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ÉLECTRO-MAGNÉTISME ET DIAMAGNÉTISME

341*. Lois et théorie de l'électro-inagnétisme. — D*après M. Muller, et contrairement aux conclusions de MM. Lenz et Jacobi, la force magnétisante d'un courant électrique ne serait pas tout à fait proportionnelle à T intensité de ce courant; elle augmenterait un peu plus lentement. D'autre part, si l'intensité du courant reste la même , la force de l'aimant croît avec l'épaisseur et la longueur du barreau de fer. Enfin le calcul , d'accord avec l'expérience, démontre que, pour obtenir le maximum d'effet d'un électro-aimant, la résistance de l'hélice magnétisante doit être égale à celle du reste du circuit, y compris la pile.

Quand on veut obtenir des effets extrêmement puissants, on emploie, au lieu d'un barreau de fer, un faisceau de fils de fer ; la force magnétique d'un faisceau ainsi composé est plus grande que celle d'un barreau unique de même épaisseur, car l'action magnétisante du courant atteint son maximum dans la couche superficielle de chaque barreau et diminue peu à peu vers l'intérieur.

L^aimautation par un courant électrique et les phénomènes qui s'y rattachent 8*expliqucnt très-simplement dans Thypothèse adoptëe plus haut (cf. § 330), et qui consiste a envisager les corps magnétiques comme composes d'une infinitd d'aimants ël($mentaires orientés dans toutes les directions, cette hypothèse étant d'ailleurs modifiée dans le sens des idées émises au chapitre précédent sur la nature du magnétisme. £n effet, tout courant électrique circulant autour d'un harreau de fer exerce une force directrice sur les solénoïdes élémentaires, car les courants parallèles et de même sens s'attirent, et par suite les solénoïdes moléculaires tendent tous u prendre une position telle que les courants circulaires qid les composent soient parallèles au courant extérieur; on d'autres termes, ce courant donne h tous les aimants élémentaires la même orientation qu*à un grand aimant. De \h découle immédiatement ce fait signalé plus haut, que la position des pôles dépend du sens du courant. Plus le courant devient intense, plus la force directrice qu'il exerce sur les solénoïdes moléculaires augmente, plus par conséquent l'aimantation est puissante. Toutefois il est facile de voir que l'effet produit ne saurait augmenter indéfiniment et qu'il doit y avoir une limite ti partir de laquelle l'aimantation reste stationnaire ; cette limite est atteinte quand tous les solénoïdes ont pris l'orientation déterminée par l'influence du courant.

[341''. Emploi du courant électrique pour découvrir la présence des corps étrangers métalliques au sein des tissus. Explorateur électrique de Trouvé. —

C'est à M. Favre (de Marseille) que revient Thonneur d'avoir le premier proposé l'emploi du courant électri(jue pour la recherche des corps étrangers métalliques lojçés dans la profondeui* des tissus et d'avoir invenlé un dispositif destiné à celte méthode d'investigation. S(î fondant sur Ténornie différence» de conductibilité électrique (jui existe entre les métaux et les substiuices solides ou liquides de l'organisme, M. Favre avait imaginé d'introduire dans la plaie à sonder deux stylets isolés l'un de l'autre et attachés aux rhéophores d'une pile; dans ces conditions, tant que la conmmnication entre les dcMix électrodes n'a lieu que par l'intermédiaire de conducteurs de la seconde classe, comme le sont les parties vivantes, os, muscles, tissu cellulaire, sang, lymphe etc., le courant ne passe pas, du moins ({uand il est peu énergicjue; au contraire, du moment (jue les extrémités des stylets rencontrent un corps métallique , le circuit se trouve complété et le courant s'établit; un galvanomètre inter|)osé sur le trajet du circuit indique par la déviation de l'aiguille aimantée le |)assage du courant. L'idée de M. Favre était excellente; mais le procédé qu'il employait laissait à désirer, sous le rapport de la confiance (pi'on |X)uvait avoir dans les

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indications fournies par l'appareil ; car, si la pile employée donne «n courant capable de décomposer les liquides organiques , ceux-ci deviennent assez boas conducteurs pour laisser circuler l'électricité, et l'aiguille du galvanomètre **st déviée , même en l'absence de tout corps métallique ; de là une cause d'erreur qui ôte presque toute valeur à ce procédé. D'autre part, un courant trop faible ne produit qu'une déviation peu probante , si , au lieu d'opérer dans le calme d'une salle d'hôpital , on veut aller à la recherche d'une balle ou d'un éclat d'obus dans le va-et-vient d'une ambulance de campagne. A ces causas d'incertitude et d'erreur se joignent les inconvénients qui résultent du maniement d'un instrument aussi délicat que le galvanomètre , lequel constitue avec la pile un attirail volumineux et embarrassant. Malgré ses défauts , le dispositif de M. Favre a réussi entre les mains de M. Nélaton, dans une circonstance célèbre où il s'agissait de savoir si la balle qui avait frappé le général GariLaldi était restée dans le pied du blessé.

