INFLUENCE DE LA TERRE SUR LES CONDUCTEURS MOBILES
359. Lorsque Ton construit des conducteurs mobiles d’une assez grande étendue, et sujets dans leurs mouvemens aux moindres frottemens possibles , on observe qu’ils prennent spontanément, quand on y fait passer des courans, des directions fixes particulières relativement aux différentes parties du globe. On voit aussi que des appareils de rotation , tels que nous les avons décrits , se meuvent spontanément, sans qu’il soit nécessaire d’établir autour d’eux aucun courant artificiel; et si l'on compare tous les mouvemens et toutes les situations que peuvent prendre spontanément ces conducteurs mobiles, on trouve qu’ils sont tels que pourraient les produire des courans circulaires qui existeraient autour du globe , dans la direction de l’équateur magnétique, d’orient en occident , et dont le plus considérable répondrait précisément à cet équateur. Les faits et les rapports sont si nombreux, et coïncident si parfaitement les uns avec les autres , que l’existence de ces courans autour du globe peut être regardée comme démontrée.
Aucun effet de l’influence du globe n’est plus remarquable que ce qui se passe dans l’appareil que nous allons décrire. Si l’on prend un tube de verre et qu’on l’entoure d’un fd métallique roulé en hélice comme un ressort à boudin; si l’on fait revenir une de ses extrémités en ligne droite par l’intérieur du tube , et si l’on suspend transversalement l’appareil par son centre de gravité, à l’aide de pointes qui établissent un courant galvanique dans l’hélice et dans le conducteur droit, on trouvera que la colonne se dirigera d’elle-même précisément comme une aiguille aimantée , c’est à dire h peu près vers un des pôles de la
ÉLECTRO -DYNAMIQUES
terre. En effet, le courant commun qui parcourt l’hélice est susceptible de produire et de recevoir cleux genres d’influence , l’une quant au conducteur droit que l’hélice représente; mais celle-ci est compensée et annulée par le conducteur rectiligne qui revient dans l’intérieur du tube; l’autre , par la série de courans circulaires qui sont perpendiculaires à l’axe. Tous ces courans , suspendus par leur milieu, doivent tendre à devenir parallèles au courant de l’équateur terrestre , c’est-à-dire à diriger l’axe du cylindre d’un pôle à l’autre: et c’est ce qui arrive en effet.
Cet appareil , que l’on nomme cylindre électro-dynamique , a des pôles comme un aimant , et en présente presque toutes les propriétés. Son pôle austral se place à la gauche d’un courant rectiligne , qui le traverse à angle droit par son milieu ; ce pôle austral se dirige naturellement vers le pôle nord de la terre , et cette extrémité s’abaisse du côté du pôle.