‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 51 sur 126 · THÉORIE DES ATTRACTIONS ET DES RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

THÉORIE DES ATTRACTIONS ET DES RÉPULSIONS ÉLECTRIQUES

319. Nous avons vu que les corps électrisés éprouvaient des attractions et des répulsions; en d’autres termes, que l’électricité pouvait produire des mouvemens dans les corps. Nous sommes maintenant h même d’appliquer h ces phénomènes la théorie des deux fluides et des influences à distance.

Si les deux corps sont suspendus au voisinage l’un de l’autre ; si tous deux sont non conducteurs , et s’ils sont pénétrés d’électricités semblables , ils devront se repousser, car, d’une part , les fluides eux-mêmes se repoussent , et ,

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d’autre part , les particules des fluides sont unies aux molécules des corps non conducteurs par une force inconnue dans sa nature , mais dont l’existence est Lien démontrée , et qui doit entraîner les corps dans la répulsion des fluides.

Si les mêmes corps sont pénétrés de fluides différons , ils devront s’attirer et se mouvoir l’un vers l’autre par les mêmes causes, et en raison inverse du carré des distances!

Si les deux corps , librement suspendus , sont des conducteurs électriques, les mêmes phénomènes se produiront par les mêmes causes ; mais en outre les fluides naturels des deux corps seront décomposés par les influences réciproques ; les tensions électriques augmenteront , et les effets s’accroîtront dans le rapprochement, et diminueront par l’éloignement, dans une proportion plus grande que la raison inverse du carré des distances ; car l’influence du rapprochement produira sur les corps les mêmes effets que l’addition d’une nouvelle quantité de fluide électrique.

Si l’un des deux corps est pénétré d’une électricité quelconque, et que l’autre soit dans l’état naturel , il y aura toujours attraction, pourvu que les corps soient conducteurs. En effet , le corps électrisé produira dans le corps ï» l’étal naturel une séparation des deux fluides , en vertu de laquelle le fluide différent de celui du corps électrisé se portera du côté de ce corps, et le fluide semblable du côté opposé; ce qui mettra celle portion du corps non électrisée au même état que si tout le corps était pénétré d’une électricité opposée h celle du premier corps. Pour éclaircir cette explication , supposons ( fig . 125) le conducteur À chargé d’électricité vitrée, et le conducteur B dans l’état naturel : nous avons vu que dans ce dernier conducteur l’élcctricilé résineuse s’accumulera en G , et l’électricité vitrée enl); ces deux fluides ainsi séparés par l'in-

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fluence du conducteur A , réagiront l’un sur l’autre avec égalité, ce qui ne saurait mettre le conducteur B cnmouvement; mais il restera l’attraction de l’électricité résineuse située en C pour l’électricité du corps A; ce qui déterminera le rapprochement, si les corps sont mobiles. On conçoit que les mêmes raisonnemens s’appliquent , en sens inverse , dans le cas où le corps est chargé d’électricité résineuse.

Si le corps non électrisé n’est point isolé , ou communique avec le réservoir commun , la décomposition en deviendra plus facile et plus complète, et par conséquent il attirera indifféremment tous les corps électrisés.

En parlant des mouvemens produits dans les corps non conducteurs , nous avons supposé qu’ils étaient entraînés par l’adhérence du fluide électrique à leurs particules; la même supposition n’est point admissible pour les corps conducteurs; mais on est parvenu à se rendre compte de leurs mouvemens en prenant en considération la pression de l’air autour d’eux , et la force expansive de l’électricité , qui n’est contenue que par cette pression atmosphérique : en effet , si nous supposons une sphère conductrice électrisée et suspendue dans l’air , nous pourrons concevoir une couche électrique étendue à sa surface et pressant sur l’air qui l’environne; ces pressions seront parfaitement égales dans tous les sens , puisque nous avons vu que, dans ce cas , la couche électrique est partout d’une épaisseur égale. Mais on conçoit qu’aussitôt qu’on approchera de cette sphère un corps quelconque électrisé ou à l’état naturel, on changera par influence la distribution de l’électricité autour de la sphère primitive; que la couche électrique augmentera d’épaisseur ù l’extrémité d’un de ses diamètres, et 'diminuera vers l’autre, en sorte que, trouvant toujours à l’extérieur la même résistance atmo-

sphérique, elle réagira plus fortement d’un côté que de l’autre , et pourra mettre le corps en mouvement.

Celte explication , tout ingénieuse qu’elle paraît, ayant donné lieu à quelques objections , plusieurs physiciens admettent que les pressions électriques s’exercent sur la petite couche d’air qui est naturellement adhérente à lu surface de tous les corps.

ün démontre , par une expérience qui paraît concluante , ces effets de pression électrique. Si l’on prend une petite tige métallique portée sur une pointe par son milieu, en équilibre et très-mobile; si l’on courbe en sens contraire les deux extrémités de cette tige et qu’on les rende très-aiguës , et si l’on électrise fortement l’appareil, on verra cette tige prendre un mouvement de rotation très-rapide dans le sens opposé à l’écoulement du fluide électrique qui se fait par les pointes. On voit, dans cet effet, une grande analogie avec l’effet hydraulique dont nous avons parlé, et l’on pense que le mouvement est produit par la pression du fluide électrique sur l’élément de la surface qui se trouve opposée è la pointe : comme , dans ce cas , la quantité de mouvement imprimé s’apprécie en multipliant la masse du fluide qui s’écoule par sa vitesse , et comme la masse de l’électricité est sensiblement nulle , puisqu’elle ne pèse rien , ep quelque quantité qu’on l’accumule , il en résulte nécessairement que sa vitesse doit être infinie.

ÉLECTROUÉTBES ET ELECTftOSCOPES.

020. On donne ces noms h des instrumens destinés h reconnaître la présence de l’électricité, h distinguer sa nature et è mesurer son intensité. Ils méritent celui d 'clcc-

PROPREMENT DITE

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