CHAPITRE Xll
EFFETS CHLMIQL'ES J)K L.V LUMIÈHK.
173. Combinaisons et décompositions chimiques produites sous l'influence de la
Hunière. — Dans la plupart des circoiistîuice.s où la hiniièro arrive au contact
<^es corps, les seuls effets qui se produisent en apparence consistent dans les
TnodiGcations que manifestent les rayons lumineux eux-inénies lors de leur
réflexion ou de leur réfraction. Cependant on est |)orté à penser (jne, même
iuis ces cas , les corps éprouvent des altr'rations plus ou moins passagères que
008 moyens d'investigation sont impuissants à mettre ou évidence.
H existe, au contraire, certiiins corps sur lesijuels la lumière agit avec assez d'énergie pour provoquer, selon les cas, leur combinaison avec d'autres subsliinces ou leur décomposition. Le chlore rt Thydrogène, qui restent mélangés 'saw s'unir dans une obscurité profonde, se combinent instantanément et avec ^plosion quand on expo.se leur mélange à l'action des rayons solaires. Sous l'influence de la lumière, le chlore en solution dans Teau décompose ce liquide i»ur s'unir à l'hydrogène et met Toxygène vai liberté ; les matières colorantes végétales sont décolorées par l'action des rayons solaires , et ce phénomène est "^^ à profit pour le blanchiment des étoffes. Citons , pour terminer, l'influence 'ouie-puissante de la lumière sur les processus chimiques rpii se jiassent dans
le rèjfiie véjrctal ; c'est «rnlce à cette influence cjne h^s plantes nhsoilN'iit l'ariilr carlionique répandu dans l'atmosphère et exlialeut de I oxy^èn»'.
173*. Actioii de la lumière sur les sels d'argent. Photographie. — La plus IioIIm application <|u'nn ait faite de nos jours des eflet^ chinnques «le la luniiènM>t fondée sur la «léconiposition des sels haloïdes d\nrp:ent. Sous rinflnenjo delà lumière, h^s sels d'arjrent , tels que le chlorure, Tiodure etc., prennonl uno coloration d'ahord violette, puis noire , ])ar suite de la réduction *lu sel Pt <!»' la mise en liberté de Tarèrent à l'état de poudre noire. Si la lumière n'a a^riquf pendant un temps très-coinl, le sel n'est pas réduit, mais il a acfpiis In pmpriété d'être très-facilement et Irès-rapidement décomposé par lesajrents rèiliifteui*s ; c'est cett(» propriété des sels d'arfrent qu'nn a mise à profit pour nhtpiiii des ima^res phnto^rraphiques.
Le principe de la photo^iraphic» est le suivaid : une plaque de veire est rocoiiverte d'une mince couche de collodion renfermant une certaine (piantitP d'induré de potassium, dette plarjue est ensuite plongée dan^^ un bain df iiitnlf (rar^T'Md ; il se forme par d(udjle déconqmsilion di» l'iodure d'aPi^ent, qui.«p tivsur le collodion, et du nitrate de potasse, <pii se dissout dans le hain : la miKh'" «le collodion se trouve ainsi fit'nsihilisrr. On la porte alors dans une chainhP' noire, et on la place exactem<Mit à l'iMnJroit où vient se peindre rima;:e(le roi»jeta reproduire, imafje ipû est fournie par l'objectif de l'instrument. (Jn.in«l on ixiçro qut» la hnnière a ajii un temps suffisant sur la |daque, on enlè\c rellt^ ci et on verse sur la surface inqu'essionnée lui liqui.îe ré(huteur, cpii e<t ordinairement mie solution d'acid»' jiyropallique. Ce réactif ré< lu il l'iodure d';in»vnl dans les endroits où c»» sel a élé impressionné par la lumièn*, et il li» ré«liiil»*n proportion <rautanl plus j^ranile que l'action de la lundère a été plus in'tn-^'. On voit alors l'imaj^e sv» Jé?'e/o/)y>cr ; mais la di^lrihution de la lumièrp «^f trouve /V/trc/'s/'e ; les parties claires dan> l'ima^ie de la chambre noin* s«m|htachiMit en n<»ir ilans l'épreuve i-t, récipro(|uemeMt , les ombres sont reniplitcée? par des clairs; aussi rimajze photographique ainsi obtrnut* représente -t-elli' «'«* qu'on nomint* W'jmntm }u*ijntivf*.
Il reste encore à enq»écher l'atlion ultérieure di» la lumière sur le sfl d'arpent non rédtiit ; dans ce but , (ni «'idève cet ex«'éilant «l'iodure, en le di*-^^!" vaut à l'aide d'une solution «riiyposulfite de soudi'ou de cyanure d«» pota^^i'ini* rimap:e se trouve alor< //.ive, et elle peut servir de cliché pour obtenir d«** épreuves fntsUirrs.
Le tirajre des épri'uves po«»iti\es se fidt de la manière suivante : on tivmj* ime feuille de p.qiicr blan«* dans un»» solution diodure de potassium, pui' »^" la fait stVher; on l'étend ensuite à la surface d'un bain d'aiyent et on la lai<rf s'inqiré'^nier p<iidant «[uelques minutes. Li» papier se tri»uve ainsi sensibilisa* quand il est bien sec, on le place <ous Tépreuvi* né;ialive, sa (nco sensibli^ 'n contact avec la couche île collodion , et on expi)se le tout aux rayon* solair?*- I-es partie** noires du cliché inlei'ceptanl la lumièn*, le sid d'argent tii* la feiiilV de pa))ier sous-jacenle n'est réduit ijue dans les point< placés en rejrard de* blancs di* l'éprfuve népative. Dans l'ima;:»» qui -f destine ainsi <ur le papier, la distribution des ombres et de> clair< e<t don» inverse de o«' qu'tdie f^l dan* le cliché, et, p.ir ron<équent, ellee^t semblable à ctdledi» runa$redela chambre