CHANGEMENTS D'ÉTAT DES CORPS
à l'aide d'une lampe à alcool (Fig.*277), on projette une goutte d'eau qui prend aussitôt l'état sphéroïdal; en plaçant une bougie derrière l'appareil', on voit très -distinctement la ûamme briller entre l<' globule et la plaque. M. Poggendorff a reconnu de son côté qu'un courant électrique ne peut passer du liquide au métal, ce qui suffît pour prouver qu'il n'y a pas contact.
Quant à la cause qui empêche un liquide volalil de toucher une surface très - chaude , elle réside dans l'action de la chaleur, qui diminue de plus en plus l'adhésion des liquides aux solides. Il arrive donc un moment où le contact cesse d'avoir lieu; le liquide n'étant alors soumis qu'à l'influence de sa cohésion, prend une forme sphérique ; en même temps il s'évapore par sa surface ; de là , formation d'une couche de vapeur qui s'interpose entre le globule et la surface surchauffée. La chaleur n'est plus transmise au liquide que par rayonnement, et l'évaporation suffit pour empêcher la température de s'élever jusqu'au point d'ébullition. Quel que soit le liquide expérimenté, sa température à l'état sphéroïdal a toujours été trouvée inférieure à son point d'ébullition. Pour l'eau , par exemple, la température reste au-dessous de 400°; pour l'éther, elle n'atteint pas 36°, et pour l'acide sulfureux liquide elle est plus basse que — 10°. Aussi peut-on congeler de l'eau, en la versant dans une capsule de platine portée au rouge et renfermant de l'acide sulfureux liquide (Faraday).
Les phénomènes de calé faction dont il vient d'être question rendent compte d'un certain- nombre de faits qui paraissent inexplicables au premier abord. Ainsi, il est reconnu qu'on peut plonger la main dans du plomb fondu, toucher de la fonte en fusion, passer la langue sur un fer rouge, sans se brûler. Il faut avoir, soin toutefois de procéder à ces expériences avec habileté et rapidité. L'incombustibilité momentanée de la peau et des muqueuses dans ces circonstances est due à la présence de l'humidité qui recouvre ces tissus; l'eau, en présence du métal incandescent, passe à l'état sphéroïdal, et empêche le contact. On fait bien, du reste, de mouiller préalablement la peau avec de l'eau ou mieux encore avec de l'éther.]
[253". Vapeurs non saturées et vapeurs à l'état de saturation. — Les vapeurs possèdent des propriétés distinctes, suivant qu'elles se trouvent ou non en contact avec un excès de liquide générateur ; dans le premier cas, elles sont dites saturées et elles diffèrent alors des gaz en ce que, pour une température donnée, on ne peut faire varier leur force élastique, ni en augmentant ni en diminuant leur volume.
Au coi ilia ire, les vapeurs non saturées, c'est-à-dire non en contact avec un
Fig. 277. — Expérience démontrant l'absence de contact entre un liquide à l'état sphéroïdal et la surface surchauffée sur laquelle il repose.