CONSTITUTION ET ÉTATS D' AGRÉGATION DE LA MATIÈRE
quand la distance augmente, qu'elle devient insensible pour peu que Técartetement des atomes soit appréciable.
Les forces attractives des atomes pondérables se font , au contraire , sentir, non-seulement de près , mais encore de loin [à moins qu'il ne soit question de raffinité chimique]: tout corps, agissant comme masse pondérable, attire les autres corps avec une intensité qui est en raison inverse du carré de la distance. Les mouvements des corps célestes représentent, sur une grande échelle, des exemples de ces actions à distance des corps pondérables; nous avons journellement sous les yeux des exemples du même genre dans la chute des corps à la surface de la terre; le poids môme d'un corps n'est que le résultat de l'attraction réciproque qui s'exerce à distance entre le globe terrestre et le corps considéré.
Noos arons déjh dit (§ 9) qno la force avec laquelle abattirent mutaellement deux Bisses m et m\ distantes Tune do Tautre de la longueur d^ est reprësentëo par Tex-
pression: f = 9 — ^ — . Les observationR astronomiques ont depuis long^empâ eonfinn^;
pour les mouTements planétaires , Toxactitudo de cotte formule généralo de la gravitation; Cavendish a montre qu^elle est aussi applicable aux corps situes à la surface de U terre; car D a constate qu^uno grande masse do plomb attire une petite sphbre mëtalliqnc , et il a rendu visible reffot de cette attraction par le mouvement d^un levier tn»«enflîble, h Textrëmité duquel ëtait iixëo la petite sphère.
il*. Tendance des idées modernes sur la constitution de la matiôre. — Quand on étudie rhlstuire de la physique, il est un fait qu^on ne saurait méconnaître : à mesure que les notions sur la constitution de la matiëro ont acquis plus do certitude, oUes ont constumneot marche vers la simplification. Autrefois la lumière et la chaleur étaient attribuées chacune à une matière impondérable particulière ; on se représentait la substance lumieasc comme formée de particules subtiles qui se mouvraient en ligne drcnte dans le MUS de la propagation de la lumière: [tel était le système de Vémùsion], La substance calorifique, [désignée sous le nom de calorique^ était censée former un milieu continu qm s*accumulerait en quantité plus ou moins grande dans Tintérieur des corps. On regardait de même le magnétisme comme dû h un fluide impondérable différent du fluide âectrique. Depuis lors, il a été démontré que la lumière et la chaleur ne sont pas dos mbstances, mais que ce sont des mouvements, et il n^y a aucun fait qui permette d*attribuer les mouvements lumineux et calorifiques k deux substrata différents, tandis qu^il y a beaucoup de raisons qui militent on faveur de Tidcntité do la matière dont les Bfimremcnts donnent naissance h la lumière et à la chaleur; en outre, les phénomènes magnétiques ont pu être rapportés aux phénomènes électriques. En prestance do pareils lésûltats, on est fortement tenté de n^admottro, à côté de la matière pondérable, qu'une leole espèce de matière impondérable, et de ramener aussi les phénomène!^ électriques à des mouvements de ce fluide unique; il n^y aurait ainsi dans Funivcrs que deux matures, lesquelles correspondraient aux deux seuls genres do force qu*on puisse imaginer, la force d^attraction et celle do répulsion.
[Pour compléter ces idées sur la constitution de la matière et sur les forces qui la solficitent, il nous reste une dernière remarque à faire : quand on parle de forces attractif es et répulsives , on exprime simplement le fait du déplacement relatif des corps, déplacement qui, selon le sens de sa direction, a pour effet de rapprocher ou d^éloigner d*nix corps Tun de Tautre ; ces corps semblent ainsi s^attirer ou se repousser. Mais il ar faurait être question de regarder cette attraction ou cette répulsion conmio le ré- «idtat de forces secrètes inhérentes h la matière elle-même; car, on Ta vu, la matière est inerte et ne peut pas se mettre spontanément en mouvement.
