiton mince de O^jOlâ de diamètre, O^jOlS de hauteur, fenaé par un hout, rempli de limaille de fer, fermé par un tampon de cuivre à vis, et aimanté à la manière ordinaire, a acquis des pdlo sensiblement de même intensité qu'un cylindre de fer écroui de mêmes dimensions. La pression du tampon était sans influence, b i agitant la limaille , la polarité a diminué et a fini par disparallie. En remplaçant une partie de la limaille par du sable unifonncmeBl disséminé dans la limaille, sa polarité a pu s'établir encore.
§ 6. De faimantcUion.
82o. Nous avons déjà vu que les cDrps susceptibles de devenir magnétiques acquéraient celle propriété par le contact avec un aimant ; mais ces corps peuvent encore devenir magnétiques dans un grand nombre d'autres circonstances, par les décharges él«triques, par l'aolion de la terre, par des courants galvaniques. Nous ne parlerons ici que des procédés employés pour donner à des barreaux d'acier la plus forte puissance magnétique au moyen des aimants naturels ou artificiels , ainsi que de l'aimanlation par l'action de la terre; quant à celle qui provient des décharges éleclriqucs et (les c^uranls galvaniques, il en sera question dans les chapitres suivfinls.
Les méthodes d'aimanlalion directes , jusqu'ici employées, sont au nombre de deux , qu'on désigne sous les noms de simple touch i'ido double touche.
«20. Avant d'exposer ces différentes méthodes, nous devons diro C4» qu'on doii entendre par aimantation à saturation. La quan- J't<^ de fluide nïagnéliqiKî développée dans un barreau croK toujours fluld 1 f"^'''''^^'*** """""*** '!"» agissent sur luij mais la quantité de imintH dr**" ^ "''*^^ lorsqu'il est soustrait à l'influence des aif a«|H:nd de sa force coercitive , et celte quantité est suscep-
NËTHUDI': DE LA SIJIMLK TULCHK. t7
lible d'une limite qa'on nomme sataratiou. Une aiguille sursaturée ne perd pas cependant instantanément son excès de puissance; eue reste quelquefois plusieurs mois avant de revenir au point de siloratîon.
Pour reconnaître si une aiguille est aimantée à saturation , il fiuit Taimanter de nouveau dans le même sens, avec des aimants pins forts : si elle acquiert une puissance magnétique plus grande que celle qo'elle avait d'abord , elle n'était point aimantée à satuntion; mais si elle ne prend qu'un faible accroissement de magnétisme y et si elle le perd avec le temps , ce sera une preuve qu'elle avait d'abord été aimantée à saturation.
88 7 . Méthode de la simple louche. Lorsqu'on met le p6Ie d*un aïmant en contact avec l'extrémité d'un barreau d'acier AB (fig. 471)^ il se manifeste au point A un pôle contraire à celui de l'aimant^ et si le barreau est très-petit et très-court ^ l'aimant étant très-puissant y Textrémité B acquerra un pôle contraire à celui du point A. En effet, le barreau étant supposé très-court et l'aimant très-puissant y la décomposition du fluide magnétique aura lieu dans tous les éléments du barreau d'acier, et, par l'action réciproque de tous les pôles élémentaires, il se développera des pôles exposés aux extrémités. Dans les circonstances dont nous venons de parler, le barreau sera fortement aimanté, et il le sera à saturation, ai, par l'action de l'aimant sur l'élément magnétique du barreau le plus éloigné, il se fait une décomposition plus grande que celle qui peut être maintenue par la force coercitive. Mais si la décomposition sur l'élément le plus éloigné est plus petite que celle qui peut subsister, l'aiguille ne sera pas aimantée à saturation, et il est facile de voir que la ligne neutre se rapprochera du point qui a été en contact avec l'aimant, et que les deux pôles n'auront pas des portions symétriques. Si le barreau a une certaine longueur, et surtout s'il possède une grande force eoercîiive, l'influence directe du pôle de l'aimant ne se manifestera que sur une certaine partie AC (fig. 47S ) , terminée au point où son action sera égale à la force coercitive; au delà le barreau ne présentera aucun indice de magnétisme.
