FLUORESCENCE ET PHOSPHORESCENCE
Ce savant physicien a fait des recherches très étendues sur la phosphossoence; en employant un ingénieux appareil, nommé phosphoroscope, li permet de voir un corps moins d'un millième de seconde après son (position au soleil, il a reconnu que presque toutes les substances sont liûsphorescentes ; il n'y a guère que les métaux qui fassent exception. Mais mdis que certains corps, tels que les sulfures alcaline -terreux (sulfures î calcium, de strontium, de baryum), continuent à luire pendant plusieurs sures après qu'ils ont été exposés aux rayons solaires, pour d'autres subaaces, l'émission consécutive de la lumière ne dure qu'une fraction de soonde ; le platino-cyanure de potassium ne reste lumineux que pen~ int 1/500 de seconde.
La lumière émise par phosphorescence dépend de la nature du corps et etOD état moléculaire; elle est en général composée, et les couleurs qui la mposent sont d'une réfrangibilité au plus égale à celle de la lumière in- Ktrice.
M. E. Becquerel a reconnu, en outre, que la durée d'émission des diffé mts rayons colorés est, en général, inégale pour une même substance, de rie que la teinte du corps phosphorescent change à mesure qu'on s'éloigne I r^>oque de l'insolation . ]
i1>. AaimMX Inisaats. — Il existe une autre catégorie de phénomènes dans lesquels on Mrv« aussi une production de lumière et qu'on range à tort parmi les phénomènes de Mpboretcence, car leur oiiginc n'est certainement pas la même. Nous voulons parler de iMor que répand le hois pourri et de la lumière qu'émettent certains animaux, tels que I lampyres ou vers luisants, la scolopendre électrique et un grand nombre d'animalcules ■lii ; parmi ces derniers figurent des méduses, des mollusques, des polypes, des infusoires, I noélides, etc. ; c'est à la lumière que répandent ces êtres vivants qu*est due là.pho$pho- •cciMf de la mer.
Im plupart des animaux luisants sécrètent une sorte de mucus, et c'est cette matière qui |MBe de la lumière ; d'autres foLs, chez les lampyres, par exemple, il existe un organe Itfeuliar dans lequel se trouve renfermée une substance grasse phosphorée qui constitue ■rtière photogènc.
Ia production de lumière, dans ces circonstances, s'accompagne évidemment de phéno- Imi chimiques; mais on n'est pas encore suffisamment renseigné sur la nature des IhIioiis qui s'accomplissent dans ce cas, ni sur les rapports qu'elles ont avec l'émission de knière.
M. Panceri a cru pouvoir conclure de recherches récentes que la phosphoest due, dans un grand nombre de cas au moins, à un phénomène d'oxydation des contenues dans les tissus des animaux phosphorescents.^ fCoosoltez, relativement à la phosphorescence et à \si fluorescence ^ l'ouvrage déjà cité ^M. Edx. BiOQUiBBL, La lumière^ ses causes et ses effets (t. I, Source de lumière), ■«I,i867.1
E^. An^Uetlioi des lois de la phosphorescenee et de l'absorption de la lamiAre à la dis images eOBSéentires. — Les impressions visuelles fuites sur la rétine par la ■ttrc extérieure durent un certain temps après que la cause qui les a excitées a cessé Igir. A-t-on, par exemple, regardé fixement la flamme d*une lampe, ou tout autre objet ■ÉMux, et vieot-on soudain k placer ?c.s yeux dans Tobscurité, on continue à voirTimage IM objet, comme si les rayons lumineux qui en émanent parvenaient encore au fond de A Nous appelons image ronsécutive la sensation visuelle qui succède ainsi k lacontemhbn d'un objet.