«On fait nne pure fiction géométrique, dit M. Saigey, quand on suppose que deux
ttt MÉTfOirfcf ES Et Ufï» pmrsiQUEs en général.
** m/f\Â0snUA «|fiM«fit ffin^ mtr V^nirr, k dkUiiee. En réalité , nous ne eomuÛMODs qiie M /!#;« «Miz/n* t\m tfid H^ïn ftq c/intACt par la conummication da monreinent. Entre >* !«!• mfMjtmXf.n H^ ifftnrmi Xfrn niom^M éÛiérAn ; des nna aax antres les chocs se trans- «^ f«Mrit«fit ; la matière demeure inerte et ne fait que se nonToir du côt^ où elle est
Ainsi done la matS«;re nV.ntre en monvcmcnt qne qnand elle est poussée, et ne perd smi mtin^timtni qrjVn le eommnniqnant ; la caosc d*nn moarement, c*est nn antre mon* vement { telle r;«t la mani^re dont nous concevons la notion de la force.
f^es atomes de la matUire Impondffrablc, comme ceux de la matière pondérable, sont dans nn état de motirement continuel ; il en résulte des chocs qui se transmettent de moléenle k moléctiln et qni propap^cnt ainsi le mouvement dans un sens ou dans Vautre.
La ehalenr, la lumière, Télectricité , le magnétisme, la gravité, la cohésion, Taffiaité elilmlqiin, en un mot toutes les forces attractives ou répulsives se résolvent pour nous dans ridée de motivr.ment. A Toccasion de la pesanteur (cf. liv. Il, § 44), nous montrerons comment la gravité peut s*ezpliquor dans cette nouvelle manière d'envisager let fore4Ni naturelles.)
OnolqiM' l»l(Mi fon«l^o que Roit, an point de vue philosophique , cette conception i^1nllv(^ A ToHAonro de la mati^ïre, toutes les tentatives faites jusqu'à présent pour Tintroduin» «lann le domaine de la physique ont été prématurées.
15. fitâti da la matièra. — La matière se présente sous différents états , qu'on nppi'llo Main d'nffrâfjationj parce qu'on les attribue à la manière dont les partiniIoA élémentaires, atomes pondérables et impondérables, sont a^rrégées nntro elloH |>onr former les corps. Tout corps est un a^çrégat d'atomes ; les différonr^s cnpilales cpii distingtient les corps, au point de vue de leur état physique , doivent donc dépendre des positions des atomes [ou plutôt des molérulea ,1 les uns par rapport aux autres , et de leurs mouvements relatifs.
I^> carncfèn» essentit»l de l'état solide consiste en ce que la matière qui ae trouve A cet état, constitue un tout cohérent, possédant une forme déterminée et tndéptMuInnte dt» celh» de l'espace dans lequel on renferme le corps. Il fant employer unr force asseï considérable , en çfénéral , pour modifier notablement la forme «Kun solide ; il faut une force bien plus (rrande encore ponr vaillent la cohésion d*un juireil corps ; nous conclurons de là que les atomes |M\n<lérables d«*s corps solidt>s exercent les uns sur les autres une force d'attraction (|ui ronq^orte stu* la répulsion mutuelle des atomes élhérés. pi im- |¥>rte toutefois de rt»man]uer «pie cette pnSlominance de la force attractive sur la répulsive n*a recollement lieu que quand une force étranj;ére tend à augmenter IWaHtMuent des nu>UVulei» matérielUnii : lorsqu'au contraire celles-ci sont AoHicitét^ à st* rappnvher les unes dt*s autn*s , la force répulsive remporte sur la fi*r\*e attractive et résiste au rappnx'hement : aussi lon^t^mps que le corps u\yil skuuuis à l\vtion d'aucune foiw étnmjrért*. il y a équilibre entre la force atlnuiixe et la fonv iV^pidsive; s'il n\^i éUiit j^s ainsi, et si les forces atlmcti\«« lVm|HMiauHU ttH^jours, un cor^^s soiiiie diminuerait indéfiniment de \\4un>e. ]
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