La découverte de M. Favre a été suivie de diverses tentatives faites pour rendre plus pratique l'application de l'électricité à l'exploration des plaies par armes à feu.

M. RuhmkorlT a commencé par simplifier le galvanomètre et par en rêduin^ le volume en lui donnant les dimensions d'une boussole de poche; coinni»' électro-moteur, il a adopté une petite pile de Marié-Davy; enfin, il a rempLaé les stylets de M. Favre par deux fils de fer en;^agés dans une sonde d'ivoin* ♦•! isolés l'un de l'autre au moyen d'un mastic.

En Allemagne , M. Neudœrfer substituait à la pile voltaïque une pile thermoélectrique, qu'il disposait de manière à la faire servir en môme temps de multiplicateur; l'électro- moteur et le galvanomètre se trouvaient ainsi réunis en un seul instrument. En 1870, M. 0. Liebreich a imaginé un dispositif semblable au fond à celui de Ruhmkorfl*.

M. Kowàcs (de Pesth) a fait faire un progrès marqué à la méthode d'exploration qui nous occupe , en mettant à profit ce fait expérimental qu'un courant même assez énergique pour décomposer l'eau acidulée, ne peut trouver dans ce liquide un assez bon conducteur pour développer dans un électro-aimant une force magnétique capable de m(»ttre en mouvement un trembleur de Neef ou une sonnerie électri(iue. L'appareil d(î Kowàcs se compose d'une pile au sulfate de mercure et d'une sonnerie électri(jue comprenant un électn>-4ii niant en ftT à cheval et un timbre sur lequel frappe le marteau du trembleur; ces diverse^ pièces sont renfermées dans une boîte dont le volume et la disposition intérieure rappellent la machine volta-faradique de Gaifle (ancien nimlèle, voy. § 350iï). Une pince dont les deux branches isolées l'une de l'autn^ sont mise* en comnumication avec les pôles de la pile sert de sonde exploratrice; dès tju'uu corps métallique , balle de plomb ou autre projectile , se trouve saisi entre les mors de la pince, le courant passe et met en branle la sonnerie électrique. L'appareil tout récent de M. Kemperdick (1870) diffère tiès-peu de celui de Kowài-s.

ExPLORATEiHi ÉLECTRIQUE DE TROUVÉ. — L'appareil de Kowàc5 avait encor?

nconvénient d'être assez volumineux; celui que M. Tn>uvé a imaginé rti-ein-

ity et qu'il nomme explorateur électrique , réalise au plus haut dt^ré (<^

ÉLECTRO-MAGNÉTISME ET DIAHAGNÉTI8HE. fôl

conditions de simplicité, de facilité d'emploi et de portativité qu'on peut demander à un instrument destiné surtout à la cliirurgie militaire. M. Trouvé a coustruit son appareil sur le même principe <iue celui do Kowàcs, mais il a supprimé la sonnerie électrique, et le pas-sage du courant csL dénoncé par les vibrations du treinlileur, qui engendrent un bruit semblable au bourdonnc/nenl d'une grosse mouche.

La Fig. 364 représente l'explorateur électrique on grandeur naturelle. Deux stylfîLt formés de lils d'acier et entourés chacun d'une couche isolante de gutla* percha sont renferméw dans l'intérieur d'une sonde A , qjii ne laisse passer que

leurs deux puiiitiîs; ces pointes, très-fines, très-résistantes, pi'uvent traverser le» débri.-i de vêtement , los membranes ai» névrotique s ou la couche d'oxyde r{ui ntoTivreiil le pn)jectile, de manière à arriver au contact du métal conduc- Itmr. La s<mde est surmontée, en guise de tête, d'une petite boite cylindrique I) à faces de verre, qui contient un électru- aimant pn-sque microscopique muni d'un tii-mbleur ; sur les cùlés de la hoite se trouvent deux anneaux C C, auxquels on allache les rhéo|ilioi'es de la jH-tite pile au sulfate de mercure tjui fait piirlie di' la trousse èieciriiiiie de Trouvé (voy. § 350J, Fig, 382),

Pour se siu'vir de l'appareil, on commence {Kir introduiii' dans la plaie une petite canule munie de wm mandrin (Fijî. 3(35); quand on est arrivé sur le c<»rps qu'où .suppos»' être une Iwdle ou lui rragnient de pi-ojeitile , on retire le mandrin et on le rejiqilaie i>ar la sondi- électrique. A l'instant on les extréinitê.s des stylels renconlri-nt le i,orps étninger, si celui-ci est itiéLdllipie, le treinbleur se met à vibrer et le l>ourdunnement qu'il produit indique le jnis-sage du couraut et, jtir suite, la nature du corps touché.

