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CHAPITRE XXII

PHÉNOMÈNES d'iNTERFÉRENGE DE LA LUMIÈRE POLARISÉE

22S. Polarlieiirs et uialysenrs. Prisme de lieol. — L'œil seul n*est pas es état de distinguer la lumière polarisée de la lumière naturelle ; les milieu biréfringents ofifrent un moyen précieux de faire cette distinction ; dans ot but on emploie de préférence les cristaux à un axe taillés en plaques ou n prismes.

On désigne sous le terme général d'analyseurs ou polariscopet \» appareils qui permettent de reconnaître si la lumière est polarisée et de déterminer en outre, la direction du plan de polarisation.

La tourmaline, qui nous a servi à étudier les phénomènes de polarisaiiu& (cf. § 211), est elle-même un cristal biréfringent, mais qui possède la propriété d'absorber entièrement le rayon ordinaire quand son épaisseur est suffisante et de ne laisser passer que le rayon extraordinaire.

Au lieu de tourmaline, on peut employer une plaque de spath d'Islande ou de tout autre cristal ix un axe; mais le spath dislande laisse passer lei deux rayons, et la présence de deux images est souvent gênante pour l'olM^ vation ; d'autre part, la tourmalineest colorée, ce qui en restreint rempbiaoi cas où l'on n'a pas à s'occuper des phénomènes de coloration. Il était dooc désirable de construire un analyseur qui réunit à l'avantage de ne fournir qu'une seule image celui d'être d'une transparence parfaite pour les vibrttions de toute réfrangibilité. La disposition qu'on adopte le plus habitaell^ ment pour remplir ces conditions est celle qui constitue le prisme df Nicol. Ce polariscope ne laisse passer que le rayon extraordinaire, lequel est, comme on le sait, polarisé dans un plan perpendiculaire à la sectk* principale.

Pour obtenir un prisme de Nicol, on prend un cristal naturel de spath d*Itlaode f( • le taille parallèlement à ses faces de clivage de manière à obtenir, non pas ua rbonboidn parfait, mais un prisme allongé à base exactement losangique, dans lequel chaque ai«le ^^ raie ait 3,7 fois la longueur d un côté de la base. Les deux arêtes latérales oppoaMsqtts^' tissent aux sommets des angles obtus des bases forment avec les petites diagonales des M bases un parallélogramme qui représente la section principale et dont les angles loat dt71' et de 109»; ces angles mesurent en même temps Tinclinaison des hases sur les anilii* question. Il faut alors tailler de nouvelles bases de façon à réduire à 68« Taugle de 7i*.Celi lait, on divise le prisme en deux par un plan perpendiculaire à la fois à la aactioa ffif^ pale et aux deux bases artificielieii. I^s deux moitiés ainsi obtenues août

UM leur position primitiYe et collées avec du baume de Canada ; le tout est serti dans une ooture de liège entourée d'un tube de laiton.

S(ttt DGI>G' (fig. 313) la section principale d'un piîsme de Nicol et LI un rayon incident ai rencontre la face DG parallènent à la direction des arêtes n prisme ; ce rayon se bifurque t ^ne un rayon ordinaire IRo ft on rayon extraordinaire IR«.

Mais, comme le baume de Calida possède un indice de réfrackm 1,528 inférieur à Tindice or- Imaire 1,654 du spatb, et que 3^.

Incidence du rayon IRo sur la p,jj^ 3^3 p^g^e de Niool (ooapa longliudinale).

nr&ce de séparation DD' est

opérieure à Tangle limite (69<^), il en résulte que le rayon ordinaire subit la réflexion 4)ûle, et qu'au lieu de traverser la seconde moitié du prisme, il est renvoyé dans la Srection KL', où il rencontre une paroi noircie qui Tabsorbe. Quant au rayon extraordiiiire 1R« , il poursuit sa route en ligne droite et émerge du système, en E, dans une direction SL' parallèle à celle du rayon incident.

Pour que le rayon ordinaire rencontre la surface de séparation sous une incidence ■pèieure à Tangle limite, il faut, comme on Ta vu, donner à Tangle D6D' une valeur de K^ et À Tangle GDD' une valeur d*au moins 80^ ; on fiiit ordinairement ce dernier égal à X)*, puisque le cristal est coupé par un plan perpendiculaire aux faces d'entrée et de sortie.

[Tout analyseur peut en même temps servir de polariseur. Le prisme de N'icol, par exemple, ne laissant passer que le rayon extraordinaire, polarise la lumière dans un plan perpendiculaire à la section principale du cristal. Un miroir de verre, incliné sous Tangle de polarisation, remplit aussi à rolouté le rôle d'analyseur ou de polariseur.

