‹ Traité élémentaire de physique générale et médicaleChapitre 87 sur 139 · DE L’OEIL · texte numérisé non relu

DE L’OEIL

les rayons provenant des objets placés à une certaine distance de l’œil forment leur foyer beaucoup trop tôt derrière le cristallin , et ne tracent par conséquent sur la rétine que des images confuses. Celte disposition vicieuse provient souvent d’un surcroît de convexité de la cornée transparente; mais elle peut dépendre aussi de l’état intérieur de l’œil, par exemple de la forme du cristallin ou de la densité des humeurs. Quelle que soit sa cause, elle diminue ordinairement avec l’âge , parce que l’œil, moins distendu par l’abord des fluides , perd une portion de sa convexité antérieure.

Les myopes remédient au défaut de netteté de la vision en plaçant les objets très près de l’œil , en sorte que les rayons qui en partent , se trouvant très divergens , ne forment plus leur foyer que sur la rétine ou très près d’elle.

Le grand rapprochement des objets étant toujours incommode et très souvent impossible , les myopes font usage de lunettes dont les verres sont plan - concaves ou bi concaves. On en prépare de plus ou moins courbes dont les degrés sont indiqués par des numéros.

Lorsque ces verres sont placés au devant et près de l’œil , ils reçoivent les rayons provenant des objets, et par leur réfraction en augmentent la divergence, de manière à compenser exactement le surcroît de réfraction produit pâr l’œil.

La presbytie est une disposition très rarement congé-

niale, mais qui survient presque toujours dans la vieillesse, et par laquelle l’œil est disposé de manière à recevoir des images nettes des objets fort éloignés qui lui envoient des rayons presque parallèles, tandis que les objets plus voisins lui envoient des rayons divergens qui ne formeraient leur foyer dans l’œil qu’au delà de ia rétine.

On voit que celte affection est le contraire de la myopie,

ET DE LA VISIO!*

ot qu’elle doit dépendre d’un défaut de force réfringente de l’organe de la vue , que l’on attribue ordinairement à une diminution dans les humeurs de l’œil, qui n’entretient plus îa convexité de la cornée transparente.

On y remédie en employant des verres plus ou moins convexes <jui, par leur réfraction, diminuent la divergence des rayons provenant des objets voisins, et reportent leur foyer au devant de la rétine.

La cataracte est une maladie quelquefois congéniale, mais qui appartient plus particulièrement à la vieillesse , et qui consiste, le plus ordinairement, dans une opacité du cristallin qui se développe plus ou moins rapidement , et qui finit par intercepter tout accès de la lumière; La chirurgie a imaginé différentes méihodes plus ou moins ingénieuses de soustraire cet obstacle à la vision , soit en l’extrayant réellement, soit en l’enfonçant, ou l’abaissant dans l’humeur vilrée, où il ne larde pas à être absorbé. Lorsque les malades ont subi cette opération et que l’inflammalion. qui en résulte est complètement dissipée, ils éprouvent de nouveau les impressions de la lumière; mais ils ne distinguent les objets que d’une manière très confuse , parce qu’il manque dans l’œil un des moyens principaux pour faire converger les rayons sur la rétine. Aussi ces individus sont - ils obligés de faire usage de lunettes fortement convexes, sans pourtant réussir h retrouver dans la vision cette netteté qui ne peut être le résultat que des rapports naturels et exacts des différentes parties de l’organe.

* Nous donnons ici tous les élémens de la théorie de l’achromatisme de l’œil.

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