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CHAPITRE XIV

DE l'œil.

178. Description sommaire de l'œil. — On fait usa^e pour les besoins de ropti([ue physiologique et de la médecine pratique de divers instruments dont la tliéorie est fondée sur les lois do la réfraction et de la réflexion. En tète fijp^rc nécessairement Tœil ; les autres instruments d'optique ne servent qu'à accroître la puissance de notre orj^ne visuel et leur fonctionnement ne saurait ùlre bien compris sans la connaissance préalable de la dioptriquc oculaire.

[L'appareil de la vision se compose chez l'iiommc d'un organe principal , le hiilhe ou globe oculaire, et de parties accessoires destinées à mouvoir et à prot»'*geY- le bulbe.

Ixi jxlobe de l'œil se présente sous la forme d'un sphéroïde dont la partie antérieure (cornée) est un peu plus bombée (jue le reste. On distingue dans cet or^Kine une enveloppe solide oucocjue oculaire et un contenu transparent. L'enveloppe se compose de trois systèmes de membranes qui s'emboîtent i écipro- 'l^einent et qui .<ont , en allant de l'extérieur à l'intéri(;ur :

l** La sclérotique (Fig. 180, 1), membrane fibreuse et opaque, qui se continue en avant avec la cornée (3), membrane transparente. La cornée a ^nMblement la forme d'une c^ilotte sphérique dont l'étendue représente environ t<?!«ixième antérieur du bulbe et dont le rayon de courbure (7'"'",8 en moyenne) alpins petit que celui de la sclérotique (lti""»>). Des mesures exactes des images caloplriques de la cornée, obtenues par l'emploi de Toplithalmomètre, ont mon- W que la surface externe de cette membrane n'tîst pas rigoureusement sphérique, mais qu'elle appartient plutôt à un ellipsoïde.

'"Ia choroïde (d), membrane vasculaire, ta|)isséeà sa surface interne d'une œiiclie de pigment, (^tte membrane adhère à la sclérotique ; elle s'en détache, '"^pea avant d'atteindre la cornée, devient bbre et forme, sous le nom (ïii*is

(14), une sorte de diaphragme circulaire percé au centre d'une ouverture qui porte le nom de pupille ; à la jonction de l'iris avec la choroïde, se trouvent le ■muscle ciliaire et les procès ciliaires (11 et 12).

3" La rétine (15), membrane mince et transparente qui s'applique sur la choroïde sans y adhérer et se termine dans le voisinage de l'ora serrata où elle se confond avec la zonule de Zinn. La rétine représente la membrane sensible, celle que la lumière doit impressionner pour exciter une sensation visuelle;

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elle se compose do diverses couclies dont la plus exiorne est connue sous le nom de couche des bâtonnets et des cônes. Elli' est en communication avw I* ci'rvi-au par riiiteriiiédiaire du nerf nptiqui' (lOi, f|ui Iravei-sc la scl<-mti<[uo el la cJioroîde à la partie postérieure du bulbe.

L'iiilf^rieur de la coque oculaire est divisé tran^versalenu'nt. par li> cn^allin H la zonule de Zinn, en deux cavités de capacité fort inégale et sans c

DE l'œil. 347

ation Tune avec l'autre. La cavité antérieure comprise entre la cornée et la ice antérieure du cristallin est occupée par Vhumeur aqueuse et subdivisée Ile-même, par l'iris, en deux compartiments : la chambre antérieure (30) et I chambre postérieure (31) ; cette dernière se trouve réduite à un espace annulire par suite de l'application de la plus grande partie de l'iris contre le cristalin. L'humeur aqueuse est un liquide transparent et incolore dont les propriétés physiques ne diffèrent pas sensiblement de celles de l'eau ; l'indice de réfracion est à peu près le même (cf. le tableau de la p. 274).

Le cristallin (26) se présente sous la forme d'une lentille sphérique biconvexe, dont la fece antérieure est moins bombée que la postérieure; le rayon de :ourbure de cette dernière est, en effet, de près de 6 millimètres, tandis que elui de la face antérieure a, en moyenne, 40 millimètres de longueur, pendant 'élat de repos de l'organe. Les mensurations exécutées sur le cristallin tendent prouver que les deux faces de cette lentille organique ne sont pas rigoureuîment sphériques : d'après Krause, la face antérieure appartiendrait à un elpsoîde de révolution aplati , et la postérieure, à un paraboloïde de révoition.

