CHAPITRE VI
DE QUELQUES INSTRUMENS d’oPTIQUE.
4o6. Microscope simple. — Les personnes qui sont dans la nécessité d’observer habituellement des objets d’une très petite dimension , comme les organes sexuels des plantes * font habituellement usage d’une loupe, c’est à dire d’une épaisse lentille dont le foyer est fort court; et c’est h ce petit instrument qu’on donne souvent le nom de microscope simple. Il a la propriété de grossir considérablement les objets , du moins en apparence. On s’en sert en plaçant l’objet très près de l’œil , et interposant la loupe dont on varie la position jusqu’à ce que l’objet soit vu distinctement. L’action de cette loupe se réduit en effet à fournir le moyen de voir distinctement , à un pouce de distance par exemple , un objet qu’il faudrait placer à huit pouces sans le secours de la loupe. Cette seule circonstance rend l’angle visuel beaucoup plus grand, et accroît en même temps le nombre des rayons lumineux qui, partis de l’objet, peuvent pénétrer dans l’œil; double raison qui fait paraître l’objet considérablement grossi , et qui permet d’en apercevoir les plus petits détails.
La théorie des lentilles donne une explication satisfaisante de ces faits; car si le petit objet A (f/g. 162) était placé à la distance AB de l’œil , ses rayons extrêmement divergens ne permettraient pas de le voir distinctement ; mais si la loupe LL est interposée , ces rayons divergens deviennent parallèles, ou même un peu convergens après
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l’avoir traversée, pourvu que l’objet soit placé très près du foyer principal de la loupe , et l’œil peut dès lors former de ces rayons une image parfaitement nette.
407. Lunette de spectacle, — - Get instrument est formé d’un verre convexe que l’on nomme objectif dans toutes les lunettes composées, parce qu’il est dirigé vers l’objet, et d’un verre concave que Ton nomme oculaire, parce qu’on y applique l’œil. Ces deux verres sont montés sur des tuyaux qui glissent et rentrent l’un dans l’autre pour modifier l’instrument, suivant l’état de l’œil cie celui qui s’en sert et la distance des objets que l’on considère.
Le verre convexe a pour effet de rapprocher les rayons qui viennent des objets éloignés, pour en former un foyer auquel se peindrait une image renversée. Si l’œil nu était placé un peu avant le lieu de ce foyer , il apercevrait les objets agrandis, mais fort peu distincts, à cause de la direction convergente des rayons. Mais le verre concave qui sert d’oculaire, et qui est immédiatement appliqué sur l’œil, diminue cette convergence, et rend les images distinctes, en leur conservant une certaine amplitude. On conçoit que les images ne paraissent point renversées dans cette lunette, parce que le verre concave est placé un peu avant le foyer du verre convexe, en sorte qu’il n'y a point eu d'image formée, et que les rayons ne se sont point croisés.
408. Lunette astronomique, — Des enfans, en s’amusant à mettre deux verres convexes l’un devant l’autre, ont fourni la première idée de ces instrumens à l’aids desquels l’homme est parvenu h étendre l’usage, naturellement si borné, de la vue, h des distances prodigieuses. La lunette astronomique, quoique très simple dans son mécanisme, produit cet effet a un très haut degré. Elle est composée ( fig, 160 ) d’un objectif bi-convexe, qui doit être construit avec beaucoup de soin et rendu achromatique
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par les méthodes que nous avons indiquées. Il est ordinairement monté à l’ouverture d’un tuyau d’une longueur proportionnée à celle de son foyer. On conçoit facilement que ce verre, si sa courbure n’est pas trop grande* ni sa surface trop étendue relativement à cette courbure, doit produire h son foyer une petite image renversée de l’objet vers lequel la lunette est dirigée. Cette image 11e saurait être vue de près à l’œil nu, attendu qu’elle lui enverrait des rayons trop divergens; mais on la considère h l’aide d’une seconde lentille, qui prend le nom d’oculaire, et qui produit sur elle le même effet que produit le microscope simple sur les petits corps naturels. On voit donc cette image très nette, très lumineuse, considérablement grossie, mais renversée, ce qui, du reste, est indifférent pour les observations astronomiques. L’oculaire est monté sur un tuyau beaucoup plus petit que celui de l’objectif; il est mobile d’ avant en arrière pour s’ajuster aux différentes positions de l’image, et l’ensemble de la lunette , porté sur un pied, se meut lui-même dans tous les sens à l’aide d’un mécanisme convenable.
409. Lunettes composées. — On prendra une idée générale des lunettes composées en se représentant qu’après la première image formée au foyer de l’objectif, et qui sc trouve renversée , on peut placer un second verre qui reforme une nouvelle image, laquelle sera droite et pourra être regardée à son tour avec un objectif, comme dans la lunette astronomique.
Nous savons qu’une lentille peut fournir une image plus grande que l’objet d’où les rayons lumineux sont partis, pourvu que cet objet puisse être rapproché de son foyer. Or, la première image fournie par l’objectif d’une lunette composée peut être considérée comme un petit objet que l’on peut placer près du foyer d’une seconde lentille , de