‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 138 sur 188 · CHALEUR · texte numérisé non relu

CHALEUR

excès du liquide générateur, sont comparables aux gaz sous tous les rapports.] Nous avons vu que les gaz ont la propriété : 1° d'occuper un espace dont la grandeur est en raison inverse de la pression supportée par le gaz (loi de Mariotte); 2° de se dilater par la chaleur de telle sorte que l'accroissement de volume soit proportionnel à l'augmentation de température (cf. § 245).

On peut aisément prouver par l'expérience que les vapeurs non saturées , comme les gaz permanents, obéissent à ces deux lois, la loi de Mariotte n'étant d'ailleurs absolument exacte qu'entre certaines limites. Introduisons dans la chambre barométrique un certain volume de vapeur d'un liquide, de l'éther par exemple, nous verrons "aussitôt le niveau du mercure descendre par suite de la force élastique de cette vapeur. On peut, à volonté, augmenter ou diminuer la pression, en enfonçant plus ou moins le tube barométrique dans le bain de mercure que renferme la cuvette ; on voit alors l'espace occupé par la vapeur varier en raison inverse de la pression , celle-ci étant chaque fois égale à la pression atmosphérique diminuée de la hauteur de la colonne mercurielle soulevée.

La loi de Mariotte appliquée aux vapeurs est d'autant plus exacte que la pression est plus faible. Dans le voisinage de la pression qui fait repasser le fluide aériforme à l'état liquide, la force élastique de la vapeur croît bien moins rapidement que le volume ne diminue, et elle finit par atteindre un maximum qu'elle ne peut dépasser, au moment où apparaît à la surface du mercure une couche du liquide volatil provenant de la condensation de la vapeur. Si, dans les limites où la loi de Mariotte est applicable, on* a déterminé une diminution de volume par l'augmentation de la pression, on peut rétablir le volume primitif, en élevant d'un certain nombre de degrés la température de l'espace qui contient la vapeur.

254. Force élastique des vapeurs à l'état de saturation. — Si on introduit dans une série de tubes barométriques différents liquides volatils , tels que de l'eau, de l'alcool, de l'éther, et s'il y a un excès de liquide, on observe que la dépression du mercure varie avec la nature de la substance introduite , lors même que la température est identique pour tous les tubes: le mercure se tient plus bas dans le tube qui renferme de l'éther que dans celui qui a reçu de l'alcool , et plus bas dans ce dernier que dans le tube où se trouve l'eau.

On nomme tension de la vapeur la force d'expansion en vertu de laquelle elle fait équilibre à une certaine colonne de mercure pour une température donnée. On peut mesurer la tension maxima ou force élastique des vapeurs aux différentes températures en opérant , comme nous venons de l'indiquer, c'est-à-dire en évaluant la hauteur de la colonne mercurielle soulevée. Une autre méthode consiste à appliquer la loi énoncée dans le § 253, à savoir qu'un liquide entre en ébullition à la température pour laquelle la tension de sa vapeur fait équilibre à la pression extérieure. Si donc on fait bouillir un liquide sous une certaine pression , il suffira de mesurer cette pression ainsi que la température d'ébullition pour avoir la force élastique de la vapeur à ladite température. C'est en se basant sur ce principe que Dulong et Petit ont mesuré la tension maxima de la vapeur d'eau à différentes températures. Les recherches les plus

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