‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 5 sur 139 · CHANGEMENT D ETAT · texte numérisé non relu

CHANGEMENT D ETAT

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266. Lorsque le calorique pénètre l’intérieur d’un corps solide , liquide ou gazeux, il peut s’y accumuler en quantité plus ou moins considérable sans faire changer l’état de ce corps, c’est-à-dire sans liquéfier le solide ou réduire le liquide en gaz. Deux choses sont principalement dignes d’observation dans ces sortes d’unions du calorique avec les corps : d’abord, la manière dont le calorique les pénètre et s’étend dans toute leur masse ; en second lieu , les changemens de volume qu’il produit dans ces corps. La manière dont le calorique se répand dans l'intérieur des corps est très différente pour chacun d’eux, et porte le nom de propriété conductrice ou de conductibilité . Nous étudierons d’abord cette circonstance importante, pour nous occuper ensuite des changemens de volume.

267. Do la Conductibilité. — Nous possédons un grand nombre de moyens de produire ou de développer du calorique pour l’accumuler dans un corps, et il est extrêmement facile de faire des expériences directes pour observer la manière dont le calorique se transmet du point échauffé à ceux qui ne le sont pas. Ce mode de transmission est ^out à fait différent dans les solides , dans les liquides et dans les gaz.

Conductibilité des solides. — Si l’on prend une barre

SANS CHANGEMENT d’ÊTÀT. iq

fie fer et que l’on place une de ses extrémités dans un foyer de chaleur, on remarque que celte extrémité s’échauffe rapidement , mais que le reste de la barre de fer ne tarde pas à s’échauffer aussi successivement , depuis les points les plus voisins du foyer jusqu’à l’autre extrémité : tous les corps solides sont dans le même cas; inais la transmission du calorique est beaucoup plus rapide dans les uns <|üe dans les autres , et c’est à la cause de ces phénomènes qü’on donne le nom de conductibilité.

Si l’on cherche à se faire une idée théorique de la manière dont le calorique se transmet ainsi , par une marche infinitiaent plus lente que le rayonnement , d’une partie à l’autre d’un corps solide, on pourra concevoir la barre de fer, que nous avons prise pour exemple, comme composée d’une suite de couches parallèles et transversales dans toute sa longueur , et que nous désignerons par les lettres A , B , G , etc. ; on pourra même réduire , par la pensée , chacune de ces couches à une seule molécule de fer. Gela posé , si l’on admet que les molécules de fer exercent une attraction sur les molécules du calorique , on pourra se représenter que la molécule À , ayant reçu directement du foyer une certaine quantité de calorique, la molécule B devra lui en enlever la moitié ; que la molécule G enlèvera à la molécule B la moitié de cette moitié , et ainsi de suite, jusqu’à l’extrémité de la barre de fer : mais, comme la première molécule A recevra incessamment du foyer de nouvelles quantités de calorique pour remplacer celui qui se transmettra aiçsi , toute la barre de fer devra se trouver à la même température que le foyer, au bout d’un temps qui , d’après le calcul , doit être infini. Les choses ne se passent point ainsi dans les expériences , parce qu’aussitôt que la barre de fer est chaude elle commence à rayonner du calorique en plus grande quantité , de sorte que son

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