U peniataoce des sensations visuelles consécutives a une dui-ée plus ou moins grande, l'inteosit*'* plus ou moins forte de la lumière qui a excité la rétine et suivant le degré ioiiDabilité de cette membrane.
les conditions où nous nous sommes placés pour Tobeerver, l'image consécutive est
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la reproduction fidèle de Tobjet, non seulement sous le rapport de la forme, mais encore mh celui de la distribution de la lumière ; les ombres et les clairs occupent dans rimage 1» mêmes positions que dans Tobjet. Je suppose, par exemple, pour plus de simplicité, ^'oaiil | i*egardé une croix blanche placée sur un fond noir : Timage consécutive montrera atn, dm g les premiers instants du moins, une croix blanche sur fond noir. Dans ce caSyTimageeit aie positive et pour Tobserver, il faut, comme nous Favons tu, que les yeux soient pk«gci dans Tobscurité la plus complète.
Quand, au lieu de se placer dans Tobscurité, on laisse de nouveau la lumière pénétrer àm rintérieur de Tœil, pendant que Timage consécutive est encore visible, il se produit on mversement dans la distribution de la lumière: les ombres de Timage positive sont remplioéB par des clairs et inversement; Timage est devenue négative. Si, à ce moment-là, oo replaoi ses yeux dans Tobscuritc complète, Timage redevient positive, et ainsi de suite. D s*enteDd de soi qu*on peut obtenir d'emblée Timage négative, en regardant un fond blanc, inuDécKatenal après avoir contemplé Tofjjet lumineux.
Lorque Timage est positive, elle a, en général, la même couleur que Tobjet; elle etf homocroïque. Si, par exemple, on a regardé une croix rouge placée sur un fond noir, il qu*ou soustraie ensuite les yeux à l'action de toute lumière extérieure, on continoeà voirHi croix rouge sur fond noir. Dans ce cas, Timage consécutive est donc positive ethomocrtnfii* Je suppose qu'on vienne alors à porter son regard sur un fond blanc, rimagepasaeà ïèà négatif et en même temps elle prend la couleur complémentaire de celle de Vohjd\m verrait ainsi une croix verte sur fond blanc.
11 y a donc lieu de distinguer deux classes d'images consécutives: les images directes^ fB résultent de l'action primitive de la lumière inductrice et qu'on observe en rabsence detoik lumière modificatrice, et les images modifiées, qui sont dues à l'action combinée de riaffl directe et d'une lumière modificatrice. Cette distinction est justifiée par la raison que 1 directe, homochrolque au début, peut devenir hétérochroique, omis qu*elle est positive, tandis que l'image modifiée est, selon la couleur et l'intensité de la lumière ficatricc, positive ou négative, homochrolque ou complémentaire.
L'image consécutive directe no conserve pas la même intensité lumineuse pendant la durée de son apparition ; elle diminue, en général, d'intensité à mesure qu'on s'é début du phénomène; mais si l'impression lumineuse primitive est suivie de nouveQaii^! pi*cssions qui se succèdent dans le même point de la rétine à des intervalles i pom* que l'intensité de l'image consécutive n'ait pas le temps de diminuer sensiblement (TÉli impression à l'autre, il en résulte une sensation continue. Telle est la cause du qu'on observe quand on fait tourner rapidement en cercle un charbon incandescent : n d'un point lumineux unique, on voit un cercle de feu.
Les phénomènes dont nous venons de donner une idée sommaire s'expliquent l'aide des lois physiques de la phosphorescence et de l'absorption de la lumière. AdnMttMl eu efi*et, que la rétine soit phosphorescente, et ce n'est pas là une hypothèse on a constaté expériiuentalement que cette membrane est fluorescente, et nous avons vi la seule différence qui existe entre la phosphorescence et la fluorescence porte sur k du phénomène. La rétine est doue phosphorescente, c'est-à-dire que, aooinise à \ des rayons lumineux, clic jouit (iela propriété de les absorber, puis d'émettre à son la lumière de même couleur que la lumière inductrice, dans les premiers instants da en d'autres termes, les vibrations lumineuses qui viennent frapper la rétine se à cette membrane, avec ou sans modifications, et le mouvement vibratoire, ainsi persiste pendant un temps plus ou moins long avant de disparaître entîmmenty juiqi'i qu'il ait été transformé en totalité on d'autres mouvements moléculaires,
Lu ph()sj)hoi'escenco de la rétine nous permet d'expliquer tout naturellement lei i positives et homocroïques ; rien n'est plus facile à comprendre.
