LIVRE SIXIÈME
5 1 o. Nous avons reconnu , dans la matière en général , des propriétés constantes; mais nous avons aussi reconnu, dans les différentes espèces de corps, des propriétés parlicu lières dépendantes de leur état; nous avons observé en outre lin certain nombre de causes capables de mettre ces corps en mouvement pour produire un phénomène. L’attraction et le calorique ont été examinés comme causes agissant incessamment sur la matière , en sorte que tous les phénomènes qu’elle présente sont plus ou moins influencés par l’une et par l’autre. Nous devons maintenant remarquer qu’il existe dans la nature un grand nombre de mouvemens ou de phénomènes qui paraissent entièrement étrangers îi l’attrac- k tion et au calorique considérés comme causes. C’est ainsi j qu’un morceau d’ambre , un tube de verre ou un bâton! de résine , deviennent , dans certaines circonstances , ca- U pables d’attirer ou de repousser avec force les petits corps | qui sont placés dans leur voisinage. C’est ainsi qu’un corps I situé h une grande distance de nos organes agit sur eux! de manière à nous procurer des notions plus ou moins! exactes sur l’existence de sa forme et de sa couleur. Il.i était nécessaire d’admettre des causes particulières pour? j
de l’électricité. 17g
ces eflcts distincts, et ou leur a donuélenomd’é/ecfnaféet île lumière.
L’électricité est connue par ses effets les plus simples , depuis une très-haute antiquité; son nom même est celui que les Grecs donnaient h l’ambre jaune , la première de toutes les substances dans lesquelles onailreconnu la propriété d’attirer les petits corps après avoir été frottées. Longtemps cette première notion a été réduite à un fait isolé. Mais sous l’empire de la méthode d’observation , les circonstances de cette action se sont étendues et multipliées au point de fournir, sous le nom de Théorie de l’ électricité 3 une branche importante de la physique générale.
Plus récemment encore, les importantes découvertes de Galvani ont fait connaître un nouveau mode d’action, qui a d’abord été expliqué par l’existence d’un fluide nommé galvanique , et dont l’identité avec l’ancienne électricité n’a pas tardé à être reconnue.
Enfin , dans ces derniers temps, la théorie des attractions et des répulsions que le fer et plusieurs métaux peuvent produire d’une manière constante dans certains états particuliers, et qu’on attribuait jusque là à un fluide magnétique , est venue se ranger, par suite des travaux de MM. OErstedt et Ampère , dans la catégorie des phénomènes électriques.
Quelque similitude de cause , et quelque analogie théorique qui puissent exister entre les trois ordres de phénomènes que nous venons d’indiquer, ils n’en restent pas moins fort distincts par le mode de leur production et leurs caractères généraux. En conséquence , nous nous occuperons successivement, dans autant de chapitres , 1° de l’éleclricite proprement dite, ou anciennement connue; 20 de 1 électricité galvanique; 5° des phénomènes de l’aimant.
DE l’ÉLECTRICITÉ