FLUORESCENCE ET PHOSPHORESCENCE
La production do lumière , dans ces circonstances, s^accompagno ëridemment dephëtombes chimiques; mais on n*est pas encore suffisamment renseigne sur la nature des <tftetiona qui s^accomplissent dans ce cas, ni sur les rapports qu^elles ont avec Tëmision de la lumière.
[Conaultei, relativement à \b. phoâphorescence et à Xa fltuyreêcencey Touvrage dëjà cite de Â. Edm. Becquerel, La lumière^ ses causes et ses effets (t. I, Source de lumière), '«ris 1867.]
[177*^. Application des lois de la phosphorescence et de l'absorption de la lumière lû théorie des images consécutives. — Les impressions visuelles faites sur la rëtine lar la lumière extérieure durent un certain temps après que la cause qui les a excitées a ;etié d*agîr. A-t-on, par exemple, regarde fixement la flamme d*une lampe, ou tout mtre objet lumineux, et vient-on soudain à placer ses yeux dans Tobscurité, on continue i voir rimage do cet objet , comme si les rayons lumineux qui en émanent parvenaient încore au fond de Toeil. Nous appelons image consécutive la sensation visuelle qui suc- :ède ainsi à la contemplation d*un objet.
La persistance des sensations visuelles consécutives a une durée plus ou moins grande , mivant Tintensité plus ou moins forte de la lumière qui a excité la rétine et suivant le legré d*impre8sionnabilité de cette membrane.
Dans leq conditions où nous nous sommes placés pour robscrvcr, rimage consécutive sit la reproduction Adèle de Tobjet, non-seulement bous le rapport de la forme, mais eoeore sous celui de la distribution do la lumière ; les ombres et les clairs occupent dans [Image les mêmes positions que dans Tobjet. Je suppose, par exemple, pour plus de limplicité, qu'on ait regardé une croix ])lanche placée sur un fond noir: Timage consétive montrera aussi, dans les premiers instants du moins, un croix blanche sur fond noir. Dans ce cas, Timage est dite positive. Pour obRer>'er cette image positive, il faut, coBme nous Tavons vu, que les yeux soient plongés dans Tobscurité la plus complète. Qaand, au lieu de se placer dans Tobscurité, on laisse de nouveau la lumière pénétrer dans Tintérieur de Toeil, pendant que Timage consécutive est encore visible, il se piodoit un renversement dans la distribution de la lumière : les ombres de Timage potitiTe sont remplacées par des clairs et inversement; Timage est devenue négative. Si, à ce moment-là, on replace ses yeux dans T obscurité complète, Timage redevient positive, et ainsi de suite. Il s'entend de soi qu'on peut obtenir d'emblée l'image négative , en regardant un fond blanc, immédiatement après avoir contemplé l'objet lumineux.
Lorsque Tiniage est positive, elle a, en général, la même couleur que l'objet; elle est ^simiochrotque. Si , par exemple, on a regardé une croix rouge placée sur u^ fond noir, et SlQ^on soustraie ensuite les yeux à l'action de toute lumière extérieure, on continue à voir •Utt croix rouge sur fond noir. Dans ce cas, l'image consécutive est donc positive et ho- ■•cfcrw^u^. Je suppose qu'on vienne alors à porter son regard sur un fond blanc, l'image pane à l'état négatif et en même temps elle prend la couleur complémentaire de celle de l'objet : on verrait ainsi une croix verte sur fond blanc.
Djr â donc lieu à distinguer deux classes d'images consécutives: les images directes^ ^ résultent de l'action primitive de la lumière inductrice et qu'on observe en l'absence ^ tonte lumière modificatrice, et les images modifiées, qui sont dues à l'action combinée ^ l'image directe et d'une lumière modificatrice. Cette distinction est justifiée par la "iiion que l'image directe, homochroïque au début, peut devenir hétérochroîquey mais itfeDe est nécessairement positive, tandis que l'image modifiée est, selon la couleur et Hlteiiiiîtéde la lumière modificatrice, positive ou négative, homochroïque ou complé- •oitaîrc.
Limage consécutive directe ne conser\'e pas la même intensité lumineuse pendant toute ^àntét de son apparition; elle diminue, on g.înéral, d'intensité h mesure qu'on s'éloigne *»aébnt du phénomène; mais si l'impression luiniiicusf primitive est suivie de nouvelles «■pteiiions qui se succèdent dans le même point de la rétine à des intervalles assez rap- Pwchéa pour que l'intensité de l'imago consécutive n'ait pari le temps de diminuer sensi- ^^mnA d'une impresion à l'autre, il en résulte une scnsaUon continue. TeUe est la causo
*Mi oi»'riyuE.
du plu'iiomèno qu'on observe quand on fait tourner rapidement en cercle un chttriHiti incandescent: au lieu d'un point lumineux unique, on voit un cercle du feu.
