PRÉFACE DE L'AUTEUR
De nos jours la physique ne constitue pas seulement Tindispensable préliminaire d'une étude approfondie de la physiologie ; elle a reçu , en outre , dans la médecine pratique une foule d'applications des plus fécondes, dont le nombre augmente encore sans cesse. Tout l'ensemble du diagnostic et de la thérapeutique physiques, dont la création est presque entièrement l'œuvre de la ^nération actuelle , repose d'une part sur la connaissance de phénomènes •iu ressort de physique, de l'autre sur l'emploi des ressources que cette science met à notre disposition. C'est à cet essor que la }ihysxque médicale doit de s'être élevée au rang de nouvelle branche des sciences appliquées.
H y a doux manières d'écrire un traité de physique médicale. On peut supfjjier connue la physique générale et ne s'occuper que de ses applications à la mé<lmne; dans ce cas, le plan et la division de l'ouvrage doivent être empnmtjîs, aux différentes branches de l'art de guérir. Ou bien on cherche à h fois à exposer les lois physiques et à développer plus spécialement leurs îpi>liGilions médicales; c'est alors à la physique pure qu'il faut demander le plan et la méthode d'exposition. Un iraitù de phymque médicale écrit à ce dernier point de vue se distinguera des autres ouvrages de physique en ce '(u'il ye,rd approprié aux besoins spéciaux du médecin ; les questions qui im- [xjrteut le plus à la i)hysiologie et à la médecine y seront étudiées de préfér»-[ir»' ; quant aux autres parties de la physi(jue , on se bornera à en faire coniiaitn* ce qui pai-aîtra nécessaire |>our donner au lecteur une vue d'ensemble 'l** la science.
Jiis<|u'ii présent, c'est, autiuit que je sache, surtout la première de ces voies '|ui a été suivie. Sans compter Testimable livre d'Adolphe Fick, auquel revient I*? mérite d'avoir traité, pour la première fois, la physique médicale comme nne science distincte, nous possédons, dans cette même direction, un grand noinlire de travaux isolés sur le diagnostic phYsi({ue, l'électro-thérapie, la tliwjrie et la pratique du microscope etc.
X PRÉFACE DE L'aUTEITR.
l/aiitjoiir du présont ouvrage a donné la préfcronco à la seconde voie. Quant h la (|ue5rtion do savoir si cette manière d'exposer la physique médicale a do Tutilité et si elle se justifie par la nature même du sujet, c'est au livre d'y répondre. I^ plan en a été conçu depuis longtemps , l'auteur l'a mûri surtout pendant qu'il travaillait à son Traité de physiologie ; c'est alors qu'il s'est convaincu de plus en plus de la nécessité d'appuyer l'élude de la physiologie sur celle de la physique et d'accorder à cette dernière science une importance fondamentale.
Restait à tracer les limites dans lesquelles devait se renfermer l'ouvrage. Du cAlé de la physique pure, l'auteur a cm devoir élaguer tout ce qui n'éUiit pas directement applicable à la médecine pratique ou nécessaire pour l'intelligence des phénomènes de la vie et des appareils médicaux ; du côté des applications, il a jugé convenable de se restreindre aussi et de ne pas sortir du point de vue purement physique des questions, les développements plus amples revenant de droit aux branches correspondantes de la médecine et de la physiologie. Si le lecteur trouvait que dans l'une ou l'autre direction on est resté en deçïi «le ses désirs, ou cju'on est allé trop loin, je le prierais de considérer combien il est difficile de garder une juste mesure dans un terrain à peine délimité.
Depuis longtemps j'ai acquis la conviction qu'il y a une disproportion par trop cxmsidérable entre les connaissances de nos mé<lecins en physique et ce que la science est en droit d'exiger d'eux ; je crois me trouver dans le vrai en imputant un état de choses aussi filcheux en grande partie au mode défectueux suivi dans l'enseignement de la physique ; cet enseignement, tel «pi'il se produit dans nos cours et dans nos livres, s'adresse suiiout aux physiciens de profession et aux chimistes ; le médecin y aperçoit d'autant moins rim|>ortance d'une étu<le préalable de la physique que précisément les parties dont il aurait le plus l>esoin lui sont exjK)sées en général avec une brièveté tout à fait insuffisante. Quand ensuite il aborde des monographies relatives à des sujets de physique médicale, il ressent d'autant plus vivement les lacunes de scui instniction ; aussi lui arrive-t-il souvent de ne retirer de pareils travaux que quelques indications pratiques et de renoncer eu <léfinitive à les comprendre. L'ouvrage que je livre au public n'a nullement la prétention de dispenser le lecteur de recourir aux publications spéciales qui concernent les diflféivntes branches de la physique générale et mwlicale ; mon désir est bien plutôt de metti-e entre les mains de ceux qui sentent le l>esoin d'approfondir tel ou tel chapitre de physique méilicale un guide qui leur permette d'étendre leiii*s connaissances dans cette direction et qui leur facilite h» tra\'ail.
Quant aux méthodes de démonstrations adoptées dans le présent livre, méthodes qui difli^rent notablement de celles (pi'on trouve «lans les autres tntités de physiqu«', l'auteur, fort de «i propre expérience, les croit les plus claires