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CHAPITRE PREMIER

KLKCTKICITÉ STATIQUE. SOURCES d'ÉLECTIUCITÉ.

288. Développement de rélectricité par le frottement. Attraction et répnlnoi des corps électrisés. — L'électricité tire son. nom de l'ambre jaune ou succiu, en grec r^kvAz^ov. Les anciens avaient déjà remarqué que cette substance, frollée avec un morceau d'étoffe de laine, acquiert la propriété d'attirer les coip légers. La cire à cacheter, la résine, le verre , le soufre etc. se comportent comme le succin : tous ces corps, frottés avec une étoffe de soie, de laine ou avec une })eau de chat, de lapin, attirent les petits morceaux de papier Je*

petites balles de moelle de sureau qu'on leur présente. Une balle de sureau suspendue à un fil de soie constitue ce qu'on appelle un pendule électrique (Fig. 292); qna»l on approche de ce pendule un Iwton de résine ou de verre préalablement électrisé, la balle d(» sureau se portf sur l*' corps électrisé ; puis, dès que le contact a été établi . «^l^ est vivement repoussée. Approche-t-on un cc)i*ps niêlallique d'un bAton de résine ou de verre qu'on a éleiiri^ ^ ^^ l)ar d(»s frictions éuergi(jues, on voit une étincelle jaillir

entre les deux corps ; en même temps on entend un petï'

bruit de pétillement, et le bâton de verre ou de ivsine u'erf

])liis électrisé dans les points voisins de la tige mélallifi**-

Une balle de sureau à laquelle on a comniunicfué Télectncité d'un bàlon *^

verre électrisé par frott(»ment est repoussée par tout bâton de verre électrij«é <^

lu même manière; elle est, au contraire, attirée par un bâton de résine plui» ^^

veinent que si elle n'était pas électrisée.

On peut augmenter jusqu'à une certaine limite la quantité d'électricité fon»* nnuïicjuée à la balle de sureau , en frottant le Mton de verre à plusieiin» n' prises, et en lui faisant chaque fois toucher la balle; au contrain» , cette «l^**^* nière, mise en contact avec un bâton de résine électrisé, p(»rd iiislantaiM'wefl' son électricité. Ré(!iproquement , l'électricité obtenue jwr le frottement <l*' l* résine est neutralisée par Félectricité du verre.

Fig. J'.iJ.

Pcndulo éicctriqiiu.

ÊLECTHICITÊ STATlQUK. «OUUCES d'ÉLECTIUCITK. 547

2SS". Théories électriques : hjrpothèse des deux fluides ; hjrpothèse d'un seul lliiide. £lectricité positive et négative. — (Test à la suite de ces observations dues à racadcmicicn français Dufay , que plus tard Symmer a proposé l'hypo- Uièse des deux fluides électriques. L'électricité engendrée par le frottement du verre est dite positive; réleclricité contraire que donne la résine s'appelle négative. Ces dénominations signifient simplement que ces deux sortes d'électricités se détruisent comme des quantités aflectées de signes contraires en algèbre. C'est arbitrairement qu'on a considéré comme positive l'électricité vitrée ; car les deux électricités ne se distinguent, en général, que par leur action réciproque; elles suivent toutes les deux les mêmes lois, à peu d'exceptions près.

[I-res dénominations (ïélectricité positive et négative ont été imaginées par Franklin, qui n'admettait l'existence que d'un seul fluide. Les corps à l'état neutre contiennent d'après lui une certaine quantité de fluide électrique normal; les corps chargés d'électricité positive renferment un excédant de ce fluide; au contraire, les corps électrisés de la même manière que la résine en contiennent moins (jue la quantité normale. Cette théorie développée par yEpi- - DUS, à la fin du siècle dernier, al)andonnée d'abord à cause de certaines diflicultés qu'elle présentait, tend aujourd'hui à reprendre le dessus et à être préférée à la théorie de Symmer. Elle est plus simple et certainement elle permet, mieux que la théorie des deux fluides, de faire rentrer les phénomènes électriques dans le cercle général des mouvements de Téther.]

On admit dans le principe -que chaque espèce d'électricité était propre à certaines substances; c'est pour cela qu'on a appelé vitrée l'électricité positive, t^ésineuse l'électricité 7iégative. Des expériences plus exactes ont prouvé que la nature de l'électricité développée ne dépend pas seulement de la nature des cor|»8 frottés, mais aussi de celle <lu corps avec letiuel on les frotte. Une seule et même substance peut <lonc être électrisée positivement ou négativement.

