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tromètres , quand on les emploie h la mesure de l’intensité électrique; et celui d’ ciectroscopcs , quand on les emploie à découvrir l’électricité ou à en reconnaître la nature.
Nous avons vu que deux corps électrisés de la même manière se repoussaient ; c’est précisément ce phénomène qui fait le principe de ces petits instrumens.
Le plus usité et le plus commode des électroscopes consiste en un flacon carré de cristal ( fig. 124), par le goulot duquel pénètre une petite tige métallique terminés à l’extérieur par un bouton , et portant à son extrémité inférieure deux pailles librement suspendues, parallèles et en contact : la partie supérieure de l’instrument est vernie à la gomme-laque pour isoler complètement le petit conducteur , et sur l’une des faces du flacon se trouvent marqués des degrés qui mesurent l’écartement des deux pailles. Dans cet état , si l’on touche la boule extérieure avec un corps électrisé d’une manière quelconque , les deux pailles s’écartent , ce qui indique la présence de l’électricité dans ce corps , et jusqu’à un certain point sa quantité , par le plus ou moins d’écartement. Mais comme l’influence du poids des pailles s’accroît considérablement à mesure qu’elles s’approchent de l’horizontalité, cette dernière indication est fort inexacte. Ce même instrument peut servir à reconnaître la nature de l’électricité; car si, après avoir produit l’écartement par une électricité connue, vitrée, par exemple, on en approche un autre corps chargé d’une électricité inconnue , l’écartement persistera ou augmentera si l’électricité est vitrée , il diminuera ou cessera si l’électricité est résineuse. Il faudra seulement agir avec précaution, car les pailles, après avoir perdu leur électricité vitrée, pourront tout à coup s’écarter de nouveau par le nouveau fluide , et le mouvement peut être si
de l’électricité prompt qu’on n’ait pas le temps de l’apercevoir. On remplace souvent les pailles par deux feuilles d’or suspendues parallèlement. Les effets en sont encore plus sensibles , mais l’instrument se dérange plus facilement.
Pour apprécier des quantités d’électricité extrêmement petites , on ajoute à l’élcctroscope un appareil que nous décrirons bientôt sous le nom de condensateur.
Pour reconnaître l’électricité atmosphérique , on surmonte l’électroscope d’une pointe métallique très-aiguë , et on l’élève au bout d’une perche.
Dans la plupart des cas , le plus commode des électroscopes est une boule de moelle de sureau suspendue h un fil desoie; car elle est attirée par tous les corps électrisés: quand on l’a touchée avec un tube de verre frotté , elle est électrisée vitreusement ; et quand on l’a touchée avec un bâton de cire il cacheter , elle possède une électricité résineuse : et par conséquent , elle peut servir h faire connaître l’état d’un corps électrisé quelconque.
Pour apprécier jusqu’à un certain point la charge électrique des machines, on se sert d’un électromètre trèssimple qui est représenté ( fig. i2Ô). Il consiste en un demi-cercle d’ivoire sur lequel on a tracé des degrés , et en une boule de moelle de sureau montée sur une tige , qui se meut autour du centre de ce demi-cercle. À mesure qu’on accumuledel’électricité dans la machine sur laquelle est posé cet instrument , la boule s’écarte de la tige de l’électromètre, et peut former presque un angle droit avec elle, dans un maximum de charge électrique.
De tous les instrumens qui portent le nom d’électromètres , le seul qui présente une véritable exactitude est la balance de Coulomb , que nous avons décrite dans d’autres occasions.
PROPREMENT DITE
RÉPARTITION DE l’ÜLECTRICITÊ ENTRE DIFFÉRENS CORPS.
021. Nous avons vu que les corps non conducteurs électrisés pouvaient exercer des influences à distance ; mais ils peuvent arriver jusqu’au contact sans qu’il se produise aucun nouveau phénomène , attendu que l’électricité est en quelque sorte fixée autour de chacune des molécules du corps, et qu’à l’instant ducontactiln’y a quele point touché qui puisse perdre ou recevoir de l’électricité. Aussi devient-il nécessaire de loucher ces sortes de corps dans tous leurs points successivement, soit pour leur communiquer , soit pour leur enlever une électricité quelconque. 11 n’en est pas de même des corps conducteurs : toute leur électricité peut se transporter subitement dans un seul point touché , peut se transmettre par conséquent à un autre corps , ou se partager en proportions diverses entre les corps qui se touchent. Il est très-important d’indiquer suivant quelles lois ces communications s’opèrent.
