‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 61 sur 129 · INÉGALE RÉFRANGIBILITÉ DES RAYONS · texte numérisé non relu

INÉGALE RÉFRANGIBILITÉ DES RAYONS

rouge ; ce qui s'accorde parfaitement avec ce que nous avons annonce.

Ainsi, chaque rayon coloré conserve sa teinte par la réfracliun , sa réfrangibilité est constante pour le même corps , et dans les mêmes circonstances les réfrangibilités des rayons différents sont inégales; et, comme dans les spectres formés par toutes les substances transparentes, la succession des teintes est la même, il en résulte que le rayon violet est le plus réfrangible, le rayon rouge celui qui l'est moins , et qu'entre ces deux limites la réfrangibilité des rayons varie d'une manière continue. Mais les rapports des réfrangibilités des différents rayons ne sont pas les mêmes pour tous les corps , comme nous le verrons lorsqu'il sera question de lachromatisme.

1279. Reste enGn à reconnaître si la réunion de tous les rayons séparés par un prisme peut produire de la lumière blanche. Pour cela recevons le spectre sur une lentille : chaque système de rayons ayant une réfrangibilité différente formera un foyer séparé, et il y aura, par conséquent, sur Taxe de la lentille une suite de foyers distincts, mais qui seront peu éloignés les uns des autres, car les réfrangibilités diffèrent peu. Si Von place dans le lieu des foyers un miroir métallique oblique à Taxe , il réfléchira régulièrement les rayons appartenant à chaque cône réfracté , et il paraîtra coloré d une teinte qui variera avec la position de l'œil ; mais si on y place un carton, une feuille de papier ou un corps non poli, la réflexion diffuse des rayons les mêlera , et on n'apercevra qu'une image blanche légèrement colorée sur ses bords. Pour rendre encore plus évident que c'est bien la sensation simultanée de tous les rayons qui produit la lumière blanche , on prend un carton découpé (fig. 775) que l'on fait mouvoir devant le spectre solaire de manière à intercepter successivement différentes bandes colorées : alors 1 écran placé au foyer de la lentille prend différentes nuances qui dépendent de celles des rayons interceptés ; mais si on fait mouvoir rapidement le carton , l'image du foyer devient blanche. Ici les sensations des différentes couleurs sont réellement successives^ nmis, comme la sensation dans l'organe a une certaine durée, celte dernière étant plus grande que le temps total de leur succession, l'effet produit est le même que si elles étaient simultanées.

Ou peut encore reformer la lumière blanche en rendant les rayons colorés parallèles : il suffit pour cela de regarder le spectre (flg. tto:

avec cm prisme de même matière ^ d'on angle réfringent égal et placé d'one manière symétrique ; les rayons j se troavant dans des circonstances inverses de celles qui les ont séparés^ redoiendront parallèles et produiront de la lumière blanche ) c'est ce qu on obser\'e en efiet. La recompo^tion de la lumière blanche par des réfractions égales et opposées n'exige pas que les deux prismes aient des angles parfaitement égaux : on peut parvenir à ramener les rayons au parallélisme y quel que soit le prisme dont on fait usage y pourvu qu*il ne soit pas extrêmement différent du premier^ et on peut toujours trouver une infinité de positions telles qu'il recompose la lumière réfléchie par le spectre. En effets si on place le prisme de manière qu*il soit en sens contraire du premier^ à une petite distance du tableau^ les rayons émanés du spectre , et qui arriveront à l'œil y formeront une image du spectre moins allongée , parce que la réfraction inclinera les rayons émergents vers la base du prisme, et que cette dé>iation sera plus grande pour les rayons violets que pour les rayons rouges; à une certaine distance Timage doiendra parfoitement blanche , et cela arrivera quand la dispersion dans le prisme pour des rayons parallèles sera égale à la convergence des rayons incidents; au delà de cette distance on verrait un spectre en sens contraire. On se rendra compte- d'une manière plus simple du fiiit dont il est question en remarquant que , si le second prisme était assez éloigné du spectre pour que les rayons qui en émanent pour arriver à l'œil à travers le prisme pussent être considérés comme parallèles j l'œil verrait un spectre opposé à celui que forme le premier prisme, et que, si on rapproche le prisme, les rayons étant convergents , l'étendue du spectre primitif sera seulement diminuée : à une certaine distance il devra donc disparaître.

11 est facile de déduire de ce qui précède que , quand un faisceau de lumière blanche ou colorée traverse un corps diaphane terminé par des faces parallèles , la lumière éprouve une décomposition en pénétrant dans le corps et une recomposition en sortant.

1280. Condition pour former un spectre dont les teintes totenl homogènes. Pour que les différentes bandes colorées obtenues parla décomposition de la lumière à travers un prisme soient homogènes, il y a plusieurs précautions à prendre , que nous allons successivement examiner.

1"*. Le rayon de liunière doit avoir de très-petites dimensions, el récran doit être placé à une grande distance. En effet , consîdtoHi

Page 1