‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 93 sur 126 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

584» Beaucoup d’animaux ont un ou plusieurs organes h l’aide desquels ils perçoivent des impressions produites par la lumière , et jugent ainsi , à de grandes distances , de l’existence d’un certain nombre des propriétés des corps. La structure de ces organes est extrêmement variée dans les différons genres d’animaux; mais partout on retrouve cette disposition générale des organes des sens , qui se composent toujours d un certain nombre de moyens destinés à modifier l’agent qui doit produire la sensation, et d’une disposition nerveuse qui doit la recevoir et la transmettre. Il n’entre pas dans notre sujet de considérer

ET Dli LS VISION.

l’organe de la vue dans celle grande généralité; nous nous contenterons d’cu étudier les dispositions et les phénomènes dans 1 homme; et pour cela nous commencerons par rappeler succinctement la structure de l’œil , pour étudier ensuite les conditions de la vision et ses principales modifications.

585. Structure de l'œil. — L’œil de l’homme est formé de membranes générales ou particulières , qui en constituent les parois ou en séparent les cavités , et d’humeurs diverses qui les remplissent. Le globe de l’œil présente , dans sa totalité, un sphéroïde, dont le diamètre antéropostérieur est un peu plus considérable que les autres. Ce globe est placé dans une cavité osseuse qui le protège , et qui est beaucoup plus grande qu’il ne faudrait pour le contenir ; car elle loge en outre un gros tronc nerveux qui pénètre dans 1 intérieur de ce globe, plusieurs branches de nerfs et de vaisseaux qui lui appartiennent ou à ses accessoires; si . muscles destinés h le diriger h volonté dans tous les sens; une glande qui secrète un liquide pour lubréfier sa surface; et enfin une grande quantité de tissu cellulaire graisseux sur lequel ce globe repose: une membrane muqueuse , des voiles mobiles , qu’on nomme paupières , peuvent au besoin le défendre de l’accès de l’air et de la lumière.

Le globe de l’œil doit sa forme et sa solidité à une membrane extérieure, élastique et dense , que l’on nomme sclérotique. Celle membrane est percée en devant d’une ouverture circulaire d’environ cinq lignes de diamètre , laquelle présente une rainure interne dans laquelle sc irou\e enchâssée , a la manière d’un verre de montre, une membrane aussi très-dense et très-solide , mais qui laisse traverser la lumière, que l’on nomme, h cause de cela, cornée transparente ; celle cornée présente un seg-

de l’oeil

ment de sphère d’un plus petit rayon que le reste du globe, et elle figure assez bien la face antérieure d’une lentille. La sclérotique est encore percée, dans sa partie postérieure et interne, d’un trou beaucoup plus petit, qui sert de passage au nerf optique pour pénétrer dans le globe.

. Au dedans de la sclérotique se trouve une membrane fortement colorée en noir , qui revêt toute#sa face interne , jusqu’au voisinage de la cornée transparente, et que l’on nomme choroïde. Celle-ci est , comme la sclérotique , percée d’une ouverture pour le passage du nerf optique.

Au dedans de la choroïde on rencontre une membrane blanchâtre, très-déliée, étendue comme un réseau et tapissant toute la face interne de la choroïde. Elle se nomme rétine, et paraît être le résultat de l’épanouissement des filets mêmes qui composent le nerf.

Derrière la cornée transparente , et dans une étendue égale à la sienne, se trouve Vins, membrane contractile , percée , dans son centre , d’une ouverture qu’on nomme pupille, et disposée de manière que l’ouverture se rétrécit dans la contraction; la face antérieure est diversement colorée, la face postérieure est noire. La sensibilité propre de cette membrane est, du reste, tellement liée à celle de la rétine , que l’irritation de celle-ci par la lumière détermine la contraction de l’autre.

A quelque distance derrière l’iris se trouve un corps solide, transparent, lenticulaire, que l’on nomme cristallin, qui est enveloppé dans une capsule transparente, et ainsi fixée dans sa place.

On voit, parcelle description, qu’il reste entre la cornée transparente et le cristallin un espace libre , séparé en deux portions par l’iris et communiquant par la pupille.

ET DE LA VISION. ÔGq

Ces deux espaces sc nomment chambres de l’œil. L’antérie/ure est la plus grande. Elles sont toutes deux remplies pai 1 humeur aqueuse, parfaitement limpide et peu différente de l’eau pure.

On voit aussi qu’il reste derrière le cristallin un trèsgrand espace, qui se trouve occupé par le corps vitré. Celui-ci est formé d’une membrane très-déliée, parfaitement transparente, et produisant, par ses feuillets multipliés, un très-grand nombre de petites cellules qui communiquent difficilement entre elles, et qui sont remplies par un liquide transparent dont la densité ne paraît pas être la même dans tous les points du corps vitré , et qui est en général un peu plus pesant que l’eau.

Si l’on considère l’appareil que nous venons de décrire sous le point de vue physique , on pourra regarder la cornée transparente , l’humeur aqueuse et le cristallin, comme

une lentille composée, dont les différentes parties ont sans doute des propriétés réfringentes diverses , puisqu’elles produisent un achromatisme naturel, les images qu’elles donnent étant dépourvues de colorations accidentelles. La cavité générale de l’œil pourra être regardée comme une chambre obscure que la choroïde tapfsse en noir , pour empêcher les effets de lumière étrangers à l image , tandis que la rétine joue le rôle du spectre sur lequel les images viennent se peindre, non pas comme dans les chambres obscures , pour être vues par d’autres yeux niais pour être senties par la retine elle-même j et cette sensation est transmise au cerveau par le nerf optique. Quant è l’iris , elle représente parfaitement un diaphragme destiné è limiter plus ou moins le champ de la lentille pour éviter les effets d’aberration de sphéricité, et ne laisser pénétrer dans l’œil que la quantité delu-

mière nécessaire pour y peindre l’objet sans blesser la rétine

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