Les pluMiomènes dont nous venons de donner une idée sommaire s'expliquent ais^émi'nt h, l'aide des lois physiques de la phosphorescence et de l'absitrption de la lumière. Admittons, en effet, que la rétine soit phosphorescente, et ce n'est pas là une hypothèse stn» fondement; on a constaté expérimentalement que cette membrane est fluoreseeute, et nous avons vu que la seule dilférenco qui existe entre la phosphorescence et la fluon-*cence porte sur la durée du phénomène. La rétine est donc phosphorescente , c'est-Ji-din. que, soumise à l'influence dos rayons lumineux, elle jouit de la prc>priété de les absorbrri puis d'émettre îi son tour de la hnuière de même couleur que la lumière inductrice , dan* les premiers instants du moins; en d'autres termes, les vibrations lumineuses qui viennriit frapper la rétine se communiquent à cette membrane, avec ou sans modifications, et le mouvement vibratoire, ainsi transmis, persiste pendant un temps plus ou nioin* I*»iig avant de disparaître entièrement, jusqu'il ce qu'il ait été transformé en totalité en d'*ntr*rs mouvements moléculaires.
La phosphorescence de la rétine nous permet d'expliquer tout naturellement les images pt»sîtives et homochroïques; rien n'est plus facib; h comprendre.
Nous avons vu, d'autre part, qu'un corps qui émet des radiations lumineuse» alusni-lir précisément les vibrations de même réfrangibilité que celles qu'il rayonne, et laLs^sie passer, au contraire, sans l'affaildir, toute couleur qu'il n'émet pas; c'est sur ce fait r^tjr nous avons basé In théorie de V inversion du spectre.
Appliquant ces d( muées physiques à la rétine, nous admettnms que cvtiv. menilirsErif arrête au passage les rayons de même réfrangibilité que ceux qu'elle émet aprè« a* » 'ir été impressionnée par la lumière, et (ju'rlle transmfrt seulement les radiations lumiiii'ii-ii'S qui manquent dans son propre, speetn?. Uien de plus faeile dès lois que d'expliquer le m» mK de production des images négatives ou complémentaires qu'on obtient en regardant un fond blanc, pendant <|ue Timage positive existe encore: l'image négative ou complémentaire est due h Vinrerfion de l'image positive ou homochroïque. .Je suppose, par exemple, que l'image directe soit rowje , et qu'on fasse alors pénétrer de la lumîrri' blanche dans l'ceil : les rayjins rouges seront absorbés par la rétine dans l«*s points qni émettent de la lumière rouge; la lumière 1)lanche, dépouillée <'n t«)talité ou en parti»* de ses rayons rouges, rej>résente la couleur complémentaire du muge, c'est-ii-dirt* !•" vert; l'image consécutive dcîviendra doue verte, le fond paraissant blane, puisque 1*» parties de la rétine non ])rinu'tivem(!nt impressionnées par la lumière transmettront .tus fibres du nerf optique t«»utes les radiations de la lumière réagissante. — Si rimai;e p«»«* tive était blanche sur fond noir, elle deviendrait noire sur fond blane s«ius Tintliii'U^'^ d'une lumière réagissante blanche; on aurait alors l'image négative proprement ilit**.
Les images consécutives, t«)Ut en restant p<)sitives, éprouvent quelqueftiîs une «uec'-v sion de phases diversement coh>rées, principalement quand l'intensité de la luun'ÎT»* *"* duetrice estc<insidéral>le; on <>bsorve aussi que l'image directe vire du i)o««itif an ne^T-*"^ et r/rc rer^rt, l<»rs même «iu'aucune lumière extérieure ne pénètre jusqu'à la rétine. <*n *^ rend compte de ces irrégularités apparentes dans la marche dt;s images e«»nsécutivc!», «"n invoquant, d'une jiart, les phénomènes analogu<;s que présentent les Corps plH»siili"r*"*' cents étudiés par M. Edm. Becquerel, et d'autre part, l'existence d'une lumiJ-ri-i/i/rii-**^* Uiin: On sait, en effet, qu'en réalité rteil n'est jamais ])l(iugé dansTobseurité rt/**iK'i'f.t|"''' que Soin qu'il j)renne de se garantir de la lumière extérieure. 11 porte en lui-nu* me un» source pennnnente de sensatiiuis hnnineuses : le mouvement circulatoire du sang dan»!'* vaisseaux, les actions mécaniques qui accompagnent chaque mtmvement des yeux«n^'* paupières, les variations de la tension intra-oculaire, les divers mouvements molci*ulair** qui s'effectuent dans l'intimité des tissus etc., toutes ce^ causes d'ébranlement. en«f co»' uumiquant aux éléments de la rétine, S(> traduisent ])ar une production de luniièn* (lur l'"* Allemands ont appelée r/i*/oj</M«ii/<r«/.r,/i(wiiVrf(/« c/taoM^ fumivre pntpre dr fa r.Vinellh'lD*' liolt/;; l'intensité et la couleur de cette lumière varient suivant les individus it Miiviat les eircrmstances.
Kn résumé, notre théorie repose sur le pouvoir émissif et absorbant de la rt'tiuc p«Œ
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les radiations laminouscs, et elle fait intervenir la lumière propre de Tœil U titre de lumière modificatrice. £lle explique tous les faits connus qui se rapportent aux images consécutives , et n^est en contradiction avec aucun d'eux.
Le contraste successif ou simultané des couleurs, les ombres colorées sont des phdnoniènes du même ordre et auxquels la théorie qui précède s* applique également.
BIbllofprttphIe t Plateau, Essai d'une théorie générale comprenant Tensemble des apparences visuelles qui succèdent h la contemplation des objets colorés et de celles qui accompagnent cette c<mtemplation etc., Bruxelles 1834. — Chevbeul, Des couleurs etc. Paris 1864, în-f>, avec planches H. Aubebt, Physiologie der Netzhaut,
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