La lumière réfléchie par la surface antérieure de la cornée donne un reflet [tti gène l'examen de cette membrane et de la chambre antérieure ; comme Jette lumière est partiellement polarisée, M. Al. Bryson <*^ a proposé d'en liminuer l'éclat par l'interposition d'un prisme de Nicol, convenablement )rienté.] |Malheureusement, la proportion de la lumière polarisée dans ces M)Dditions est si faible que le moyeu proposé ne procure pas d'amélioration (ensible. Nous en pourrons dire autant de l'emploi d'un polariseur dans l'eiameu ophtalmoscopique, où l'image réfléchi par la cornée devient si {ènante pour l'observateur qui cherche à voir la tache jaune. Au reste, dejNiis la découverte de Véclairage focaly on n'a plus à se préoccuper des moyens d'améliorer les procédés d'exploration des parties antérieures de lœU.J

VL fkéBiMiiéBM d« poUriutloB prodiits par deu prismes 4e liool superposés. - La superposition de deux niçois mobiles autour d'un axe commun offre m (hspositif très commode pour étudier les phénomènes de polarisation: 'un des prismes sert de polariseur et l'autre d'analyseur.

Lorsque les sections principales des deux prismes sont orientées de la &eme manière, le rayon lumineux qui sort du premier prisme traverse iassi le second, sans perte sensible ; mais si on fait tourner l'un d'eux de •()•, le rayon transmis par le polariseur s'éteint dans l'analyseur, puisque

U) A. Brtmx. Da polaritcope [Hd'^nb. new philoioph. Journal, jaavUr 18&0, p. 19, aoalyté dass Anm Ofwl., 1B55, 1. XXXIII, p. M).

les plans de polarisation sont alors perpendiculaires entre eux ; dans ce cas, le système des deux prismes ne laisse pas passer de lumière.

Considérons enfin ce qui a lieu quand les sections principales font entre elles un angle compris entre 0^ et 90^*; donnons, par exemple» au nicol inférieur une position telle que les plans de polarisation des deux rayons soient perpendiculaires au plan du papier, et que ÂÂ' et BB' (fig. 314) représentent leurs traces; AA' sera la section principale et BB' la seclioD perpendiculaire. Quant au nicol supérieur, si nous le supposons orienté de

manière à avoir ses plans de polarisation dirigés suivant CC/ et DD', il diminuera plus ou moins rintensité de la lumière transmise, mais il se réteindra jamais entièrement.

En effet, le nicol inférieur ne laisae poser qm h rayon extraordinaire, c*e8t-à-dire les Tihrationi panllèles à A A' ; ces vibrations, en entrant dans le leood prisme, se décomposent en deux autres dirigée! laiiiil les plans de polarisation CC et DD'; les compoailei parallèles h DD'sont éteintes, si DD* représente leplta è polarisation du rayon ordinaire dans le second bïooI, c*est-à-dire la section perpendiculaire ; seules les oooposantes parallèles à la section principale CC traveraent Tanalyseur; or, ces componota sont d*autantplus grandes que Tangle compris entre les sections principales des deuxni.'^li est plus petit, et, inversement, elles sont d'autant plus petites que cet angle est plat rdm de 90o.

PiG. 314. — Action d'on analyseur sur la lumière polarisée.

227. Phinomèiies de polarisation produits par one lama biréftingente, paralUlt htm placieeitredeux niçois. — Les phénomènes qu'on observe avec deux apparab de polarisation superposés qui ne transmettent chacun que des vibrations d'une seule direction se compliquent quand on interpose entre le polarisenr et l'analyseur un troisièine milieu biréfringent qui donne naissance à deux rayons polarisés k angle droit.

Soit PP' (fig. 'M 5) le plan de vibration du polariseur et SS' celui de Tawlyseur que nous supposons perpendiculaire au premier ; le système de deux niçois ainsi orientés ne laisse passer aucune vibration lumineuse. Plaçons

s alors entre les deux prismes une lame pa-

rallèle de spath d'Islande c'est-à-dire ane lame taillée parallèlement à Taxe, et d'noe épaisseur convenable ; soient XX' la s<«tioi principale de cette lame cristallisée, et YT sa sec!ion perpendiculaire. Les vibration transmises par lepolariseur s'effectuent suivant la droite PP' ; en traversant la lame biréfringente, chaque vibration, telle queo/». va se décomposeV en deux autres, l'une onîinuire 0// située dans la section perpendiculaire, l'autre extraordinaire ox dans b section principale. L'analyseur décomposera, h son tour, chacune deoescooposantes suivant deux directions perpendiculaires SS' et PP' : la vibration OJ aéra remplacée par o^ et o/;', la vibration oy' par os' etop", les deux compo-

Fio. 315. — DéooiQposition suoresaivs des vibrations poUrifiêt**, dans une lame biréfriD^«*nta pnrnllAle entre deux nicol t.

INTKBKKRENCE IIK LA LUMIERE POLARISÉE

antesop'sei'onl éteintes par l'analyseur, elles vibratious dirigées suivant

S' passeront seules. En définitive, la présence de la lame biréfringente em-

' pfcheranalyseurd'éteindre le rayon lumineux que transmet le polariseur ;

mais pour que la lumière reparaisse, il faut que les plans de polarisation de la

lune ne coïncident pas avec ceux des niçois.

