DE ^ACTION DU CALORIQUE SUR LES CORPS
Zinc . 565,0
Étain . ». . 5o5,9
Plomb . , . . 179,6
Marbre . 25,6
Terre des fourneaux . . 11, 4
( Despretz.)
Ingenhouz avait trouvé un ordre un peu différent, savoir : argent, or, cuivre, étain, platine, fer, acier, plomb.
Après les métaux , viennent , dans Perdre de conductibilité , les pierres .qui varient beaucoup entre elles sous ce rapport; en sorte que les briques, par exemple, condui sent beaucoup moins bien le calorique que la plupart des autres substances pierreuses. Le verre est un des plus mauvais conducteurs du calorique que nous connaissions : nous en avons tous les jours la preuve; puisque l’on peut tenir entre les doigts un tube de verre que l’on fait actuellement rougir dans la flamme de Pémailleur, à une distance d’un pouce ou deux. C’est par la même raison que le vejre se brise si facilement par l’application de la chaleur; car un seul point pouvant s’échauffer beaucoup sans transmettre son calorique aux autres parties du corps, la portion échauffée se dilate, comme nous le verrons bientôt, et détruit la cohésion du corps.
De tous les corps que nous connaissons , le charbon est celui qui conduit le moins bien le calorique. Toutes les substances qui contiennent beaucoup de carbone jouissent aussi d’une très faible conductibilité.
Il faut remarquer que , indépendamment de la nature même de la substance , les amas de fdamens très fins , qui ne se touchent que par très peu de points et qui laissent entre eux de grands vides, sont presque insusceptibles de conduire le calorique ; c’est pourquoi la ouate de coton ou
SANS CHANGEMENT d’ÉTAT.
de soie, la laine cardée , les étoffes tissues des mêmes substances, sont très propres à tenir le calorique enfermé dans les espaces qu’elles enveloppent, et sont si fréquemment usitées comme vêtemens d’hiver.
Conductibilité des liquides. La faculté conductrice des liquides pour le calorique est si faible qu’elle a. pu être considérée comme absolument nulle, jusqu’à ce que des expériences faites avec beaucoup de soin soient venues démontrer qu’elle existe jusqu’à un certain point; néanmoins, il est facile de s’assurer que les liquides s’échauffent , dans la plupart des cas, avec une grande rapidité, mais par un mode tout différent de la conductibilité proprement dite. Il est donc fort important de comparer les différons modes d’échauffement des liquides.
Si l’on applique du calorique à Sa partie inférieure d’un vase contenant une masse d’eau ou de tout autre liquide, au bout d’un certain temps on pourra s’assurer que la partie supérieure du liquide est très chaude, tandis que sa partie inférieure est encore froide. Si l’on répète la même expérience dans un vase de verre, et que l’on jette dans l’eau quelque poussière qui puisse y flotter, comme de la résine en poudre, on verra, pendant l’application de la chaleur, des courans plus ou moins rapides s’établir dans l’intérieur de la masse d’eau; les molécules qui touchaient le fond du vase s’élèveront à sa surface pour être remplacées par d’autres molécules; et si l’on échauffe un des points de la paroi latérale du , même vase , il s’établira dans ce point un courant ascendant.
Ces expériences démontrent que les molécules d’eau deviennent plus légères lorsqu’elles s’échauffent, qu’elles montent par conséquent à la surface, et sont continuellement remplacées par d’autres molécules non encore échauffées, D’où l’on peut conclure qu’à" raison de la mobilité de
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leurs particules , les liquides sont susceptibles de cliarier , en quelque sorte, le calorique, au lieu de le conduire ; circonstance qui accélère beaucoup réchauffement total , et qui s’oppose à ce que la propriété conductrice soit aperçue dans le. cas où elle existerait.
Il y a un moyeu fort simple de supprimer le mode d’échauffement dont nous venons de parler, et d’isoler par conséquent la faculté conductrice. Ce moyen consiste à échauffer les liquides par leur face supérieure; car alors les molécules échauffées et devenues plus légères tendent à rester- à la surface, et il ne se produit aucun mouve ment dans le liquide. Rumfort a fait le premier la curieuse expérience suivante : Si l’on fait congeler au fond d’un vase une certaine quantité d’eau ; si Ton recouvre cette glace d’une couche de mercure de quelques millimètres d’épaisseur, et si l’on pose ensuite à la surface de ce mercure un cylindre de fer extrêmement chaud , on pourra l’y laisser pendant un temps très considérable sans fondre aucune partie de la glace , qui ne se trouve séparée du corps chaud que par une couche mince de liquide. Ce phénomène est si marquant , que Rumfort en avait conclu que les liquides ne conduisaient pas du tout le calorique. On peut répéter l’expérience d’une manière plus simple, en remplissant à moitié un vase de verre avec de l’eau froide, et versant doucement à la surface de cette çau une certaine quantité d’huile très çhaude : malgré ce contact, l’eau restera froide , ou du moins ne s’échauffera que très peu.
.Ces expériences, répétées avec beaucoup de soin, et variées d’un grand nombre de manières , ont appris que les liquides avaient en effet une certaine conductibilité , mais qu’elle était extrêmement faible , comparativement h celle des autres corps. On a cru reconnaître que le mercure
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conduisait environ deux fois plus que l’eau ou l’huile , à volume égal.
Conductibilité des gaz. — Les fluides élastiques sont éminemment susceptibles de s’échauffer, h la manière des liquides, par le déplacement de leurs molécules; mais celle circonstance n’est pas la seule qui, chez eux, s’oppose à l’observation de leur conductibilité ; ils permettent en outre le rayonnement du calorique à travers leur masse ; en Sorte qu’ils s’échauffent rapidement , dans quelque di rection qu’on essaie de leur transmettre do calorique, sans qu’il soit permis d’isoler les effets de la conductibilité, et par conséquent de constater son existence.
La faculté de s’échauffer par le déplacement dé leurs molécules, dont les fluides élastiques jouissent à un si haut degré, donne lieu à une multitude de phénomènes remarquables dans la nature , dans les arts et darfs les habitudes de la vie, dont il est toujours facile de se rendre compte à l’aide des deux principes généraux suivans : i° lorsqu’une partie quelconque d’une masse d’air devient plus chaude que le reste de la masse, cette portion s’élève; 2° lorsqu’une partie quelconque d’une masse d’air se prouve refroidie, elle descend vers les régions les plus basses qu’elle puisse rencontrer.
C’est ainsi qu’il s’établit autour d’un corps chaud un courant d’air ascendant qui fait tourner ces légères spirales de papier qu’on suspend quelquefois l\ côté d’un tuyau de poêle. Par la raison inverse , il s’établit un courant d’air descendant autour d’un corps plus froid que l’atmosphère. Les mêmes lois produisent ces courans rapides qui alimentent nos foyers et emportent avec eux les produits volatils de la combustion. Enfin , l’ascension de l’air échauffé, qui a produit l’invention des mongollières , est aussi la cause