BOUSSOLE
de la terre pour produire la direction de Taiguille. Quand le navire tournerait sur sa quille , le couple terrestre conserverait la même position dans l'espace, tandis que l'autre , devant toujours conserver la même position relativement à Taxe du navire, tournerait avec lui : alors la direction de l'aiguille changerait continuellemenV-, mais il est facile de voir que, dans le mouvement de rotation du navire, Taiguille éprouverait par le couple étranger des déviations qui pousseraient l'aiguille tantôt à Test et tantôt à l'ouest, et que les déviations dans deux directions opposées seraient égales et de signes contraires : par conséquent , en prenant la moyenne de ces déclinaisons, on obtiendrait la déclinaison vraie.
La troisième cause est beaucoup plus puissante que les deux antres et ses effets sont sans cesse variables, pafbe que, tous les corps magnétiques du navire changeant de position par rapport à l'axe magnétique de la terre avec la position du navire, ils deviennent des aimants dans lesquels l'intensité magnétique et la position des pôles changent continuellement, quand le navire tourne sor lui-même, et dans lesquels ces variations sont encore modifiées, lorsque le navire est en marche, par les changements de direction et d'intensité du couple terrestre. Pour neutraliser l'in- ÛQOÈce de la deuxième et de la dernière cause de dérangement de l'aiguille , M. Barlow a proposé le moyen suivant.
Le bâtiment étant dans une rade tranquille , où l'on peut facilement le faire tourner sur sa quille, un observateur s'établit près de l'habitacle avec un instrument propre à mesurer les angles; un antre observateur s'établit sur le rivage, en un point que l'on paisse facilement apercevoir du navire, avec une boussole et un instrument destiné à mesurer les angles. A un signal donné, chacun des observateurs dirige sa lunette vers l'autre station, et détermine l'angle formé par l'aiguille de sa boussole avec la projection horizontale de Taxe de la lunette. Les projections horizontales des deux axes des lunettes étant sur le prolongement l'une de l'autre, il est évident que , si Taiguille du navire n'éprouvait point de déviation , sa direction devrait être parallèle à celle qui est à terre et , par conséquent , elles devraient faire le même angle avec l'axe de la lunette : la différence de ces deux angles est donc la déviation produite parles corps magnétiques du navire. Si alors on fait tourner le navire sur sa quille, et qu'à chaque angle de 10 ou 12 degrés on fasse des observations semblables, on aura, pour chacune de ces positions^ la valeur de la déviation produite par les circonstances locales. Lors-
42 MAG!fÉTlSSIE.
qne ces opérations sont terminées, robservatenr du rivage substitue i sa boussole celle du navire ; il la fixe h une caisse en bois (fig. 406), que Ton peut faire tourner autour d*un axe vertical , dirigé suiviant le prolongement du pivot de l'aiguille. Cette cage est percée latéralement de trous circulaires , destinés à recevoir le eompen$ateur. 11 se compose d'une tige en cuivre rouge de 1 pouce 1/2 de diamètre, et de deux plaques de fer M et M' de 19 et 13 pouces de diamètre (mesures anglaises), et d'une épaisseur telle que le pied carré pèse 13 livres. Ces deux plaques sont séparées par une feuille de carlon , serrées par des écrous placés è leurs cfrconférencos, et Gxées sur la tige de cuivre par des écrous qui marchent sur cette tige. On fait tourner Tappareil et Ton règle la position du compensateur de manière qu'il produise sur l'aiguille, dans les différentes directions, les mêmes variations qu'elle éprouvait sur le navire par les masses magnétiques qui s'y trouvent. La position du centre des plaques par rapport è l'aiguille étant déterminée, on porte ensuite l'appareil dans l'habitacle et on règle la direction de la caisse de manière qu'elle soit placée, par rapport à l'aiguille , de la même manière : parce moyen la déviation de l'aiguille se trouve doublée, et c'est ce qui donne le moyen de la mesurer, car il suffit d'observer la déclinaison en enlevant le plateau MM', et ensuite en le plaçant : la différence est la correction qu'il faut faire à la première opération. Par exemple, si la déclinaison sans le compensateur était de 30* et qu'elle fût de 36 avec le plateau , la déclinaison corrigée serait de 24*.
Cet ingénieux procédé ne peut être considéré que comme une approximation : 1" parce que les changements de température agissent sur la force coercitive dos substances magnétiques du navire et sur la position du compensateur; 2" parce que la force magnétique de la terre n'agit pas de la même manière dans tous les lieux , à cause des variations d'inclinnison et d'intensité.
802. Aiguillée asiatiques. On désigne ainsi dos aiguiller aimantées disposées de manière à n'i^tre point influoncécs par l'action de la terre. On peut remplir celle condilion de plusieurs manières que nous allons sucoossivomont faire connaître.
!•. On soustrait une aiguille à l'action de la terre, en plaçant dans le méridien magnétique, et à une distance convenable, un aimant puissant dirigeant vers elle son pôle répulsif. Par ce moyen , 1 action de la terre ne peut cependant pas être complètement dissimulée , parce que, cette action se rédui-