Pour rechercher quelle est la nature de Kélectricité que possède un corps, <>ii m sert ordbiairement de l'électricité produite à l'aide d'un bâton de verre frolti} avec un morceau de peau ou d'étoile de laine pjéalableiuent enduit d'un *Hiial|raiii(» (le zinc et d'étain. L'électricité ainsi obtenue Cî^l positive ; l'éleclri- ^'itéde nature contraire est négative. Quand on électrise un corps par le frotte- 'ûent, le frottoir est également électrise, et son électricité est toujours <le nom contraire à celle du corps frotté. 'Ainsi la p(?au (jui sert à froitin* un bâton de Verre se charge d'électricité négative ; le morceau d'étoile de laine avec lequel ^électrise négativement un bâton de résine prend le fluide positif.

M^. Corps idio-électriques et anéleotriques. — Ou nommait autrefoin corps idio- ^^^ctriqueê touB ceux qui, tonus à la main et frottes ensembhî, prennent Tune ou Tautre ^«ctricît^; ceux qui, au contraire, no peuvent pas sV^lectriKcr dans ces conditions •^ent dits anéUctriques, Le verre, la rdsine, la cire, le soufre, le cuir, la gutta- P«rcli4 etc. sont îdio-ëlectriques; tous les mëtaux, le charbon, Teau et les substances in)bib<$es d'eau appartiennent k la Catégorie des corps an^îlectriques.

Au moyen de rcHectroscope, que nous ddcriron» plus loin (voy. § 290), on peut àé^ *<*iitrer que les actions les plus faibles suffisent k produire des traces d'olectricitë sur **» substances idio-electriques. Ainsi, deux oorps, même entièrement identiques, frottes ^'«n Contre Tautrc, s'ëlectrisent, l'un positivement, l'autre négativement. Si Ton coupe

5*8 DE l'électricité.

ou si fon briso en deux un corps idio-ëlectriquc , Tune des sections prend re'lectricitc positive, et Tautre la négative. Nous verrons tout à Theure que les corps anëlectrîqaes peuvent aussi sMlectriser par le frottement, quand on a soin de les isoler pour empêcher que rëlcctricitë ne se rëpande sur les corps environnants.

289. Corps conducteort et non conducteors de rélectricité. — Si Ton recouvre d'un vernis à la gomme-laque ou à la gutta -percha une baguette métallique dans la moitié de sa longueur et qu'on tienne à la main la partie vernie, pendant qu'on trotte l'autre moitié, le métal s'électrise faiblement ; mais l'électricité ainsi produite disparaît immédiatement, quand on touche avec la maiola partie non vernie. 11 faut conclure de là que, si on ne réussit pas dans les con- t ditions ordinaires à électriser les corps anélectriques , c'est que l'électricité développée se porte aussitôt sur les corps en contact avec les premiers. Mais toutes les substances ne sont pas également aptes à enlever ainsi l'électricité développée sur un corps anélectrique ; si, par exemple, au lieu de tenir cedc^ nier à la main, on le soutient à l'aide d'une substance idio -électrique, telle que de la cire, de la gomme-laque, du soufre..., le corps anélectrique consent l'électricité qui lui est communiquée par le frottement.

En outre, quand on frotte un bâton de résine ou de verre, les parties frottées sont les seules qui soient électrisées ; au contraire , une tige métallique traitée de la même manière se charge d'électricité dans toute son étendue, même dans les points non frottés. De tous ces faits nous concluons que les corps anélectriques, non-seulement sont plus .aptes que les idio-électriques à transmettre leur électricité aux corps environnants , mais encore qu'ils prennent plus facilement l'électricité des corps avec lesquels on les met en contact. Par ces motifs on appelle conducteurs de l'électricité les corps anélectriques , tandis que les idio -électriques sont dits isolants ou non conducteurs.

Les métaux occupent le premier rang parmi les bons conducteurs de l'^ei'tricité; immédiatement après eux viennent certaines variétés de carbone, le graphite entre autres, puis les acides et les dissolutions salines, enfin Teau et les tissus animaux et végétaux imbibés d'eau. Les huiles grasses, les huiles vih latiles, la porcelaine, le cuir, les plumes, les cheveux, la laine, la soie, le mica, le verre, la cire, le soufre, la résine etc. sont des corps isolants.

290. £lectro8Cope. — La propriété que possèdent les métaux de prendre laci* leinent aux autres corps leur électricité a été mise à profit pour reconnaître la

présence de faibles traces d*électricité. Dans ce but on se sert ordinairement de Vélectroscope à fettilles d'or. Cet appareil consiste en une cloche de verre (Fig. 293) dont le sommet e>t percé d'une ouverture fermée par un bouchon de liège que traverse un tube en verre renfermant dans son intérieur une lip? métallique. Cette tige est terminée à sa partie supérieiuv par un bouton niélalli(jue, et elle porte à sa partie inférieure deni feuilles d'or très-minces.

Mg. 203. Pour reconnaître si un corps est électrisé, on approche et

Kicctroscopc corps , par exemple un bâton de résine. ou de verre, du bouton * "^Bcnnctr* * de l'électroscope; l'électricité se répand très-rapidement sur la

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