CHAPITRE XVI
LUNETTES h APPROCHE ET TELESCOPKS-OPHTALMOMKTRE
193. Limette astronomiqae. — La lunette astronomique ou lunette de Kffl^
se compose, de même que le microscope, d'un objectif et d'un oculiiiv.
L'objectif consistant en une lentille convergente achromatique donne fc l'objet qu'on vise une image réelle et renversée; et comme on se sert de h lunette astronomique pour regarder des objets très éloigués, tels que te astres, cette image est excessivement petite et se forme très près du fcftf de Tobjectif ; elle est alors reprise par l'oculaire qui, faisant roffice deloi^» la transforme en une image virtuelle, droite et amplifiée. Pour queTiaiP réelle ait beaucoup do clarti.'» et qu'elle no soit pas trop petite, il faut prewb»
LUNETTES d'approche ET TÉt.BSCOPES — OPHTHALllOHÈTRE 473
in objectif de grand diamètre et de grande longueur focale. Ainsi, Uudis |Be dans la construction du microscope on cherche à réduire le plus poslible la distance focale de l'objectif, on s'applique, au contraire, à l'augmenter, [oand il s'agit des lunettes, et par là on accroît la puissance de l'instru- ■eut. Le système oculaire est composé, comme dans le microscope, d'un rarre de champ et d'une lentille oculaire convergente.
Lb grot*i$Mement de la lunette eat le rapport des Jiainètraa apparents de l'objet vu daiiB ■ hiHtte et k l'œil nu, rapport égal à celai das aoglea viaaels dans lea deux cas. Si on ^poM que l'inaga réelle donnée par l'objectif se tâsK en un point qui coÏDCideà la fbia iMc le fojer principal de l'objectif et celui de l'oculaire, ce qu'on peut admettre mhb erreur ■■Ue, 00 trouve par un calcul fort simple que le grostiasemenl ;
f déaigiuDt la longueur focale de l'objectif et/* celle de l'oculaire. Le giveaissament eal donc (il au rapport des dialancee focales de l'objectif et de l'oculaire.
|U y ■ lieu de répéter h propos des luoetlee et télescopes les considéra Uods que uoua mm» présentées a propos du grossissement de la loupe et du microscope, avec cette wtrictioo toutefois quel'objet étant alors à une distance invariable, on ne peut prendre pour MMire de l'effet produit par l'inatrument que le pouvoir amplifiant absolu, H
IH. LiMtti Umitte. — Elle ne diffère de la lunette astronomique que par 'adjonction d'un système de deux lentilles coiivei^entes placées entre l'ob - «clif et l'oculaire, et destinées à redresser les images, afin que les objets ne ment pas vu renversés.
114*. Lustte de fiallléc. — Dans la lunette dite de Galilee.h redressement le l'image est obtenu par un autre moyen extrêmement simple : l'oculaire, kD lieu d'être une lentille auvei^eute comme dans la Ivnette astronomique et dans la lunette terrestre, consiste 911 un verre divergent A 'fig. 272) qui se place entre l'i^jectif J et le point où
tiendrait se former l'image réelle e d, s'il n'y avait pas d'oculaire. Les myriiis qui convergent vers les points de cette image sont rendus divergents ptr la lentille concave, et leurs prolongements vont donner du côté où est litaé l'objf t, une image e' d' virtuelle, droite et plus grande que ne le serait l'image réelle si elle se formait.
Pour que l'oculaire agisse dans le sens que nous venons d'indiquer, il Eut que sa longueur focale soit un peu plus courte que la distance à laquelle lie trouve du point où l'objectif seul formerait son image réelle.
Ia valeur approcliée du gro^isissement cit ici, clu luûiiu' que dans la lunette astronomique, pie an rapport de la distance focale de l'objectif à celle de l'oculaii'e; on suppose que inage réelle se formerait au foyer de l'objectif, ce qui est vrai quand l'objet est très éloili d que le foyer extérieur de l'oculaire coïiK-i<le avec celui de l'objecllf, ce qui a Heu ■ad l'ail ait accommodé pour des i-ayons parallJ^les.
[La loupe composée dont se servent les oculistes pour examiner la parties antérieures du globe oculaire n'est autre chose qu'une lunette dt Galilée disposée pour observer des objets peu éloignés. EDa est représentée en perspective dans la figure 273.
Elle « sur la loupe simple l'avantage, à ôgaliti da gmsissement, de pouvoir être tenue k une plus grande dîtlance de l'objet, en sorte que l'observateur ne court pu le risque de projeter son ombre sur les parties qu'il exanunt. C'est h tort que la loupe dont nous parlons porte le nom de loupe de Bruecke, car la priorité de l'ioventiOD appartienlk Ch. Chevalier.
La lunette de Galilée est employée comme lorgnette it spectacle.
