‹ Traité élémentaire de physique générale et médicale (volume 2)Chapitre 94 sur 126 · UE L’ŒIL · texte numérisé non relu

UE L’ŒIL

Une expérience très-simple prouve h la fois presque tous ces usages des différentes parties de l’œil. Si l’on prend un œil de bœuf, et qu’à sa partie postérieure on enlève avec soin une certaine étendue de la sclérotique, de manière à ménager l’intégrité de la rétine et à prévenir l’écoulement du corps vitré; si l’on place ensuite cet œil devant des objets éclairés, et que l’on regarde par derrière , on apercevra à travers la demi-transparence de la rétine de petites images parfaitement distinctes, sans colorations accidentelles , mais renversées.

586. De La vision. — D’après la description que nous venons de faire de l’appareil de la vision , et l’expérience que nous avons rapportée, il paraît évident que la condition principale de cette fonction est qu’il se forme une image nette sur la rétine. Et si l’on suppose toutes les parties de l’œil dans des rapports constans, la vision distincte exigera nécessairement que les objets soient placés à une telle distance de l’œil, que la divergence des rayons qu’ils envoient sur la pupille comporte la formation du foyer de la lentille composée , précisément à la surface de la rétine. Cette distance est en effet une condition importante , sans être pourtant aussi absolue que les principes sembleraient 1’, indiquer.

Pour un œil bien conformé et appartenant à un adulte , la vision distincte a lieu lorsque l’objet est placé à huit pouces du globe de l’œil. Tous les objets placés plus près sont vus confusément , parce que le foyer n’est pas encore formé à l’instant oit les rayons, convergeant derrière le cristallin, rencontrent la rétine. 11 n’y a dans l’œil aucun moyen d’obvier à celte difficulté, et l'œil ne saurait voir distinctement à de plus petites distances, qu’en employant des ressources artificielles.

11 n’en est pas de même pour les objets placés à une

distance plus grande que huit pouces : notre œil jouit évidemment de la faculté non seulement d’apercevoir distinctement les objets situés h de grandes distances, mais encore de voir nettement et simultanément des objets situés à des distances différentes.

Il est évident que plus les objets s’éloignent de l’œil , plus les rayons qu’ils envoient sur la pupille doivent se rapprocher du parallélisme, et qu’en conséquence le loyer de ces rayons doit sc trouver formé dans l’œil avant le moment où ils rencontrent la rétine; ce qui ne devrait former sur elle qu’une image confuse.

On a cherché b expliquer cette propriété de l’œil , i° par les variations de l’ouverture de la pupille; 2° par de prétendus déplacemens du cristallin; 5» par l’action des muscles de l’œil qui pourraient en changer la forme totale. M. Pouillet a tenté cette explication en faisant remarquer que les images nettes sont en général perçues de préférence en quelque sorte aux impressions confuses , et en tenant compte de la différence probable de la puissance de réfraction du cristallin du centre à la circonférence. Il admet, en conséquence, que la pupille contractée donne des objets éloignés une image nette, indépendamment des images vagues de certains objets plus rapprochés, et réciproquement.

On peut encore supposer que I a masse de l’humeur vitrée n’est point nomogèno , mais que sa densité va en s’accroissant depuis a ace postérieur du cristallin jusqu’au fond de œil. Celte supposition n’est point invraisemblable, puisque celle humeur est contenue dans des cellules séparées les unes des autres; et si cette humeur eût du être homogène, on ne verrait pas la nécessité de cette structure composée , qui d’ailleurs n’existe point pour l’humeur aqueuse.

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