‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 151 sur 188 · LITRE · texte numérisé non relu

LITRE

287. Aperçu général des phénomènes électriques. — On appelle électricité une force physique dont la nature est encore inconnue. L'existence de cette force ne nous est pas démontrée comme celle du son, de la lumière, de la chaleur, par des sensations d'un caractère spécial. L'électricité cependant possède au plus haut degré la propriété d'exciter le système nerveux; mais elle agit comme le ferait tout autre mode d'excitation : sur les nerfs optiques, elle produit une " sensation de lumière; sur ceux de l'ouïe, une sensation auditive; sur les nerfs de la sensibilité générale, elle détermine des sensations de douleur plus ou moins intenses.

L'électricité présente, en outre, une certaine analogie avec la pesanteur, car les corps électrisés se comportent comme les corps pesants : ils s'attirent entre eux. Il y a toutefois entre ces deux agents des différences capitales : la pesanteur est une force inhérente aux corps mêmes, tandis que les propriétés électriques n'existent que temporairement et se développent sous l'influence de certaines causes, telles que le frottement, la chaleur, le contact de métaux hétérogènes, le mélange de liquides qui peuvent réagir les uns sur les autres; de plus, l'électricité contenue dans un corps se dissipe rapidement en se portant sur les corps environnants. Enfin, la pesanteur n'agit que d'une seule manière, puisque tous les corps pesants s'attirent; l'électricité, au contraire, manifeste ses effets sous deux formes opposées : tantôt les corps électrisés s'attirent, tantôt ils se repoussent. C'est pour expliquer cette double manière d'agir de l'électricité et pour se faire une idée nette des phénomènes qui' en résultent, qu'on a imaginé l'existence de deux fluides électriques impondérables, l'un positif, l'autre négatif. Ces deux fluides sont supposés renfermés clans tous les corps : quand le corps est à l'état naturel, les deux fluides s'y trouvent combinés en quantités égales; dans un corps électrisé, la proportion de l'un des deux fluides l'emporte sur celle de l'autre. On ne doit accepter la théorie des deux fluides que comme moyen de faciliter les démonstrations , car elle est loin de rendre compte de tous les faits observés et par suite ne peut être admise avec le même degré de certitude que la théorie des ondulations dans l'étude des phénomènes lumineux.

Nous ignorons entièrement la nature de l'électricité. Nous ne connaissons cet agent que par ses effets, savoir l'attraction ou la répulsion réciproque des corps électrisés, la chaleur ou la lumière qu'il engendre, les actions chimiques et mécaniques auxquelles il donne naissance, la sensation que la recomposition des deux fluides produit sur nos nerfs.

WUNDT, Physique médicale. 30

L'ÉLECTRICITÉ

287". Plan du livre consacré à l'étude de l'électricité. — Dans l'étude des phénomènes électriques, nous nous occuperons d'abord de la production de l'électricité. Nous exposerons ensuite les méthodes à l'aide desquelles on peut mesurer l'intensité de cette force;, et de cette mesure nous déduirons les lois dé la recomposition électrique, puis celles du mouvement de l'électricité et des effets qui résultent de ce mouvement. Ces effets se manifestent, tantôt dans l'intérieur des corps parcourus par le fluide électrique, tantôt à l'extérieur. Nous distinguerons donc les effets qui prennent naissance clans le circuit même du courant électrique et ceux qui se produisent au dehors. Parmi ces actions à distance, il faut surtout signaler, comme ayant une importance capitale, les phénomènes magnétiques et diamagnétiques, l'êlectro-magnétisme, l'indue-* tion électrique et magnétique.

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