‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 86 sur 139 · DE L’ŒIL · texte numérisé non relu

DE L’ŒIL

moins de lumière dans l’œil , ce qui est une suite des lois du rayonnement; 3° le sol lui-même, sur lequel reposent les objets, et le nombre des corps intermédiaires , nous donnent une idée de distance. C’est en rectifiant, d’après ces données, les effets produits par l’angle visuel, que nous jugeons approximativement de la distance et souvent de la forme des corps.

Les moyens de rectification que nous venons d’indiquer deviennent eux-mêmes des causes d’erreurs fréquentes ; ainsi, de deux corps également éloignés, le plus éclairé nous paraît plus voisin; et, si une maison nous paraît plus petite qu’elle n’est, lorsqu’elle se trouve située au milieu d’une plaine unie , elle nous paraîtra beaucoup plus grande si elle s’élève à 1? extrémité d’une allée d’arbres ou au sommet d’unepentedouce; car, dans ce derniercas, legrand nombre des objets intermédiaires nous faisant juger sa distance très considérable , nous pensons qu’elle doit être d’une grande dimension, pour produire l’angle visuel qu’elle sous-tend.

Les deux effets dont nous venons de parler se produisent d’une manière très prononcée , lorsqu’on regarde le soleil ou la lune dans différentes situations. À leur zénith, ces astres sont plus lumineux et sans objets intermédiaires ; on les juge plus voisins, et ils paraissent plus petits. On les voit au contraire beaucoup plus gros, lorsqu’ils sont à l’horizon, et surtout lorsqu’ils se lèvent à l’extrémité d’une allée d’arbres.

Les effets de la vision sur la rétine, dame part, exigent un certain temps pour se produire, et, de l’autre, persistent pendant quelques instans. Il résulte de la première circonstance, que nous ne pouvons pas apercevoir un corps qui se meut très rapidement, comme un boulet de canon; il résulte de la seconde que certaines impressions produites dans un point de la rétine existent encore lorsqu’il s’en produit de

ET DE LA VISION

nouvelles. C’est ainsi qu’un brandon de feu, mû circulairement avec vitesse, produit l’effet d’un cercle embrasé.

Il faut remarquer encore que la rétine est susceptible d’une sorte de fatigue qui l’empêche d’éprouver des sensations faibles, lorsqu’elle vient d’en supporter de plus vives. C’est ainsi qu’on voit un point noir sur tous les objets, après avoir fixé le soleil; car la partie de la rétine sur laquelle l’image du soleil était peinte est devenue insensible à une lumière ordinaire. On observe encore qu’après avoir fixé pendant quelque temps une surface blanche placée sur un fond noir, en regardant ensuite un fond blanc , on voit une surface noire, d’une figure semblable â la figure blanche qui avait précédemment affecté la rétine. Cet état relatif de sensibilité de la rétine est , du reste, tellement prononcé, qu’on ne voit rien dans un lieu médiocrement éclairé, lorsqu’on vient du soleil, tandis que les prisonniers s’accoutument à distinguer tous les objets dans l’obscurité de leurs cachots. C’est pour éviter le contraste de ces impressions, en facilitant la vision dans tous les cas, que l’iris se contracte et rétrécit la pupille sous l’influence d’une lumière vive ; tandis qu’il se relâche et l’agrandit considérablement lorsque la lumière est faible.

4o4. Imperfection de la vision. — Sans parler des imperfections de l’organe de la vue qui dépendent d’une lésion de la sensibilité , ni des affections morbides qui désorganisent entièrement le globe de l’œil, nous dirons quelque chose de la myopie, de la presbytie , de ta cataracte , et des moyens d’y remédier.

La myopie est une disposition ordinairement congéniale de l’œil, en veriu de laquelle il possède un pouvoir réfringent trop considérable relativement à la distance qui se trouve entre le cristallin et la rétine , en sorte que tous

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