‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 79 sur 126 · UE LA LUMIÈRE RÈFLÈCIIIE · texte numérisé non relu

UE LA LUMIÈRE RÈFLÈCIIIE

l’extrême ténuité <les molécules de la lumière, doivent être énormes , et par conséquent il est impossible d’imaginer qu’un rayon lumineux puisse se réfléchir régulièrement sur une surface effectivement aussi inégale. C’est pourquoi tous les physiciens ont admis que la lumière se réfléchissait avant d’arriver au contact des corps réfléchissans, les uns supposant que les corps contiennent de la lumière qui présente une couche uniforme et parfaitement élastique à leur surface , pour réfléchir les molécules lumineuses étrangères qui viennent la frapper; les autres admettant dans les corps une force de répulsion qui commence à agir sur la lumière incidente avant qu’elle soit arrivée au contact, et qui ne le permet jamais. Cette dernière opinion, qui ne préjuge rien sur la cause de cette répulsion , est la plus généralement adoptée.

Tous les corps exposés aux rayons d’une lumière naturelle ou artificielle sont visibles pour nous en vertu des dispositions de l’œil , et des lois de la vision dont nous traiterons à cet article. Celte visibilité dépend de ce que chaque point du corps renvoie dans l’espace des rayons lu. milieux dans toutes les directions, et qu’un de ces rayons parvient jusqu’à l’œil. Lorsqu’un semblable objet est placé au devant d’un miroir plan, tous ses rayons vont tomber sur le miroir et s’y réfléchissent en faisant l’angle de réflexion égal à l’angle d’incidence ; ils conservent par conséquent, les uns par rapport aux autres , exactement les mêmes distances, en sorte qu’un œil placé aussi au devant de ce miroir peut être affecté exactement de la même manière par ces rayons réfléchis, qu’il le serait par les rayons directement émanés du corps , si l’œil était pincé dans le lieu du miroir; d’où il résulte que les miroirs plans nous offrent une image fidèle des objets placés au devant d’eux.

OU C A.T0PTRIQUE. 555

Nous avons l’habitude de rapporter le lieu des objets visibles daus la direction et h l’extrémité des rayons qui viennent frapper notre œil; et en conséquence, en voyant l’image d’un objet réfléchi par un miroir, nous supposons le lieu de cet objet derrière le miroir h une profondeur égale à l’intervalle qui sépare réellement l’objet visible du miroir. Par exemple, si un objet a b est placé au devant d’un miroir plan AB (fig. 141), et un œil au point C, parmi les rayons que les extrémités de cet objet envoient sur tous les points du miroir, il se trouvera deux rayons flR bS, qui , en se réfléchissant sur le miroir, pourront se réunir au point C ét pénétreront dans l’œil. Mais cet œil, rapportant l’existence de cet objet dans la direction des rayons CR et CS, et jugeant de sa grandeur par l’angle RCS qu’ils font entre eux , supposera l’objet placé en a' b'.

On peut remarquer en général que tous les objets vus dans un miroir donnent des images renversées de droite h gauche. Si, par exemple, dans la fig. 1 4 1 , un homme regardait la flèche ab du lieu même du miroir, il la verrait parfaitement semblable à ce qui est aperçu du' point C par réflexion. Mais dans le premier cas, il aurait la pointe à sa droite et i’aile à sa gauche; tandis qu’en regardant dans le miroir, l’inverse a lieu. C’est pour cette raison que les graveurs regardent les originaux qu’ils copient sur le cuivre dans une glace, afin de produire un premier renversement qui sera compensé par celui qui résulte du transport de la gravure sur une feuille de papier.

On peut, à l’aide de deux miroirs plans, multiplier beaucoup les images des objets. C’est ce qui arrive tous les jours dons les miroirs parallèles; elles glaces de nos salons, lorsqu’elles sont parfaitement posées, répètent une infinité de fois les objets placés entre elles, pourvu que l’œil ne se trouve pas dans la direction même de cet

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