Nous avons vu, d'autre part, qu'un corps qui émet des radiations lumineuses ahiorlie cisément les vibrations de même réfrangibihté que celles qu'il rayonne, et laine psnt contraire, sans l'affaiblii*, toute couleur qu'il n'émet pas ; c'est sur ce fait que noa^avooi lu théorie do Vinversion du spectre.
Appliquant ces données physiques à la rétine, nous admettrons que cette membnof^ nu passage les rayons de môme rofrangibililé que ceux qu'elle émet après avoir été fionnée pai* la lumière, et qu'elle transmet seulement les radiations lumineuses qoi dans son propre spectre. Rien de plus facile dès lors que d'expliquer le mode dîe
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pet négatives ou coiuplémentaires qu*on obtient en regardant un fond blanc, pendant ige positive existe encore : Timage négative ou complémentaire est due à Vinversion g6 positive ou homochrolque. Je suppose, par exemple, que Timage directe soit )t qu*on fasse alors pénétrer do la lumière blanche dans l'œil : les rayons rouges beorbés par la rétine dans les points qui émettent de la lumière rouge; la lumière dépouiiiée en totalité ou en partie de ses rayons rouges, fournit la couleur comlire du rouge, c'est-à-dire le vert ; Timage consécutive deviendi^a donc verte, le "aissant blanc, puisque les parties de la rétine non primitivement impressionnées mûère transmettront aux fibres du nerf optique toutes lœ radiations de la lumière nie. — Si rimage positive était blanche sur fond noir, elle deviendrait noire sur fond 08 Tinfluence d'une lumière réagissante blanche ; on aurait alors Timage négative lent dite.
oages consécutives, tout en restant positives, éprouvent quelquefois une succcession » diversement colorées, principalement quand Tintensité de la lumière inductrice idérable; on observe aussi que l'image directe vire du positif au négatif et vice versa, ne qu'aucune lumière extérieure ne pénètre jusqu'à la rétine. On se rend compte régulantes apparentes dans la marche des images consécutives, en invoquant, d'une 8 phénomènes analogues que présentent les corps phosphorescents étudiés par . Becquerel, et, d'autre part, l'existence d'une lumière intra-ocvdaire. On sait, en i*en réalité l'œil n'est jamais plongé dans l'obscurité absolue quelque soin qu'on xmr le garantir de la lumière extérieure. 11 porte en lui-même une source permasensations lumineuses: le mouvement circulatoire du sang dans les vaisseaux, les mécaniques qui accompagnent chaque mouvement des yeux ou des paupières, les is de la tension intra-oculairc, les divers mouvement moléculaires qui s'effectuen itimité des tissus, etc., toutes ces causes d'ébranlement, en se communiquant aux s de la rétine, se traduisent par une production de lumière que les Allemands ont chaos lumineux, lumière du chaos, lumière propre de la rétine (Helmholtz) ; « et la couleur de cette lumière varient suivant les individus et suivant les circon-
sumé, notre théorie repose sur le pouvoir émissif et absorbant de la rétine pour les 18 lumineuses, et elle fait intervenir la lumière propre de l'œil à titre de lumière trice. Elle explique tous les faits connus qui se rapportent aux images consécutives, en contradiction avec aucun d'eux.
Dtraste successif ou simultané des couleurs, les ombres colorées sont des phénomènes e ordre et auxquels la théorie qui précède s'applique également.
iphie: Plaibau. Essai d'une théorie générale comprenant Vensemble des appa-
t visuelles qui succèdent à la contemplation des objets colorés et de celles qui
ifagnent cette contemplation, etc. Bruxelles, 1834.
IL, Des couleurs, etc. Paris, 1864, io-fo, avec planches.
WT. Physiologie der Netshaut, p. 347 et suiv. Breslau, 1865.
. Des couleurs, etc., trad. par Schutzenberger. Paris, 1866.
LTS. Optique physiologique, traduction de Javal et Klein, § 23. Paris, 1867.
a. Idée d'une nouvelle théorie entièrement physique des images consécutives (BuU, de
ciété des se. nat. de Strasbourg, 1868, p. 58-68).]