Nous verrons plus loin le principe de la lunette de Galilée servir de base à un procédé d'examen du fond de l'oeil à l'iiik de l'ophtalmoscope (cf. § 199).]
iSH. Télncopt' — Les DOtiona exposées plus haut sur la théorie dM lanetlM aoMHi appris que, pour ohtonir un fort grossisse ment et une clarté suffisanle, il (ut umiluf comme obje(.-tif une lentille convergente k long îojer et à grand tliamètre, et oomnt Milaire une IcntiJIe à court foyer. Or, il e^t difficile de fabriquer des lentilles de gruta dimensions qui «oientparùiitemeatsphmques et exemptes de tout défaut; aussi a-t-ooiaagkrf de remplacer la lentille objective par ud miroir concave. On a alon ce qu'on appcOe ■ téletcope ou une luneliecaloptrique.
190. Euploi de U blette dtu les iDitramenti de amare. — La lunette d'approche ne sert pas seulement à observer les astres ou les objets situés à le surface delà terre; elle entre aussi dans la composition d'un certain nombre d'instruments de mesure d'un usage très fréquent. C'est ainsi qu'on li trouve associée à une règle verticale daus le cathétomètre pour la mesure des distances verticales de deux points, à un cercle divisé dans le théodolite et te goniomètre pour la mesure des angles.
[La lunette doit être munie, dans ces cas, d'un réticule. On désigne soui ce nom deux fils très fins en métal ou en soie, disposés en croix dans nti plan perpendiculaire h l'axe de l'instrument et au point où se forme l'imi^ réelle donnée par l'objectif; l'un des tils est vertical, l'autre horîiontalet leur point d'entre-croisement se trouve exactement sur l'axe optique de 11 lunette.]
IW*. Cethétomètre. — Cet instrument se compose d'une r^le verticale en imIiI.Ii long de laquelle se meut uno lunette gi-OH:<issanle clisposée horùtontaleioeDl et nnuiie d'at oit de rappel pour les dû|ilacementi> lents. La règle est divisée en milliroètra^ «t la leiM porte un vcroier, mobile avec elle et donnant les centièmes de mitlimètra. En tîmoI ai« la lunette !>ucccB8ivi.-ment les deux points cliuit on veut connattre la diatanoe varlicik. # a notant k chuqae station la position do la lunette sur la règle, ou obtient par mat mafk BOU»lraction la mesure che reliée.
On 10 sert du caibétomèti-o dans une foulo de circonstance*, par eieinple pcair bhbw la difft-rcricc de liaaieur de deux colonnes liquides (lecture de* hauteura bano ' recheivhus rolulivoi à la dilatation des li juidc^ pai- la chaleur), ou «ncore pour à.. ralloii^tueut de* coi'ps élastiques souniin à des chai'ges plus ou moiiu lbi-t«a. Me.
Quand on nu lient jmis n atteimli-e un grand deijiv de précisiuu, m peut, 'l»n« certaîM m renipluocr lu i:atliétoui(.ti-c, insti-uracut d'un prix ti-ù# élevé, par un aiinple râ»w<-<
aimi mie lunette horizontale mobile le long d*ane colonne verticale. S*agit-il, par « de mesarer les allongements successifs d*un corps élastique, on fixe à son extréînfiBneiire une tige graduée, et on amène le fil horizontal du réticule de la lunette en avec Tune des divisions de cette règle ; rallongement se produisant, la règle et une nouvelle division se trouve en regard de la lunette. Ce procédé a été utilisé i physiologie pour mesurer Télasticité des muscles et des autres tissus de Torganisme. IM^. lesiire des angles. — La lunette munie d*un réticule est fréquemment employée nr la distance angulaire de deux points éloignés ou Tangle visuel sous-tendu «n <^jet. Dans ce but, on la rend mobile autour d*UQ axe perpendiculaire à son axe et passant par le centre d'un cercle métallique, dont le limbe, divise en degrés, est pmllèle au plan de rotation. La position angulaire de la lunette est donnée par une règle m mUdade^ qui tourne avec elle et qui porte un index muni d*un vernier.
En disposant un pareil système dans un plan vertical et en Tassociant à un second cercle Mmootâl qui l'entraîne dans son mouvement de rotation, on réalise le principe du théodolite, ■i des instruments les plus précis qu*on puisse employer pour la mesure des angles, et dont ■I ss sert pour les mesures astronomiques et géodésiques.
117. Ophtalmombtre. — La lunette fait enfin partie d'un instrument très précieux dans les recherches physiologiques ; nous voulons parler de Vophtalmomêtre de M. Helmholtz, que nous avons décrit § 179.
La lunette, dans cet instrument, sert à la fois à faire mieux voir les images ilà assurer au regard de l'observateur une direction fixe et invariable. Mie M diffère d'une lunette astronomique ordinaire que par l'adjonction d'une IMonde lentille objective achromatique ; un objectif formé d'une seule lenachronaatique ne donnerait pas d'images suffisamment nettes dans le où l'on observe des objets peu éloignés, car alors les rayons incidents Eltf une divergence notable ; la seconde lentille peut être supprimée si l'objet wsé est à une grande distance.