‹ Traité élémentaire de physique médicale (volume 2)Chapitre 30 sur 201 · CONSTITUTION ET ÉTATS D* AGRÉGATION DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION ET ÉTATS D* AGRÉGATION DE LA MATIÈRE

Heures qui tendent à les déformer ; cette propriété est celle qu'on appelle VêUisticité. Quand nous voyons un corps ne céder qu'avec effort à l'action d'une force extérieure qui tend à le dilater, puis reprendre son volume primitif aussitôt que cette force cesse d'agir, nous attribuons ce phénomène à la présence dans l'intérieur du corps de forces attractives; voyons-nous, d'autre part , le corps résister à l'action d'une force comprimante tendant à en diminuer le volume , nous en concluons à l'existence de forces répulsives intérieittes qui entrent en activité à partir du moment où les particules matérielles commencent à se rapprocher les unes des autres au delà de la limite naturelle de leur écartement; nous regardons comme étant la distance naturelle des particules matérielles celle qui correspond à l'état d'équilibre des forces attrao lives et répulsives.

On a donné le nom d'atomes à ces dernières particules de la matière , qui senent de support aux forces. Il ne faudrait cependant pas prendre à la lettre * le terme d'atoines et regarder ces parties élémentaires comme insécables d'une manière absolue ; dire que la matière se compose d'atomes signifie simplement que chaque corps est formé par la réunion d'un très-grand nombre de centres de forces distincts , chacun de ces centres élémentaires , considéré isolément, représentant quelque chose d'analogue au centre de forces unique , dont le corps tout entier joue le rôle à l'égard des autres corps. On est donc libre de penser que les atomes eux-mêmes sont divisibles à l'infini; bien plus, on est contraint de reconnaître que, même physiquement parlant, tel élément matériel, regardé comme le dernier terme de la division à l'égard d'un certain ordre de phénomènes , doit être à son tour décomposé en unités encore plus petites, lorsqu'on vient à considérer d'autres phénomènes. En un mot, les atomes ne représentent pas les éléments dans lesquels on peut diviser la matière , mais ceux dans les([uels on est ohligé de la partager pour se conformer auxfkits.

[NoQB ne saurions laisser passer ces idëos de Tautcur sur la constitution de la matiëro uu les faire suivre de quelques réflexions destinées, jusqu'à un certain point, à leur icrrir de correctif. Définir Tatomc un centre de forces, c'est, en quelque sorte, suppri- Bcr la matière et réduire la physique à un dynamisme purement virtuel. Mais, dans Tétat actuel de la science, Tesprit a de la peine à concevoir une force indépendante do U matière, alors que Texpression da force n'est, en définitive, qu'une fonne de langage destinée à représenter le fait d'un mouvement, ou, plus exactement , d'une oommunication de mouyement; or, pour qu'il y ait mouvement, il faut de toute nécessité que ^elque chose se meuve, et ce quelque chose qui change de place est ce que nous appelons la matière, 8ans doute, nous ignorons quelle est la nature même de la matière ; BuQS ne pouvons nous en faire aucune idée; mais elle est caractérisée par ses deux propriétés essentielles, l'étendue et l'impénétrabilité. La notion de la force est liée à Celle de la matière et lui est subordonnée.

Noos ne pouvons pas davantage admettre que l'atome Roit lui-même divisible; ce M'ait on non-sens. Nous appelons précisément atome cette dernière partie de la matière HQÎ ne peut pins être divisée, bien que l'esprit conçoive une divisibilité qui n'a pas do haute. Or l'atome ainsi défini existe de fait: les lois qui régissent les combinaisons eUmiqaes nous obligent à rejeter l'hypothèse d'une diviHibilité illimitée de la matière, ^iins doute, il est des circonstances où un groupe d'atomes peut jouer le rôle de particale élémentairo simple à l'égard d'un certain ordre de faits; tel est précisément le cas ^ phénomènes qui sont du ressort de la physique ; mais , pour éviter la ccnfiifiion de

Ijuigago dans UqacUo semble être tombe rautcor, nous appelons molécule !o groupe d^atomes on question, donnant ainsi à entendre que, si la molécule matërioUe forme un tout dont les atomes constituants restent unis aussi longtemps que leur activité se renferme dans les limites des phénomènes physiques, elle n*cn est pas moins composée de parties plus simples et insécables, qui peuvent être séparées les unes des antres sous Tinfluence des forces chimiques.]

En admettaiil que les atomes ne sont autiv chost; que les véhicules des forces attractives ou répulsives manifestées par les corps , il est assurément difficile d'imaginer que ce soient les mêmes parties matérielles qui s'attirent et se repoussent à la fois. On élude cette difficulté |)ar l'introduction d'une hypothèse qui s'appuie sur des phénomènes d'un autre ordre : on admet ({ue les corps renferment deux catégories d'atomes intimement mêlés ensemble, les uns doués de force attractive, les autres de force répulsive; les premiers sont les atomes de matière dite pondérable y parce qu'ils donnent aux coqis dans la * composition desquels ils entrent la propriété de tomber vers la teri*e, et, par consé(iuent , d'avoir du poids ; les atomes qui possèdent la force répulsive sont ap^x^lés atomes de matière impondérable , ou encore atomes éihérés , puisque la matière impondérable a reçu le nom d'étUer.

L'étude de la lumière nous oblige à admettre que l'éther est formé, comme la matière pondérable , de particules séparées , et ce sont les mouvements de ces atomes de matière impondéral)le qui donnent naissance aux phénomènes lumineux , et en partie aux phénomènes calorifiques. Quant aux phénomènes électiiques et magnétiques , on les attribue à une autre matière ou même à deux autres matières impondérables, qu'on appelle fluides éleciviques y et qu'on |)eut supposer remplir tout l'espace sans discontinuité , puisque jusqu'à présent il n'a été découvert encore aucun fait qui nous contraigne à diviser la matière électrique en atomes ; admettons donc ({ue les fluides électriffues oo cu|Hmt tout l'espace que laissent entre eux les atomes de la matièiv pondérable et ceux de l'étlier. Mais on arrivera peut-être pai* la suite à démontrer qu'il n'e»t pas nécessaire d'imaginer , pour les phénomènes électriques , l'existence d'une substance particulière dilléreute de Téther et de la matière {Mindénible.

[On sait, et on le verra en son lieu, qu'il a été déjà fait justice du fluide magnétique. Il est pennis d'espérer que l'hypotlièse des fluides électriques ne tanlera pas non plus à disparaître de la science.]

14^. Forces attractives et répulsives de la matière. — L'observation tend à prouver que l'éther, ainsi que les fluides électriques, sont toujours unis à la matière pondérable , ou , du moins , qu'ils s'accumulent en grande quantité dans Tiolérieur de cette matière. De là, [semble - t-il, | la nécessité de douer la matière pondénd)le de la propriété d'attirer la matière im|x>ndéral)le. En co qui coucerne |>articulièi*ement les rapports de l'éther avec les atomes iK)ndérablos , on doit admettre que chacun de ceux-ci, en vertu de l'attraction qu'il exerce sur l'étlier, se trouve entouré d'une envelop^K? d'atomes éthérés; la densité de celle enveloppe va en décnûssant de l'intérieur à Textérieur, puis4{ue les atomes éthérés se repoussent mutuellement.

Les forces répulsives des atonies de l'étlier S4>nt des forces exclusivement moléculaires, c'est-à-ilire n'agissant pas à de gnindes dist;uices. On admet que llutensité de ces forces, très-considérable de près, décroit si rapid^nent

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