On [nul, on outn-, se rensi'iKrii'r sur la nature du méLil dont est (ait le corps étranger, ou du moins nicnuiaitre si l'on a affaire à du plon)b, du cuivre ou du fer. Dans le c:is du plomb, les |>i)intes de la sonde exploratrice ))énètrent dans la masse inêlidlique , et les vibrations du tremhleur sont continues , r(-^lières; elles s*!nint, au contraire, sawïidées et discontinues si le corps étranger est du fer ou du cuivre , car la dureté de ces métaux cm[tëchi! les pointes de s'y lixer et celles-ci {glissent à b surface. Pour disUnguer le cuivre du fer, de l'acier ou de la fun'e , on approilie de ta plaie une iictite boussole très-sensible, saspeiidue à la Cardan, que M. Trouvé ajoute ù son explorateur êk-ctrique

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comme instrument complémentaire ; si Taiguille aimantée éprouve une délation , on en conclut que le projectile est en fer, ou en acier, ou en fonte.

Enfin, quand on a affaire à un corps non métallique, le trembleur reste immobile ; on retire alors la sonde exploratrice et on la remplace par une tarière, à l'aide de laquelle , par un mouvement de rotation , on détache et on ramène des parcelles emprisonnées dans le pas de vis et sur la nature desquelles on peut très-promptement se renseigner. Cette tarière permet en outre , dans m grand nombre de cas, d'extraire le corps étranger quand il a pu être attaqua par elle , comme, par exemple, lorsqu'il s'agit du bois et du plomb.]

[Blblloi^raplilo t P. A. Favre , Note sur une mëthode d^nvostigation chirargîcile nu moyeu du courant électrique (Comptes rendus de PAcad. des sciences y 1862, t.LV, p. 719). — Le même , Observations au sujet d*une note de M. Trouve , du 29 ifcuvembre 1869, sur un explorateur électrique (ibid., 1869, t. LXIX, p. 1227). — Xk- DŒRFEB, Die metallprûfende Sonde {Wîen. med. Balle, 1863, t. IV, p. 9). — Kowic*. Ëlektr. Glocken-Indikator mit Zange fiir Projectile (IFien. med. Wochenschrifi ^ 1860 t. XVI, p. 89; et dans : Handb. der all^/em. u. speciell. Chirurgie, de Pitha et BiUroth, t. I, 20 partie, 2® livraison, p. 261. Erlangen 1867). — Trouvé, Note sur un explorateur électrique {Comptes rendus de VAcad. des sciences^ 1869, t. LXIX, p. 1124: et Arad. de m^d., 6 juillet 1869). — Le même, Note en rtJponso K M. Favre, »ur U recherche des corps mëtalliquea au milieu des tissus (Comjttes rendus, 1869, t. LXIX. p. 1384). — L. Le Fort, Emploi de l'ëlectricite' pt>ur découvrir la présence de» corps étrangers métalliques enfoncés et perdus dans Tépaisseur des chain {Gûl hebdom, de méd. et de r/nV., 1869, p. 433). — 0**k. Liebreich {Berl, klin. Woehe»schrift, t, VII, p. 43). — Kemperdick (Deutsche KUnil- y 1870, p. 41).]

3i2. Diamagnétisme. Corps paramagnétiques et diamagnétiqnes. — On s*e$t demandé pendant longtemps si le fer et Tacier étaient les seuls corps qui, soiiipis à rinfluence d'aimant^ ou de courants électriques, fussent susceptibles, en raison de leurs propriétés moléculaires, d'être transformés en aimantas. Toit* les essais tentés pour produire dt\s phénomènes magnétiques dans lt*s corj^ autres que le fer et Tacier furent infructueux aussi longtemps qu'on n'eut pas trouvé dans la diVouverte de l'électro-m.ignétisme un moyen d'obtenir des aimants d'une puissance inconnue justpralors.

On nvonnut tout d'aboinl qu'il n'y a iprun i>elit nombre de corps qui partagent avec le for, mais à un moindre degré , la propriété d'être attirés j>ar l^^* IxMes d'un aimant ; ces corps magnétiques sont : le nickel , le cobalt , le platine, le manganèse, h» chrùme et quelques aulrt*s mét^iux rares.

La phqvirt des métaux et de^ métalloïdes , ainsi qu'un grand nombre de corps conqK>st'*s , manifestent une propriété précisément opposée : quand on le< approche d'un des jxMes d'un fort aimant, ils sont repoussés. On désigne u* phénomène de répulsion sous le nom de diamagnétisme : les substances qui possèdent cette propriété sont apjvlées corps dianmgnvtiqueSy tandis qu'tni désigne quelquefois sous le nom de paramagnètiques les corps magnétiques, c'est-à-dire ceux «pii sont attirables par Taimant.

Il est prolKible i|ue tous les coq>s sont à des degrés divers ou magnétiques W dîamagiiétiques , le nombre de ces derniers étant d'ailleurs Iteaucoup \An< considérable. D'après les exin^riences de Faraday, le bismuth, raiitimuii»»'. le « Veuille Tîirgenl, For e» d'autres métaux, ainsi que leurs oxydtvj et lour^

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