‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 42 sur 129 · ANNEAUX COLORÉS PRODUITS PAR USS COURANTS · texte numérisé non relu

ANNEAUX COLORÉS PRODUITS PAR USS COURANTS

le sens du courant , et c'est le contraire dans les anneaux de Nobili. Les anneaux observés par Priestley, bien caractérisés sur le cuivre et Tacier, très-faibles sur les autres métaux, résultent probablement d*une oxydation de la plaque parla cbaleur dégagée.

iiS5. Coloration des métaux autnoyen du peroxyde de plomb, déposé par un courant électrique. Imaginons que, dans un vase de verre renfermant une dissolution de potasse saturée de peroxyde de plomb y on plonge une lame de platine communiquant avec le pâle négatifd'unepile à courants constants, et une pièce métallique à surface polie et bien nette. Aussitôt que la communication sera établie, la pièce métallique se recouvrira de couches minces de peroxyde de plomb, dont Tépaisseur ira en augmentant en passant successivement par une série de teintes du plus vif éclat ^ ces couches sont très-adhérentes aux métaux, et peuvent supporter Taction du brunissoir. Pour ralentir l'action et rendre la teinte uniforme, la lame de platine est remplacée par un ou plusieurs Gis de platine flxés dans un tube de verre, de manière que leur extrémité seule soit en contact avec le liquide , et on promène ces Gis devant la surface de l'objet pour régulariser ou faire varier la teinte. C'est à M. Becquerel qu'est duc cette belle découverte , qui a créé un art nouveau. Pour réussir, il y a de nombreuses précautions à prendre dans la composition du bain, la préparation des surfaces, et dans les détails de l'opération ; elles sont décrites avec beaucoup de soin dans le mémoire de M. Becquerel {Comptes rendus des séances de VAcadé" mie des sciences, ISi^*).

1184. Galvanoplastie. Nous avons déjà dit, en traitant de l'action chimique de la pile, que le courant voltaïque jouit de la propriété de décomposer les sels métalliques, et que le métal se dépose au pAle négatif. Le métal obtenu par les piles ordinaires est pulvéroleat^ sans homogénéité, et le plus souvent à l'état d'oxyde. Au moyen des piles à effet constant, d'une intensité convenable, on a obtenu des dépôts homogènes, malléables, tantôt adhérents aux corps qui les reçoivent , tantôt faciles à en séparer. Dans ce dernier cas , le métal a pris l'empreinte Gdèle de la surface sur laquelle il s'est déposé. De là la possibilité de reproduire en cuivre, en argent, en or, etc., une médaille dont on possède le moule. Cet art nouveau a pris le nom de galvanoplastie, celui d'électroplastie serait plus convenable.

Voita parait être le premier physicien qui ait réduit des métaux au moyen de la pile. Brugnatelli obtenait les mêmes résultats en 1803 f il dit avoir doré deux grandes médailles d'argent fixées

s 48 ÉLECTRICrrii DTNAMIQUB.

au pôle négatif d'une pile et plongées dans de l'animoniure d'or récemment préparé. Mais M. de la Rive est le premier qui se soit occupé avec succès des dépôts métalliques à l'aide de la pile. Pendant qu'il annonçait à Genève la dorure au moyen de l'éleclricité, M. Jacobi^ en Russie, et M. Spencer, en Angleterre, constataient les propriétés plastiques des métaux précipités. Peu de temps après , M. Boquillon reproduisait en France les résultats obtenus par M. Jacobi, sur la simple annonce faite à l'Académie des sciences de cette belle découverte. Nous nous occuperons d'abord des dépôts métalliques non adhérents, de la reproduction des médailles, cachets , planches gravées , etc.

Il faut d'abord que le moule soit conducteur; cette condition sera remplie s'il est en métal. On empêchera l'adhérence du dépôt, soit en recouvrant sa surface d'un léger voile de matière grasse, soit on exposant cette surface pendant quelques instants à l'épaisse fumée qui se dégage des résines en combustion. A ces moyens d'abord conseillés, on préfère l'emploi de la plombagine. On en répand un peu sur la surface, et l'on frotte avec une brosse, un blaireau, selon le cas, jusqu'à ce que cette surface soit brillante. Par ce dernier moyen , l'adhérence n'aura jamais lieu , et la reproduction de l'objet accusera les détails les plus délicats. Si le moule est en plâtre, on commence par le plonger pendant quelque temps dans de la cire en fusion. En le retirant, on souffle vivement sur la surface à reproduire; on évite par là l'accumulation de la cire dans les parties creuses. 11 est ensuite recouvert de plombagine , de poussière de cuivre, d'argent, de bronze, etc.

Les médailles reproduites sur des moules en plâtre ont rarement un poli bien satisfaisant; et le succès dépend toujours de la perfection du moule. On obtient de meilleurs résultats au moyen d'un mélange de cire et de plombagine; ce mélange, devenu pâteux par la chaleur, est versé sur la médaille entourée d'une bande de carton ; après le refroidissement, on peut détacher le moule; sa surftce est parfaitement polie , et , avec quelque soin , le dépôt ne difTérara pas sensiblement de la médaille reproduite ; il ne reste plus qu'à rendre la surface du moule conductrice par la plombagine.

Enfin, les moules peuvent s'obtenir par la pile, en effectuant le dépôt sur l'objet lui-même; on empêchera l'adhérence par les moyens indiqués. Le moule obtenu est de la plus grande perfection, et peut servir à reproduire la médaille autant de fois que l'on voudra; c'est par ce dernier procédé que les planches gravées sont

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