La droite qui réunit les sommets ou pôles des deux faces s'appelle Vaxe ; la •ngueur de cet axe mesure l'épaisseur du cristallin. Sur le cadavre, cette épais- ?ur est comprise entre 4 et 5 millimètres; dans l'œil vivant, elle est moindre ^ndant le repos de l'accommodation, 3'»™, 5 en moyenne (Helmholtz).

On voit, d'après les nombres inscrits sur le tableau de la page 274, que l'inice de réfraction du cristallin augmente graduellement de valeur en allant de

superficie au centre et que déjà dans la couche la plus superficielle il est suîrieur à celui de l'humeur aqueuse.

La cavité postérieure de l'œil est remplie par une substance transparente, de insistance gélatineuse^ appelée humeur vitrée (29) et qui a sensiblement le éme indice do réfraction que l'humeur aqueuse.

On appelle axe de Vœil, la droite qui passe par le centre du globe et par le litre ou sommet de la cornée ; tout plan mené par cet axe coupe la sphère ulaire suivant une circonférence de grand cercle qui se nomme un méridien, * plan de Véquateur est lo plan mené perj)endiculairement à Taxe par le centre ' Von\ et il partage le bulbe en deux hémisphères. Les pôles sont les points ' Taxe rencontre la surface de l'œil.]

i79. Œil schématiqae. — Au point de vue de la réfraction, nous avons donc considérer dans Tu.'il trois milieux réfringents, l'humeur aqueuse, le cristal - ^y l'humeur vitrée, et trois surfaces réfringentes, la cornée et Ips deux faces ^ cristallin, le tout constituant un système dioptritjue centré.

A la \énU), ces surfaces réfringentes ne sont pas mathématiquement sphéripies ; elles appartiennent plutôt à des poiiions d'ellipsoïdes ; mais on peut, sans erreur sensible, les assimiler à des calottes sphériques. Leurs centres de courbures ne sont pas non plus exactement situés sur imo même droite; néanmoins ii ?'en faut de bien peu que le centrage ne soit parfait, (»t il est permis de roîî^er h; système conune rigoureusement centré. Nous avons vu (pu» l'indice àt réfraction de la lentille cristalline n'est pas le même dans toutes les couches, (}u'il augmente graduellement de la superficie au centre. [Cet accroissement

3^48 OITIQUK.

i*égulicr de réfringence donne lieu à un résultat extu^mement curieux : la lenteur focale du cristallin est plus courte qu'elle ne le serait si toute la masse possédait rindice de réfraction du noyau. Si donc on voulait remplacer le cristallin par une lentille hoinotjene ayaut la mémo forme, les mêmes dimensions et la même disUince focale, il faudrait donner à cette lentille un indice de réfraction supérieur non -seulement à la moyenne arithmétique d<>s indices di» toutes les couches, mais encore à F indice de la couche la plus réfringente. Ku tenant compte de c<»tte particulariti'», | nous jwurrons toujours substituer au cristallin une lentille homogène {)roduisant le même effet optique. Enfm nous négligerons la )>etile différence qui existe entre la réfringence de Thumeur aqueuse (*t celle du corps vitré et nous assignerons à ces deux milieux le même indii-e de réfraction.

Les considérations qui précèdent jKîrmetteiit (je se représenter le système dioptrique de TumI cx)mnn» formé par un mili<Mi réfringent (humeur a^pieuse et humeur vitrée réunies) séparé de Pair par une surface sphérique (corné*»;, et ' dans rintérieur duquel est plongé une h^ntille biconvexe (crisUdlin), plus réfringente ({ue le milieu ambiant. Telh^ est la constitution de ce qu'on ap|N.*llc Vivil schêiimiique.

