REPARTITION DE L ELECTRICITE ENTRE DIFJFERENS CORPS
020. Nous ayons vu que les corps non conducteurs électrisés pouvaient exercer des influence^ à distance : mais ils peuvent arriver jusqu’au contact sans qu’il se produise aucun nouveau phénomène, attendu que l’électricité est en quelque sorte lixfîc autour de chacune des molécules du corps, et qu’à l'instant du cunlact-il n’y a qui* le point iou-
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ché qui puisse perdre ou recevoir de l’éleclricité. Aussi devient- il nécessaire de toucher ces sortes de corps dans tous leurs points successivement, soit pour leur communiquer, soit pour leur enlever une électricité quelconque. Il n’en est pas de même des corps conducteurs; toute Leur électricité peut se transporter subitement dans un seul point touché, peut se transmettre par conséquent à un autre corps, ou se partager en proportions diverses entre lesjcorps qui se touchent. Il est très important d’indiquer suivant quelles lois, ces communications s’opèrent.
Si nous supposons un conducteur A {fig. 123) chargé d’une certaine quantité d’électricité vitrée , et qu’on le
mette en contact avec le réservoir commun, nous savons
qu’un instant avant ce contact le réservoir commun aura fourni, vis-à-vis le conducteur A, Une quantité d’électricité résineuse qui , au moment de ce contact , s’unira avec l’éleclricité vitrée du corps A pour reformer * du fluide naturel, il n’en sera pas moins vrai que le réservoir commun contiendra alors, en sus de sa composition ordinaire, toute la quantité de fluide vitré qui environnait le conducteur A. Mais cette quantité étant infiniment petite relativement à la masse totale du fluide naturel, le réservoir commun ne donnera aucun Caractère électrique; c’est ainsi que s’opère généralement la décharge de ce que l’on nomme un conducteur.
Si le conducteur A, chargé de l’électricité .vitrée, est mis en contact avec un conducteur B de même surface que lui, et dans l’état naturel, nous sa^dns qu’un peu avant ce contact il se sera accumulé de l’électricité résineuse h l’extrémité G du conducteur B, et qu’à l’instant de ce contact les deux électricités s’uniront pour reformer du fluide naturel. Mais il est évident* qu’après le contact les deux conducteurs 11e forment plus qu’un seul corps,
PROPREMENT DITE. 247
qui doit contenir précisément les mêmes quantités d’électricité qu’auparavant, c’est-à-dire le fluide naturel des deux conducteurs, plus un excès de fluide vitré égal à celui que contenait le conducteur A. Or, cet excès de fluide vitré se répartit dans le conducteur composé suivant des lois que nous avons établies, qui dépendent de sa forme; en sorte que , si les deux conducteurs sont parfaitement semblables, ils se trouveront chargés chacun précisément de la moitié du fluide vitré qui environnait le conducteur A, c’est-à-dire que l’électricité sera partagée également entre les deux conducteurs.
La tension du fluide électrique à la surface d’un conducteur dépendant et de la quantité d’électricité et de l’étendue de la surface qu’elle occupe , il en résulte qu’en cas de partage , la tension de l’électricité diminuera à proportion qu’elle s’étendra sur une plus grande surface. Il en résulte aussi qu’étant donné un conducteur d’une surface déterminée, si on le met en contact av.ee d’autres conducteurs d’une surface beaucoup plus grande , la tension électrique pourra devenir extrêmement faible; tandis que, si l’on fait toucher à un très grand conducteur un conducteur isolé
très petit, celui-ci pourra prendre sensiblement la même tension électrique que possédait le grand conducteur dans le point touché, mais dons aucun cas une plus considérable. On a profité de cette circonstance pour apprécier l’état électrique* des diiférens points d’un conducteur. On se -sert, pour cela, d’un très petit disque métallique emmanché d’un fil de gomme laque : on touche le conducteur dans le point qu’on veut éprouver, avec le petit disque de * métal, que l’on présente ensuite à un éîectrornètre. G’est par celle méthode et avec sa balance de torsion que Coulomb a fait les, nombreuses expériences d’où il a déduit les lois de la répartition du fluide électrique.
DE L’ÉLECTRICITÉ
S’il est vrai que l’électricité occupe toujours la surface des corps, et que sa tension soit en raison inverse de l’étendue de cette surface, on conçoit qu’il doit être facile de faire varier considérablement la tension électrique d’un corps en changeant l’étendue de sa surface externe. En effet, si l’on dispose un ruban métallique roulé sur un cylindre isolé, et qu’.on électrise le tout de manière à produire une forte tension, *il suffira de» dérouler le ruban pour faire presque complètement disparaître les effets électriques , tandis qu’en l’enroulant de nouveau on verra reparaître la même tension qu’auparavant , sauf les déperditions qui auront pu avoir lieu par l’atmosphère.
La loi de la répulsion des particules électriques étant connue , et sa situation à la surface des corps prouvée par l’expérience, il a été possible d’appliquer l’analyse à la détermination de tous les cas de la répartition du fluide électrique. C’est h M. Poisson qu’est dû ce beau travail , dont tous les résultats , susceptibles d’être vérifiés par l’expérience , se sont trouvés de la plus grande justesse.
Ne pouvant entrer dans les détails de ces sâvans travaux, nous nous contenterons d’en citer deux résultats :
i° L’épaisseur de la couche électrique aux extrémités des deux axes d’un ellipsoïde est proportionneÏÏe à leur longueur; 2° la pression exercée sur l’atmosphère par une couche d’électricité déposée sur la surface d’un corps est proportionnelle au carré de l’épaisseur de cette couche.