Si l'on touchait avec un des pôles de l'aimant un point quelconque du barreau d'acier, on y développerait un pôle, et de chaque côté, à une distance plus ou moins considérable, des pôles de nature contraire : ainsi on pourra produire , par un simple contact, un point conséquent en un point quelconque d'un barreau. Dans les baril. 2
reanx qui renferment des points conséquents, les flnides magnétiques sont disposés de la mémo manière que dans des barreaux ayant pour longueur les distances des points conséquents et qui seraient réunis par les pâles du même nom.
888. Une méthode , qui parait préférable à la première, consiste à faire glisser le pôle d*un aimant sur un barreau d'acier; dans chacune de ses positions , il attire le magnétisme de nom contraire et repousse Tautre : par conséquent , dans son mouvement il feit successivement passer chaque point du barreau par deux états magnétiques différents, et lorsqu'il a quitté le barreau, la dernière extrémité touchée possède un pôle de nom contraire à celui de Taimant , et la première un pôle de même nom.
Pour rendre compte de Teffet produit par cette méthode, oonsir dérons d*abord le barreau lorsqu'il touche l'aimant par une de ses extrémités (fig. 4TS) : le barreau acquiert d'abord deux pôles a et é comme par la méthode du simple contact; mais à mesure que l'aimant glisse sur le barreau , il change la nature de Taimantatioa qull avait donnée d'abord. En effet , considérons le barreau lorsqu'il est touché au point p par l'aimant (fig. 474] : au point p se trouve on point conséquent ; la partie pr est chargée de fluide austral, je suppose, ainsi que la partie ps; et en mr ainsi qu'en m se trouve k fluide boréal; mais à mesure que le point p aN^ancc vers n, l'état magnétique de la partie pr change, le point r avance, le point i recule, et quand le barreau est arrive à l'extrémité ii^ le point r est au milieu du barreau, et les extrémités m et n possèdent des pôles contraires. On voit d après cela que le développement de magnétisme dans chaque élément, occasionné par l'influence à di* stance de l'aimant et par le contact, change de signe, et varie continuellement d'intensité pendant le mouvement, d'où il suit que des frictions réitérées n'augmenteraient pas l'aimantation si dlei avaient lieu sur les mêmes files de molécules, parce que chacune détruirait l'état magnétique produit par la précédente. Il résulte aussi de là que, si, après avoir aimanté un barreau avec un aimant puissant, on passe sur ce barreau un aimant plus faible, ce dernier, au lieu d'augmenter l'état magnétique du barreau, le diminue à chaque friction, et finirait par le réduire à ce qu'il aurait été si le barreau n'eôt été aimanté que par lui : car oe dernier (end d'abord à détruire, par le contact avec chaque élément, l'étal magnétique qui avait été produit par le premier. Ainsi , la méthode en question est peu supérieure à celle dont nous avons parlé d'à-
HÉHODE DE LA OOUilLE TOUCHE. 19
bofdy et qui consiste dans le simple contact d'une des extrémités da barreau avec un des pôles de l'aimant , du moins quand les barreaux sont très-courts.
Cette méthode d'aimantation est bonne cependant pour aimanter des aiguilles courtes et d'une petite dimension ; mais elle a l'inconvénient de donner souvent des points conséquents. 11 suffit même, pour en produire à volonté, de laisser plus longtemps sur un point le pôle de l'aimant^ elle ne produit d'ailleurs jamais uneaimantar tion régulière.
820. Méthode de la double touche. Cette méthode produit un développement de magnétisme bien supérieur à celui que l'on obtient par la simple touche. Elle consiste à frotter sous une grande près* sion le long d'un barreau les deux pôles opposés de deux barreaux aimantés, couchés (fig. 475,S perpendiculaires ((ig. 475 A) , ou inclinés vfig« *^^ ^^ ^77 S ^^ 1^^ faisant mouvoir parallèlement ou en sens contraire, et en armant les extrémités du barreau que l'on veut aimanter de masises de fer doux ou de forts aimants.