Si nous supposons un conducteur A ( fig. 120) chargé d'une certaine quantité d’électricité vitrée , et qu’on le mette en contact avec le réservoir commun, nous savons qu’un instant avant ce contact le réservoir commun aura fourni , vis-à-vis le conducteur A , une quantité d’électricitc résineuse qui , au moment de ce contact , s’unira avec l’électricité vitrée du corps A pour reformer du fluide naturel. Il n’en sera pas moins vrai que le réservoir commun contiendra alors , en sus de sa composition ordinaire, toute la quantité de fluide vitré qui environnait le conducteur A. Mais celte quantité étant infiniment petite relativement à la masse totale du fluide naturel, le réservoir commun ne donnera aucun caractère électrique;
204 de l’électhicité
c’est ainsi que s’opère généralement la décharge de ce
que l’on nomme un conducteur.
Si le conducteur A, chargé de l’électricité vitrée , est mis en contact avec un conducteur B de même surface que lui , et dans l’état naturel , nous savons qu’un peu avant ce contact il se sera accumulé de l’électricité résineuse à l’extrémité C du conducteur B , et qu’à l’instant de ce contact les deux électricités s’uniront pour reformer du fluide naturel. Mais il est évident qu’après le contact les deux conducteurs ne forment plus qu’un seul corps , qui doit contenir présisément les mêmes quantités d’électricité qu’auparavant, c’est-à-dire le fluide naturel des deux conducteurs, plus un excès de fluide vitré égal à celui que contenait le conducteur A. Or cet excès de fluide vitré se répartit dans le conducteur composé suivant des lois que nous avons établies, qui dépendent de sa forme ; en sorte que, si les deux conducteurs sont parfaitement semblables , ils se trouveront chargés chacun précisément delà moitié du fluide vitré qui environnaitle conducteur A, c’est-à-dire, que l’électricité sera partagée également entre les deux conducteurs.
La tension du fluide électrique à la surface d’un conducteur dépendant et de la quantité d’électricité et de l’étendue de la surface qu’elle occupe, il en résulte qu’en cas de partage, la tension de l’électricité diminuera à proportion qu’elle s’étendra sur une plus grande surface. Il en résulte aussi qu’étant donné un conducteur d’une surface déterminée, si on le met en contact avec d’autres conducteurs d’une surface beaucoup plus grande, la tension électrique pourra devenir extrêmement faible; tandis que, si l’on fait toucher à un très-grand conducteur un conducteur isolé très-petit, celui-ci pourra prendre sensiblement la même tension électrique que possédait le
PROPREMENT DTTE.
grand conducteur dans le point louché , mais dans aucun cas une plus considérable. On a profilé de cette circonstance pour apprécier l’état électrique des difi’érens points d’un conducteur. On se sert, pour cela, d’un très-petit disque métallique emmanché d’un fil de gomme-laque: on touche le conducteur dans le point qu’on veut éprouver, avec le petit disque de métal , que l’on présente ensuite à unélectromèlre. C’est par cette méthode et avec sa balance de torsion que Coulomb a fait les nombreuses expériences d’où il a déduit les lois de la répartition du lluide électrique.
S’il est vrai que l’électricité occupe toujours la surface des corps , et que sa tension soit en raison inverse de l’étendue de cette surface, on conçoit qu’il doit être facile de faire varier considérablement la tension électrique d’un corps en changeant l’étendue de sa surface externe. En effet , si l’on dispose un ruban métallique roulé sur un cylindre isolé, et qu’on électrise le tout de manière à produire une forte tension , il suffira de dérouler le ruban pour faire presque complètement disparaître les effets électriques, tandis qu’en l’enroulant de nouveau on verra reparaître la même tension qu’auparavant , sauf les déperditions qui auront pu avoir lieu par l’atmosphère.
La loi de la répulsion des particules électriques étant connue , et sa situation h la surface des corps , prouvée par l’expérience, il a été possible d’appliquer l’analyse h la détermination de tous les cas de la répartition du fluide électrique. C’est h M. Poisson qu’est du ce beau travail, dont tous les résultats, susceptibles d’être vérifiés par l’expérience, se sont trouvés de la plus grande justesse.
Ne pouvant entrer dans les détails de ces savans travaux, nous nous contenterons d’en citer deux résultats.
1 0 L’épaisseur de la couche électrique aux extrémités des
2oG ve l’électricité
deux axes d’un ellipsoïde est proportionnelle à leur longueur; 2°la pression exercée sur l’atmosphère par une couche d’électricité déposée sur la surface d’un corps est proportionnelle au carré de l’épaisseur de cette couche.