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DES PHÉNOMÈNES MAGNÉTIQUES

36o. Nous avons vu que les aimans naturels ou artificiels avaient la propriété, mal expliquée jusqu’ici, de se diriger vers les pôles; mais une découverte importante de M. OErstedt a fait entrevoir de singulières analogies entre la cause qui produit ces effets et le fluide galvanique.

Si Ton place une aiguille aimantée dans le voisinage d’un courant électrique , elle se trouve immédiatement dérangée de sa direction naturelle. Si on la place au dessus ou au dessous de ce courant, elle tend à se diriger perpendiculairement 5 sa direction; mais elle en est ordinairement «

plus ou moins empêchée par sa tendance à se diriger vers les pôles de la terre; tandis que si Ton emploie une aiguille

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rendue indifférente à toute position par la méthode de M. Ampère, elle se dirige exactement en travers du courant galvanique , le pôle austral à sa gauche, et le pôle horéal à sa droite. Si l’aiguille est placée dans le même plan horizontal que le courant , elle éprouve en partie la même déviation. Cette première observation de M. OErstedt a donné lieu depuis à l’invention d’un instrument bien important , que l’on nomme galvanomètre , et qui sert à annoncer l’existence du plus faible courant galvanique et à faire connaître sa direction. Cet instrument consiste en une aiguille très faiblement aimantée et suspendue par un fd. On place cette aiguille dans une espèce de boîte ouverte par ses côtés, et autour de laquelle on enveloppe un grand nombre de fois un fil métallique couvert de soie, que l’on rend conducteur des effets galvaniques que l’on veut observer.

C’est avec cet instrument, rendu plus sensible encore par la présence d’un aimant qui détruit presque complètement la force directrice naturelle de l’aiguille , que M. Becquerel a constaté la production de courans électriques entre des corps diversement chauffés , dans toutes les combinaisons chimiques , dans le simple contact d’une multitude de corps , et même par la simple imbibition de l’eau par un corps poreux.

Non seulement une aiguille aimantée est influencée par des courans galvaniques, mais on trouve que, dans toutes les circonstances possibles, les aimans ressemblent parfaitement au cylindre électro- dynamique dont nous avons donné la description, et se comportent de même; en sorte que l’on doit les considérer comme des corps dans lesquels il existe des courans dont la direction est h peu près perpendiculaire à leur axe. Cette analogie est tellement générale , que l’on peut toujours , en suivant bien la théorie.

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faire produire k un aimant les effets des courans galvaniques , ou réciproquement.

Si l’analogie que nous venons d’indiquer est en effet Lien réelle, il s’ensuit que l’on doit pouvoir communiquer raimantation par l’influence des courans galvaniques , et c’est en effet ce que M. Arago a démontré par l’expérience; car si l’on place une tige de fer dans l’intérieur du cylindre électro-dynamique, elle s’aimante rapidement et prend les mêmes pôles que ce cylindre. La même chose arrive quand on établit dans cette barre un courant galvanique ou électrique; mais les pôles dépendent alors de la direction où se trouve le barreau métallique.

Il est démontré que les courans qui existent dans un aimant déterminent d’autres courans dans un morceau de fer qui est en contact avec l’un , ou avec l’un et l’autre de ses pôles , et ce sont ces courans qui s’attirent et fixent le fer à l’aimant; il en résulte aussi que le fer étant actuellement le siège de courans, devient un aimant pour un autre morceau de fer ; cette action est réciproque ; en sorte qu’à la longue un morceau de fer attaché à un aimant en augmente la force : mais les courans ainsi produits dans le fer cessent au moment où l’on fait cesser le contact; le fer n’est aimanté que temporairement par influence.

Une des plus curieuses machines de physique moderne est fondée sur ces faits, et sert en même temps à démontrer que les courans galvaniques produisent et imitent les aimans , non seulement dans les faibles puissances , mais même en exagèrent les propriétés jusqu’au degré le plus extraordinaire.

On prend une forte tige de fer très doux que Ton recourbe en fer à cheval , on la fixe par la courbe à un point solide, les deux bouts tournés en bas; autour de chaque branche de ce fer à cheval on enroule un long fil de

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cuivre entouré de soie , en ayant soin que les contours soient en sens inverse pour les deux branches. Le fil doit faire cinq à six cents tours sur chaque branche comme sur une bobine : si dans cet état on fait communiquer les deux bouts du fil de cuivre avec les deux pôles d'une pile ou même d'un seul élément galvanique , pendant la durée de Faction galvanique, le fer à cheval deviendra un aimant capable de porter un poids de cinq cents livres et même davantage; mais au moment où le circuit galvanique est rompu , tout effet cesse , pour se rétablir quand on rétablit le circuit.

On conçoit que les courans circulaires galvaniques en produisent de semblables dans les branches du fer à cheval, qui en produit à son tour dans le portant.

Ainsi Faction galvanique produit à volonté des aimans beaucoup plus puissans que toute autre méthode.

M. Pixii, qui a imaginé les dispositions que nous venons de décrire, construit de puissantes machines de cette nature.

L’attraction de ces aimans s’exerçant à distance , on conçoit qu’il y a dans cette circonstance un élément de force d’un nouveau genre, qui ne demande que des dispositions mécaniques convenables pour être mis à profil.

Le nouvel ordre de connaissances physiques dont nous venons de donner une idée si superficielle est dû principalement aux travaux de MM. OErstedt , Ampère, Faraday, Arago, Savary, Becquerel, etc.

36 1. Contractions musculaires, — MM. Prévost et Dumas ont fait, sur la contraction musculaire, des observations microscopiques très intéressantes, qui semblent rapprocher ce phénomène du genre de mouvemens produits par l’attraction des conducteurs galvaniques. Ils ont remarqué que les fibrilles musculaires étaient toujours traversées per-

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pendiculairemcnt par les filets nerveux qui se distribuent dans les muscles ; que ces filets nerveux étaient en quelque sorte fixés aux fibres musculaires ; que dans la contraction les fibres musculaires ne se raccourcissaient que parce qu’elles se ployaient en zig-zag; et enfin, que les angles formés par ces plis étaient précisément le lieu du passage des filets nerveux; d'où l’on pourrait conclure : i° que la fibre musculaire proprement dite est réellement passive dans les contractions musculaires ; 2° que ces contractions dépendent d’attractions réciproques des filets nerveux considérés comme des conducteurs galvaniques. Ces propositions sont encore contestées par la plupart des physiologistes.

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