[Un pareil système doit évidenniuMit agir à la manière d'une lentille convergente, c'est-à-dire donner, comme dans la chaml)n» noire, des imag<*s riN'Ile?» (?t renvei^sées d(»s objets extérieurs. (Vest ce qu'on voit n priorij en suiv:iiil !•• tiiijet iKun niyon lumineux dans Fintérieur du système, à Iravei's h»s troi> mii — fac(?s réfi'ingenU's : rorienUition dtî ces surfaces et l'ordre suivant lequel se mu- cèdent les milieux réfringents, monlrent qui* chaque nouvelle réfnictiou ni|i ^ proche le niyon lumiiuMix i\v Taxe principal et (pie |wr suite le système prwl un effet converg^'ut. |

NtniB uvonR dit, § 15.V', fjiu*, d*nprèB h\ tlu'«>ri(* (!«• (raust*, tmit nystî'iin; <lioptn« *,,. Cifiitn', qiirlqiio Cf>inplir|iie qu'il stiit, p<Mit Atn* rrmplacr par un syntÎMin^ d« firjf^w'iitM eanlinaiw. ('\'»t Listinj^ <|ui, lo promior, a lait rap])Hcation de cotte thi'iirii» k lVt"*id' de ]h rofractitin dans l'œil. Il ent parti des doiiiiecH suivantes, qui ne s'oloipnent yw l)cauc«»up de8 moyennes expérimentales :

Kavon de courbure de la cornée ^*'"

d«' la iaee antérieure du cristallin 1 • i»"

'■ " d«' la face p«)stt'rieure du cristallin * *"*

Distance comprise entre deux surfaccB réfringentes c«»nsecutives **'"'

Indice d<' refraction de riiumeur aqueuse et de riiumeur vitrée „- " * •-*^*-

Indico de refraction du cristallin :.. 1 - "^

Appliquant alors le calcul, Listing a trouvé pour la ptisitiun des points cordiui Tceil schématiqut*, les valeurs suivantes :

l'reuiier jiuint principal -4- 2n"n,l74ti ^

.Second point principal -H i>nu»,r»7*-»4 i "•"^t**»*'*' '

"•••Mnier point nodal -H 7">n»,2-li*n ,

• -.dal H- 7«m fi30S y difTércnci-

Cet dîctancea iont ezprim^ea en millimètri?)! et comptJen h partir du Homniet de lii MrD^e ; les diatancEs prvcëd^es da signe + correspondent h des points situ^g en arrière de la eomëe ; le signe — su rapporte h un point p\ac6 en avant de cette surface réfVin- BMlle.

Les nombres pr^c^dents dous donnent :

Pour la longueur fof aie antérieure (distance du foyer antifrioar aa premier point printipal) . . , ■ 15,0072

Ponr \t lanceur focale jioilérieure (distance du foyer p oh le rieur au Becond point prineipal) 20,074G

On Toit que dons l'œil les deux longueurs focales sont inégales; ce résultat pouvait Ure prtfnj, car nons avons dit, § 165'', que le» longueurs focales /', et/, d'un système dinptriqao dana lequel les milieux transparents extrOmea n'ont pas le même indice de réfraction sont entre elle» dans le rapport de ces indices, c'cat-ii-dire qu'on a : '.' = '"" ,

Or, pour l'oeil, l'indice du premier milieu a pour valeur mi, = 1, puiaque ce premier milieu n'est autre que l'air; le dernier milieu, l'humeur vitrëe, a pour indice mn =^ Z ; donc le rapport "'° =; -' - . Tel est aussi le rapport de U- , ai'isi qu'on peut

t 15,0072 par 20,074fi. En nombres ronds, on a:/, — ^ /

l^ct positions des pointa cardïnauK, d'apri-a Listing, sont marquées sur la Fig. 181, ai représente l'ce!] schématique, h l'échollc de 2, 1. On v<iit en III et H> lea deux points rïmcipaux, en K. et K. les pointa nodaux, en F. et F. le» foyer» principaux.

FlR. IBl. — 0^1 Kh^mallquo [dniB. = X). — A. Snimncl dr In ronifc. — KC fleWrntliiUp. fk Cu»l do IMhlnnm. — Cil. CluiroTJr, - I. IriK. — M. MiiKie dUiiln. — K. RvUnr. -- >'. Nerf iiiiikiw. - IIA. Humeur ■nueiiiu'. ~ I.. t'rbiBlliu ()■ ilinif iwInllIliV

droit InUme. — VF.. MauU drott citcnie.

