‹ Traité élémentaire de physique médicale (volume 2)Chapitre 182 sur 201 · ÉLECTRO-MAGNÉTISMK ET DIAMAGNÉTISME · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-MAGNÉTISMK ET DIAMAGNÉTISME

sels, la glace, le verre exempt de fer, le tissu musculaire, \-d graisse animale ^ le bois, Vivoire, le cuir etc., sont repoussés parles pôles d'un fort électro-aimant. La plupart des liquides, notamment l'eau, Talcool, Téther, les acides, les liquides animaux, tels que le sang et le lait, sont également diamagnétiques. Les solutions des métaux magnétiques ne manifestent de propriétés paramagnétiques que lorsqu'elles sont concentrées ; dans les solutions étendues, le diamagnétisme de l'eau prédomine. Parmi les gaz il n'y a que Foxygène et, par suite, l'air qui soient magnétiques; tous les autres gaz appartiennent à la catégorie des corps diamagnétiques.

342*. Manière d'obsenrer les phénomènes de diamagnétisme. — Faraday et Plùcker se sont servis, dans leurs recherches sur le diamagnétisme et le paramagnétisme des corps, d'un fort électro-aimant en for à cheval, semblable à celui delà fîg. 363, et dont les pôles, terminés en pointes, étaient munis de prismes de fer doux nommés pièces polaires. Le corps dont on voulait étudier les propriétés magnétiques était façonné en forme de barreau et suspendu par un fil de cocon , sans torsion , entre les deux pôles de l'aimant. Si le corps était paramagnétique , il prenait la direction axiale, c'est-à-<lire que l'axe longitudinal du barreau devenait parallèle à la ligne des pôles de l'aimant; s'il était diamagnétique , il prenait la direction équatoriale, c'est-à-dire qu'il se plaçait perpendiculairement à la ligne des j)ôle.«. Faraday renfermait dans des tubes de verre les liquides qu'il voulait essayer et les suspendait de la même manière que les barreaux solides. Quant aux gaz , il en dirigeait un jet entre les deux i)ôles de l'électro-aimant, et la veine fluide s'élargissait dans la direction axiale ou équatoriale, selon que le gaz était magnétique ou diamagnétique. Faraday rendait visibles les gaz incolores en y mêlant des vapeurs d'acide chlorhydrique.

343. Explication du diamagnétisme. — Non -seulement le fer, mais encore les autres corps magnétiques, doivent être regardés comme composés d'une infinité d'aimants on de solénoïdes moléculaires qui se polarisent sous l'influence d'un courant électrique. Or, puisijue deux aimants se repoussent quand leurs pôles de même nom se regardent, on est porté à attribuer aussi la répulsion diamagnétique au développement d'un état polaire, mais tel (pie le pôle qui prendrait naissance dans la partie? du corps diamagiiéti([ue placée en regard de raimant serait de môme nom. Un fait semble confirmer la justesse de cette conception, c'est que les corps diamagnétiques soumis à l'influence d'un aimant très-puissant acquièrent la propriété d'exercer sur les pôles magnétiques une action attractive ou répulsive. Si, par exemple, on met un barreau de bismuth dans le voisinage du pôle d'un fort aimant, l'action de ce pôle est renforcée, parce qu'il se forme un pôle de même nom dans l'extrémité du barreau la plus rapprochée de l'aimant. W. VVeber a montré, en outre, que les .substances diamagnétiques placées dans l'intérieur d'une hélice magnétisante prennent, comme le fer, deux pôles (jui agissent sur l'aiguille aimantée, mais que ces pôles occupent, par rapport au courant, une position invei*se de celle qui s'observe dans un corps magnétique.

