DE INACTION DU CALORIQUE SUR LES CORPS
extrémité opposée au foyer n’attciqt jamais , à beaucoup
près, la température de celle qui reçoit directement le calorique.
Cette explication, toute fondée sur l’attraction des particules des corps pour les molécules de calorique, ne se prête nullement à l’application du calcul; et l’on a été forcé d’admettre que la molécule A , tout en échauffant la molécule B qui la touche, transmet aussi une certaine quantité de calorique aux molécules suivantes G, D, etc. , qui ne la touchent pas; ce qui suppose qu’il se fait dans l’intérieur des corps solides un véritable rayonnement : en admettant cette supposition, on a trouvé des formules générales à l’aide desquelles on peut déterminer quelle sera, au bout d\m temps donné , la température d’un point quelconque d’un corps solide , pourvu que l’on connaisse la quantité de calorique accumulé dans le foyer, ou ce qu’on nomme sa température , et le degré de conductibilité du corps.
Pour déterminer, par expérience , le degré de conductibilité d’un corps solide, on le convertit en une barre de dimensions connues; on plonge une des extrémités de cette barrfe dans un milieu d’une température fixe et assez élevée; on pratique, dans différens points de la longueur de cette barre, des trous dans lesquels on plonge des thermomètres très sensibles , en achevant de les remplir avec du mercure, et l’on observe ensuite avec exactitude au bout de quel temps les thermomètres deviennent stationnaires, la perte par rayonnement égalant alors réchauffement, et quel est le rapport de la hauteur de chaque thermomètre avec sa distance à la source de calorique ; on sent que dans les expériences les corps examinés doivent être couverts d’un enduit commun, afin de rendre le rayonnement constant. Les recherches exactes de cette nature
SANS CHANGEMENT d’ÉTAT.
sont encore peu nombreuses et sont dues à M. Despretz.
Les résultats principaux des diverses expériences de ce genre sont : d’abord, que les distances au foyer de chaleur formant une progression arithmétique , les températures des divers points décroissent dans une progression plus rapide , qui n’est cependant pas une simple progression géométrique; elles forment une série récurrente dans laquelle, sur trois termes, la somme des deux extrêmes divisée par le moyen donne un quotient constant (1);
En second lieu , que la régularité de la série est altérée si les températures sont trop élevées;
En troisième lieu , que les seuls corps que l’on nomme bons conducteurs du calorique présentent celte-marche régulière ;
Enfin, que la température que peut prendre un corps à une certaine distance du foyer qui l’échauffe , est comme la racine carrée de son épaisseur, ce qui explique comment un fil métallique très fin peut être tenu entre les doigts à peu de distance du point qui rougit , tandis que pour une grosse barre de fer le contraire arriverait.
On a déduit de ces expériences des rapports de conductibilité qui sont tels, que si on désigne par le nombre mille le maximum de conductibilité , et par des nombres proportionnels les degrés de celte propriété dans les différens corps essayés , on obtient la table suivante :
Or . . . . . 1000
Argent . 975,0
Cuivre. . 898,2
Fer . . .
(1 )jLa formule est y~(i~ x, x étant la distance d’un thermomètre au foyer, et y l’excès de la température sur celle de l’espace environnant.