[•dIum prtni'lpui. — K<,K>. PoinU Doil.iui. — V;V -. l'oytn prlnrJpnui. CoBlInnIrt Jiuplri-piri iTapTrt '•îfaud-Truluii,

'A prJarlpuii fiuUtiiniSii- — O. C-iiMru Jfi hLmIlitude (pnliilH DctiUui fLwlon *,r F'iyen priDcipftui ixndiint 1c repon do rjtccnmmodAllon. — II', l'oint | ; *'é ct*'>, Faraim prtndptDi pemUnl l« mulaïuia d'ucmnmiidiUon.i

[La Fig. 181 est une rédaction au l/ô du dessin publie 'par M. Giraud-Teulon dans le Journal (Tanaiomie et de physiologie de Robin, 1868, n^ 2. Elle renferme, outre les puints cardinaux donnes par Listing, les constantes dioptriques calculdes par M. Giraud-Teulon ; Tauteur, remarquant avec raison que la longueur de l'axe de l'œil schëmatiquc de - Listing (22n^™,647) est un peu trop faible, a cherché des valeurs qui se rapprochassent .:a davantage des conditions optiques de Tœil normal; malheureusement il est parti d'une -^-v donnée expérimentale CRscnticUement inexacte, et il est ainsi arrivé à des résultats qu'oi ne saurait accepter; en effet, ce qu'il appelle le cefiitre de similitude y qu'il Identifie ave< le second point nodal, il le place en O, k 9"*™,30 en arrière de la cornée, c'est-à-dire^ derrière le centre de courbure de cette surface réfringente, ce qui est théoriquemen" impossible. Il trouve alors que les points principaux fusionnés (leur intervalle 0°*™,397fc "^7f pouvant être négligé) sont situés en II dans h cristallin à ^""^f>b de la cornée, et qu»> -^cjnt le foyer antérieur est en ^g à C™™,45 de la coniée. Le foyer postérieur <I>, tombe dan. la couche externe de la rétine.

Les considérations . qui précèdent étaient nécessaires pour connaître la va leur exacte de la réfraction oculaire et les limites des approximations permises-5=^ § mais en faire usage en pratique serait introduire dans les calculs une exacti^ ^j. tude illusoire, et, pour les besoins ordinaires, on peut parfaitement se coiar j^). tenter de Vœil réduit , dont il va être question dans le paragraphe suivant.]

180. Œil réduit. — Nous avons vu précédemment que le système dioptriqu-^vp-ue de l'œil peut êlre considéré comme constitué par une lentille biconvexe plonge — ée dans un milieu moins réfringent, ce milieu étant séparé de Tair atmosphériqi^B^ ue par une surface sphérique dont la convexité regarde l'extérieur. Le problèi^crme revient donc à rechercher successivement l'effet produit par une surface d'e^sr ntrée convexe (la cornée), séparant deux milieux inégalement réfringents (l'air et l'humeur aqueuse), puis par une lentille convergente (le cristallin) placée en^^BIn? deux milieux également réfringents (l'humeur aqueuse et le corps vitré). (- ^es questions nous sont connues ; elles ont été traitées dans les §§ 146 et 451 *•.

Cela posé, considérons d^abord Faction de la cornée seule et déterminons, par r -ipport à cette surface réfringente , le foyer conjugué d'un objet situé à une certaine c Iw-

tance en avant de l'œil ; cette première image servira ensuite d'objet .virtuel pons ie

cristallin, et donnera, relativement à cette lentille, un foyer conjugué qui sera rim^^Bge définitive de l'objet vu à travers tout le système dioptrique de l'œil.

Si nous appelons p la distance d'un objet P k la cornée, p" la distance de son fo» ^er conjugué V" dans le milieu situé de l'autre côté de cette surface réfringente, la :J^ormule (I) de la p. 287 nous donne la relation :

p P Iv

ou, en remplaçant R, le rayon de courbure de la surface réfringente, par sa valeur- ^^ fonction de la longueur focale postérieure /■ :

Négligeant alors la distance qui sépare la cornée du cristallin, ainsi que l'épais^ do cette lentille, nous prendrons — p" pour la distance de Tobjet au cristallin, et naurons, en vertu de la formule (III) du § 151*> :

p' désigne la distance du foyer conjugué do l'image P' , relativement h la lentille ' — ^^ï"*talline ; fx est la longueur focale du cristallin.

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