‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 101 sur 139 · ÉTUDE DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES PHÉNOMÈNES

La classification précédente une fois admise, l’ordre à suivre dans l'étude des phénomènes que présente la matière soumise h l’action des puissances est naturel et nécessaire ; l’on devra considérer la matière soumise à la fois aux actions inséparables de l’attraction générale et de la répulsion du calorique; on découvrira bientôt que, sous cette influence, la matière présente trois grandes mo-

DISSERTATION

difiçntîons qui constituent les états de solide , de liquide et de fluide aériforme; on découvrira dans les solides des manières d’être particulières qui ne sauraient dépendre que du degré ou du mode d’action , soit de l’attraction , soit de la force répulsive; le mouvement des planètes dans leur orbite, la chute des corps sur le globe, les phénomènes du pendule, découleront des effets de la gravitation ; la ténacité, la dureté, la fragilité, l'élasticité , la compressibilité, l’extensibilité, la ductilité, mal à propos considérées comme des propriétés des corps, se développeront comme conséquences de l’action des deux puissances permanentes.

Les liquides exerceront des pressions , s’écouleront par des ouvertures, circuleront dans des canaux, entretiendront les équilibres divers , suivant la nature des espaces où on les enfermera , le tout comme conséquence des lois de la pesanteur agissant sur des particules matérielles rapprochées par l’attraction , mais librement mobiles autour de leur centre réciproque.

Les fluides élastiques présenteront la matière libre dans la plupart des cas de l’attraclïon moléculaire, et livrée tout entière aux effets de la force répulsive , dont ils présenteront en quelque sorte le type dans toute sa pureté.

Cette série de notions sur les phénomènes que présentent les çorps solides, liquides ou gazeux, ne compléteraient pas encore à beaucoup près leur histoire, car lorsqu’une puissance étrangère et d’une origine quelconque vient à agir sur une masse matérielle, solide, liquide ou gazeuze, la matière obéit à son impulsion avec des circonstances fort différentes, suivant l’état particulier où elle se trouve, ou ce qu’on appelle souvent la constitution des corps.

Ainsi , les lois abstraites et mathématiques de la dyna-

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mique et de la statique devront être , chemin faisant , appliquées aux corps solides, liquides ou gazeux, et dans toutes leurs variétés secondaires , pour observer les modifications que ces lois absolues subissent dans leurs effets, eu égard à la constitution particulière de chaque corps; c’est ainsi que des corps solides élastiques se communiqueront un mouvement acquis quelconque avec des résultats bien différens; c’est ainsi qu'un liquide transmettra, d’une manière particulière et très remarquable, une pression quelconque qui sera exercée sur une de ses parties.

C’est ainsi qu’un fluide élastique mobile et compressible à la fois dans tous ses points par l'action de la plus faible puissance se mouvra en masse , s’agitera dans toutes ses parties, et pourra même éprouver et transmettre ces agitations moléculaires que notre oreille appelle des sons, et dont les lois si nombreuses et si intéressantes font une science tout entière sous le nom d’acoustique.

Nous disons que ces phénomènes et ces modifications qui résultent de Texercice constant et simultané des deux grandes puissances opposées de la nature , doivent être étudiés successivement et séparément dans les solides, dans les liquides et dans les gaz : cette méthode peut entraîner, il est vrai, à quelques répétitions; mais elle porte sur des principes tellement essentiels à bien inculquer dans l’esprit , que ces répétitions ont plus d’avantages que d’inconvéniens.

La force répulsive qu’on a coutume d’attribuer à la présence du calorique est si importante dans ses effets qu’il est bon de l’étudier à part , et de rechercher avec soin toutes les modifications que la matière en éprouve quand on fait varier son intensité.

DISSERTATION. OO9

On présente ordinairement ces notions sous le titre de Traité du Calorique , on ferait mieux de les intituler :

Etude spéciale des effets de la force répulsive générale que l’on a coutume d’ attribuer au Calorique .

Néanmoins on a tellement contracté l'habitude de considérer le calorique comme un corps, de voir un accroissement de sa quantité partout où la force répulsive s’accroît, et une diminution quand elle s’affaiblit ; le langage adopté est d’ailleurs tellement différent de celui dont on serait obligé de faire usage , en supprimant la supposition gratuite de l’existence du calorique comme corps, qu'il est pour long-temps indispensable de conserver le même langage, en se pénétrant bien toutefois de l'idée que toutes les expressions usitées sont des figures, et qu’on veut dire seulement que les choses se passent comme s’il y avait un fluide calorique , comme s’il s’accumulait , comme s’il se communiquait , comme s’il était absorbé , combiné , dégagé, etc.

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