D^aprëfl la maniëro dont les corps diamagnëtiques se comportent en présence des limants et des courants ëlectriqucs, nous devons admettre qa*il se développe an^si dm» ces corps dos courants moléculaires , mais dont le sens est inverse de celui des coorviti qui prennent naissance dans les substances magnétiques. Cette hypothèse se truuvc.il Ht .vrai, en contradiction avec les lois électro-dynamiques que nous avons fait connaître, lois on vertu desquelles Taction d^un courant extérieur déterminant raimaiitation J'ooe substance paramagnétiquo consisterait à orienter tous les courants moléculaires de li même manière et de telle sorte que leur partie la plus rapprochée du euurant ma;nirtisant marche dans le même sens. Mais nous verrous dans le chapitre suivant, en étudiant les phénomènes d'induction galvanique , qu'un courant électrique peut influence: un circuit métallique lors même qu'il ne préexiste pas de courant dans ce deniier. \«.>u$ montrerons, eu effet, qu'à l'instant où l'on approche un courant d'un circuit ferme, il se produit aussitôt dans ce dernier un courant de sens contraire. Si donc, dans li-s c«>n<iQCteurs diamagnétiques comme dans les paramagnétiques, les courants moléculaires engendrés par l'approche d'un courant extérieur ou du pôle d'un aimant n'ont à vaincrt qu'une résistance infiniment faible, ils persistent jusqu'à ce qu'une force cxtérieore vienne les détruire; c'est ce qui arrive, par exemple, quand on éloigne le courant inducteur ou l'aimant. Car un courant qui s'éloigne produit, comme on le verra aussi dan« le chapitre suivant, un courant dirigé dans le même sens que lui. Des considération^i pn-cédentes nous concluons que ce qui constitue la différence entre les corps paramagnétiques et diamagnétiques, c'est que dans les premiers il y a constamment des courants moléculaires qui circulent en tous sens, et qui, sous l'influence d'un courant extéritor, sont polarisés conformément à la loi fondamentale de rélectro-dynainique, tandis «jur dans les substances diamagnétiques des courants moléculaires prennent naissance «n moment où l'on npproshe un courant ('xtérî<'ur assez puissant, et ces courants, en;;endrés en vertu des lois de l'induction, ne peuvent pas modifier le sens de leur marche.

343*. Magnétisme des cristaux. — En employant la méthode d'expérimentation décrite § 342*, Faraday et Plûcker ont reconnu que tous les cristaux qui n'appartiennent pas au système régulier manifestent des propriétés magnétiques dont l'intensité un U nature varient suivant la position des axes cristallographiques par rapport aux pôles drr l'aimant. La plupart des cristaux h un axe optique éprouvent une attraction ou nne repulsion plus forte dans le sens de leur axe ])rincipal que dans toute autre direction : un certain nombre sont attirés suivant leur axe principal et repoussés dans les autres ^ri;> ou réciproquement. Le bois se comporte, d'après Tyndall, comme les cristaux ù »;n axe : c'est toujours dans le sens de ses fibres qu'il éprouve la répulsion la plus forte. Dans les cristaux à deux axes optiques, on reconnaît également l'existence de deux ai-^ magnétiques.

343*>. Déviation du plan de polarisation de la lumière sous l'inflaence des aimants et des courants électriques. — Les phénomènes niagi)éti((uo^ 4li'< métaux nous montrent qu'il existe une relation entre les propriétés uuifrnétiqufet la structure moléculaire des corps. Cette relation apparaît aussi diuis d'jii- Ires pliénomènes découverts par Faraday, étudiés ensuite par Véniel i-t jur M. Berlin, sous le nom (h^ polarisation rotatoire mafjnétique ^ sans toutol««iqu'on en ait donné jusqu'ici une explication suffisamment cerl^iine.

Faraday a constaté (pie si Ton plac« im corps transpan»nt et is<»lr»p entre les deux i)ôles d'un fort électro-aimant , et que l'on fasst» |Kiss*^r à travers ce corps un rayon lumineux i>olarisé, le plan de jH)larisati4»n de 1.» lumière subit une déviation (jui a toujours lieu dans le sens même s'ii\;iia lequel marche le courant dans l'hélice ma^aiétisant<'. On p<Mit obtenir le inèim' effet en pb^ant directement le corps transparent dans Tintérieur d'un<- héli.»

INDUCTION. o55

parcourue par le courant de la pile. La grandeur de la déviation dépend de l'intensité du courant, et aussi à un haut degré de la nature du milieu transparent. Il suit de là que , pour produire la rotation du plan de polarisation de la lumière , le courant n'agit pas seulement sur les atomes de rétlici- en vibration , mais encore sur les molécules de la matière pondérable qui constitue le milieu transparent.

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