850. Knigbt, en 1745, eut le premier l'idée d'employer deux aimants. Son procédé consiste (fig. 475) à placer bout à bout les pôles opposés de deux forts barreaux aimantés, et au-dessus le barreau que Ton doit aimanter, de manière que son milieu corresponde k leur ligne de jonction, et à séparer les aimants en les faisant mouvoir chacun de son côté : on obtient ainsi un eiïet beaucoup plus grand que par la simple touche. On en concevra facilement la raison, en remarquant que par celte méthode, dans toutes les positions des deux aimants mobiles, la nature du magnétisme développé dans les éléments du barreau qui les sé|)arent reste la même, et que leurs actions concourent avec celle du magnétisme déjà développé dans ces éléments pour produire l'état nignétique final. Par cette méthode ou peut aimanter ù saturation des barreaux courts et peu épais ^ mais il est impossible d'aimanter à saturation un barreau un peu long.
851. Duhamel introduisit dans cette méthode un perfectionnement important. Il plaçait le barreau à aimanter entre deux barres de fer doux (fig. 476)*, les frictions se faisaient par des barreaux aimantés, coDime dans la méthode de Knight, mais ils étaient indinés de 25 à 30 degrés. Cette méthode renferme deux circonstances importantes : l"" l'inclinaison des aimants , qui, en rapprochant leurs centres d'action du barreau, augmente leur effet; â^l'emploides armatures de fer doux. Pour concevoir l'etTet produit
par a» annaliircs. il CmI remaniaer qa aBtfitdl que les barreaax ont acqob on cerUin àe^rt de ovi^iKiisiiie ils aimanlenl les barreaux de fer : le mazDêtisme déTe{«>ppê dans ceuxHri dissimule et fixe one partie da magnéissme poiaire des barreaux, et donne ainsi aux aimants phis de Cftcilite po«r opérer une nonvelle déoompositinn de fluide par one WMneOe frieti*».
La méthode de Knisfat on de Duhamel est la meilleore pour aimanter de la manière la plm complète et la plus régulière les aignilles de bonssole et les lames d*»t l'épaisseor ne dépasse pas ^ à 5 millimètres.
838. Mitcfaell emplova une antre méthode. Elle consiste i mettre plusieurs barreaax d'acier en contact ^ à la soite les uns do antres, et à frotter snr leor sorface* par les pôles contraires et po^ pendicolairement y deox Caisceanx de barreanx aimantés, fixés i une distance constante fig. 4TS A'. Les barreanx intermédiaiies se IroQ^ent fortement aimantés.
Il est facile de voir qne , dans cette méthode , les barreaax, places les uns à la snite des anlres« se senrent mutoellenient d'armature, et agissent comme les barres de fer doox dans la méthode le Duhamel : c*est pour cette raison que les barreaux intermédiaires prennent seuls un grand développement de magnétisme. Quant i l'influence de la position des deux aimants fixés entre eux, on peit s'en rendre compte aisément : en eflet, la décompositkNi du fluide magnétique dans les éléments du barreau qui sont placés entre les deux aimants est effectuée par le concours des actions des deaxba^ reaux , et cet état magnétique tend à changer quand les aimaats ont dépassé ces éléments ; mais alors le nouvel état magnétique ne tend à s'établir que par la différence des actions des deux barreaux; par conséquent, l'état magnétique que les éléments ont reçu en passant entre les deux barreaux subsiste encore en grande partie après la course des aimants.
055. yEpinas fit à cette dernière méthode une amélioration importante. Il plaça de forts aimants à lextrémité des barreaux d'acier, et il inclina les aimants mobiles sur la surface des barreaux d'armer, comme l'avait fait Duhamel ; mais il les fixa entre eux comme dans la méthode de Mitchell ^fig. 4T7}. Par cette inclinaison, Il résultante des actions des aimants sur chaque molécule m devenait plus oblique sur la surface du barreau, et, par conséquent, la composante horizontale devenait plus conadérable) mais comme, i mesure que Tinclinaison augmente, les pMes des aimants s'ékâ-