‹ Traité élémentaire de physique médicale (volume 2)Chapitre 37 sur 201 · PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORP« SOLIDES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES CORP« SOLIDES

45. Cobétioii. Ténacité. — Les deux propriétés essentielles des corps solides «ont la cohésion et Y élasticité. C'est, comme nous l'avons dit en parlant des diflen^nts états de la matière (§ 15), à leur cohésion considérable que les ^ides doivent de constituer des touts compactes et résistants d'une forme déterminée ; c'est cette même forte de cohésion qui rend nécessaire l'intervention d'efforts extérieurs plus ou moins intenses pour désunir les éléments c(m«titutifs d'un corps solide ou même pour le déformer. L'élasticité est une propriété connexe de la précédente ; elle consiste dans la tendance que possède Qn corps à réagir contre toute cause extérieure de déformation , tendance en vertu de laquelle ce corps reprend sa forme primitive aussitôt qu'il est sous- Indl à l'action de la force qui l'a déformé , l'effort développé par l'élasticité ^t opposé et égal en intensité à la cause déformatrice.

La grandeur minima de l'effort nécessaire pour déterminer la rupture d'un wpg, c'est-à-dire la séparation de ses molécules, sert de mesure à la force <1q cohésion, ou, comme on dit aussi, à la ténacité. Par ce terme de ténacité^ il faut entendre la limite de la résistance qu'un corps oppose à sa rupture. On <H«tingue autant de variétés de résistance à la rupture qu'il y a de moyens différents de détruire la continuité d'un corps. Nous avons ainsi la ténacité a&- ^ve, c'est-à-dire la résistance à la rupture par traction ; la ténacité relative^ «I résistance à la rupture par flexion; la dureté, ou résistance à l'écrasement. [On peut encore distinjoier la résistance à la torsion et, avec M. Vicat, la rwtonce fran«t?crsc, c'est-à-dire la résistance qu'oppose un corps à l'ac- ^ d'une force ajnssant dans le plan même de la section suivant laquelle doit ^ faire la séparation, de manière que les surfaces qui se séparent glissent Tune sur l'autre.]

Ces différentes espèces de résistance sont loin de suivre les mêmes lois. Le ^^rre, par exemple, pos.sède une résistance absolue de beaucoup supérieure à celle du caoutchouc ; il résiste , au contraire , bien moins que ce dernier corps

à la rupture par flexion et par compression. La ténacité absolue sert ordinai rcment de mesure à la force de cohésion; et, comme la réaistance qu'ui corps étiré dans le sens de sa longueur oppose à la rupture est proportion nelle à la section du corps, on prend, pour exprimer Tintensité de la cohé sion , le poids capable d'amener la rupture sous une section de 1 millimèjtr carré ; [c'est là ce qu'on peut appeler le coefficient de ténacité absolue ou d cohésion.] La force de cohésion ainsi déterminée varie considérablement d'oi corps à l'autre : tandis qu'elle est de près de 84 kilogr. pour l'acier Ibndi étiré , elle n'a qu'une valeur de 2 kilojçr. pour le plomb étiré. Parmi les ussu du corps humain , les os et les tendons présentent la cohésion la plus forte les muscles ont une ténacité bien moindre.

[Nous donnons ici les moyennes des résultats obtenus par M. Wertheim* pour la cohésion des principaux tissus de l'orjçanisme humain :

Os. ... . 8k,000 Veines . . . 0^,485

Tendons. . . 6,250 Artères . . . 0,437

Nerfs. . . . 4,354 Muscles . . . 0,045

Ces nombres représentent en kilogrammes la force de cohésion des tissus à l'état frais. Il ressort des expériences de M. Wertheim que la cohésion diminue avec l'ûge ; elle a été trouvée , par exemple, de 45,03 pour le péroné d'un homme de 30 ans , et de 4,335 pour le même os d'un homme de 74 ans ; le muscle couturier possédait une ténacité de 0,070 chez un enfant de 4 an , ei n'a donné que 0,047 chez un homme de 74 ans, La dessiccation au^entecon« sidérablement la ténacité des tissus.

Galilée a découvert qu'une barre creuse résiste mieux à la rupture par flexion qu'une barre massive de même substance, dont l'aire de la section droite serait la même. Cette difiérence de résistance relative se conçoit facilement; car le diamètre extérieur étant plus grand pour la barre creuse, le bras de levier auquel est appliquée une partie de la résistance est aussi plus long. Il y a toutefois à l'accroissement du diamètre extérieur une limite tu delà de laquelle la résistance de la barre diminue de nouveau ; car, si les parois du tube formé deviennent trop minces, elles tendent à fléchir et à se plisser. M. Girard a calculé que le maximum de résistance d'un cylindre creux a lieu quand le rayon extérieur et le rayon intérieur sont entre eux, à très-peu près, dans le rapport de 44 à 5. Il n'est pas besoin de faire remarquer qu'une barre, présentant dans son intérieur une série d'évidements longitudinaux, oflre , au point de vue de sa résistance relative , les mêmes avantages qu'un tube creux. Nous voyons qu'on peut ainsi accroître la résistance relative d'un corps, sans en augmenter le poids, ou, inversement, diminuer le poids sam affaiblir la résistance.

Nous trouvons dans la nature de nombreux exemples de cette disposition» qui permet de joindre la légèreté à la résistance : les tiges de certaines plantei, les plumes des oiseaux, les os longs des animaux sont des tubes creux; te plupart des autres pièces du squelette présentent aussi une disposition doi-

1 O. WERTfTKllf. Mëmoire lur rëUatielt^ et U eolM^glon des principanx tinns dn corps Immaln [At»- ^ ehhm. et de phpe. [S] , XXI , p. 385 , n47).

Page 1