CHAPITRE II
DK LA LUMIÈRE RÉFLÉCHIE, OU CATORTRIQUE.
366. Lorsque la lumière projetée par un corps lumineux, et parcourant l’espace suivant les lois que nous avons indiquées, vient it rencontrer les corps naturels, il peut arriver que ceux-ci soient insusceptibles de la laisser pénétrer dans leur substance et traverser leur épaisseur. Dans ce cas , ils prennent le nom de corps opaques , et la lumière est renvoyée ou réfléchie de leur surface. Il peut encore arriver que ces corps se laissent pénétrer par la lumière qui les traverse; dans ce cas ils prennent le nom de corps transparais , et la lumière éprouve , en les traversant, des modifications particulières. Les phénomènes qui sont produits par la réflexion , et les lois qui y président , constituent la catoptrique , dont nous allons nous occuper.
La surface des corps opaques sur laquelle la lumière vient frapper, peut être plane et polie ; elle peut être concave et polie ; elle peut être convexe et polie ; enfin elle peut être inégale. Ces différons cas doivent être examinés successivement.
Miroirs plans. — Lorsqu’un corps opaque est plan et bien poli , il constitue ce qu’on nomme un miroir , pourvu que la substance du corps se prête à un poli suffisant, ce
OU CATOPTRIQÜIÎ. 333
h quoi les métaux et particulièrement certains alliages sont éminemment propres.
Lorsque la lumière tombe sur un miroir, elle en est réfléchie , en faisant un angle de réflexion perfaitement égal à l’angle d’incidence. On entend par angle d’incidence celui que forme avec le plan le rayon qui vient le frapper , et par angle de réflexion celui que forme le rayon réfléchi avec le même plan. Si , par exemple , la ligne AB ( fig . 1 4o) représente la coupe d’un miroir plan, supposant que le rayon incident soit RC , et le rayon réfléchi CR" , nous disons que l’angle RGB sera toujours égal à l’angle RCA. Cette proposition est une suite de ce que nous avons démontré (i5o) en parlant du choc d’une bille élastique sur un plan, pourvu que l’on considère le rayon de lumière comme formé d’une suite de particules éminemment élastiques et se mouvant avec une grande vitesse. Mais on peut la démontrer par une expérience directe. Si dans une chambre obscure on laisse pénétrer un trait de lumière par une petite ouverture, que l’on fasse tomber ce trait de lumière obliquement sur un miroir plan, et que l’on pose sur ce miroir un demi-cercle gradué, dont le centre corresponde au point d’incidence des rayons lumineux , on lira sur ce cercle des degrés parfaitement égaux pour les angles d’incidence et de réflexion.
Une conséquence naturelle de la loi très-générale que nous venons d’exprimer, c’est qu’un rayon tombant perpendiculairement sur un plan, est renvoyé précisément dans la direction de son incidence.
Lorsque nous avons parlé d’un corps poli constituant le miroir, nous avons dû nous en rapporter à nos sens pour juger de ce poli. Mais il est pourtant vrai de dire qu’un semblable corps doit présenter des porosités ou des en Ion cemens et des saillies intermédiaires qui , par rapport à