Si la section principale XX' du cristal biréfringent se confond avec le

I jlan de vibration du polariseur ou de l'analyseur, le phénomène est

I Kmblable h ce qu'on observe avec les niçois seuls : la lumière passe ou est

|4lTêtèe, selon que les sections principales des deux prismes sont parallèles

On croisées.

lU. IntHKreoce des rajons potariiés par ane lama blrérrlagente paTalIèle i l'axe.

%— L'aclion d'une plaque biréfrinfrenfe, parallèle à~l'a.xe, placée entre

ms niçois orientés de manière ;i intercepter la lumière ne se borne pas

h la faire reparaître ; celte lumière manifeste, en outre, des phénomènes

"Tnlerférence dont il est facile de découvrir l'origine.

!. Lumière PARALLÈLE ET SIMPLE. — Toutes choses égales d'ailleurs, la

! transmise possède une intensité variable avec l'épaisseur de la

u que la libralion op transmise par le polariseur est décompiiaée par la plaqua B en doux vibrations reutaagulaires ox et ay\ la première appartenant au rayon I, la secundo au rayon ordiunire. A mesure que ce% vibrations se projkagent 9 milieu biréfriDgenl, elles opi-ouveiit. l'une par ropjiort à l'autre, une dilTérence de e due k ce que la vitesse de propagation ilu mouvement n'est pas la même peur le a aniinaire que pour l'extraordiiiaire ; la quantité dont le premier rayon ae trouve en il sur le second dépend de l'épaisseur de la larae aiuai que du rapport qui existe entre s ordinaire et extraordinaire.

lOiLB qu'au sortir de la lame, la ditTérence de phase soit égale à un nombre impair

■deioi- longueurs d'onde; alors, pendant que dans l'un des i-ayons, la molétnile vibrera

n X, la vibration dans l'autre rayon correspondra à la pbaje oy, qui dilTëre de celle

|f' d'une demi-longueur d'onde. Les vibrations ox et oy ne peuvent paa interforor,

t polac'isées à angle droit. Mois l'analyseur, les décomposant à ion tour,

c deux des composantes op' et op' dans le plan PP' et les deux autres oi dans le plan

s composantes os seules peuvent passer et, comme elles sont de même sens, elles se

mutuellement. Si, au contraire, la difTérence de phase comprend un nombre pair

igueur d'onde, les vibrations se trouvent dans les pha9es primitives ox et o^ ;

it pour composantes parallèles à SS' les vibrations of et ot' qui, étant de sens

e.intertërentde manière à se détruire; lorsque la section principale XX' de la lame

'e de 45° avecleplan de polarisation, les composantes oa et of sont égales, et il

ull« de l'obcarilé.

M la caa où l'on ferait tourner l'analyseur de 90", de telle sorte que son plan de polaut du polariseur, le renforcement et l'affaiblissement de la lumière Mtoiraiciit dans l'ordre InTcrsc, c'est-a dii-e qu'il y aurait diminution d'éclat pour une

I* donnât p<

nce de a

Mhe égale à (2« -h 1) -

, et augmentation poi

e difféi'cnce égale à

' Nous venons de supposer la liunière incidente composée uniquement de ■aUons de même réfrangibilité, et les rayons qui la composent parallèles 3 eux ; celle dernière condition nous a permis de prendre une plaque Cristallisée d'une certaine épaisseur. Les mêmes phènuménes s'observent ^Tisâi dans la lumière divergente, si la lame biréfringeale est exlrêmemenl

mince, car alors la différence de phase n'est pas influencée d*ane manière sensible par Tobliquité des rayons lumineux.

Nous verrons plus loin (§ 229) ce qui arrive dans la lumière divergeote, quand la lame cristallisée a une épaisseur dont il faut tenir compte.

II. Couleurs dans la lumière parallèle et composée. — Quand, a lieu d*opérer avec de la lumière homogène, on se sert de lumière blanch^ l'interférence des rayons polarisés se manifeste par l'apparition decoolears. La cause de cette coloration est facile à expliquer. En effet, si une plaipe d'une épaisseur donnée produit une différence de phase d'une demi-loDgaev d'onde pour une couleur déterminée, cette couleur sera éteinte par l'anal/seur convenablement orienté ; mais les autres couleurs seront transmtsa, car la différence de phase pour chacune d'elles aura nécessairemeot âne valeur supérieure ou inférieure à une demi-longueur d'onde, attendu fM la longueur d'onde varie d'une couleur à l'autre.

Supposons, par exemple, que ce soient les vibrations rouges qui possèdent une différence de phase de -^^ et que les plans de polarisation dsf

deux niçois aient une direction parallèle ; dans ce cas, si la section principale de la lame cristallisée fait un angle de 45® avec le plan de polarisation, les rayons rouges sont entièrement détruits par l'interférence, I'Iatensité des rayons orangés et jaune est affaiblie, et la lumière transirâ prend une teinte verte. En faisant tourner l'analyseur de 90^, on ob&idrait, au contraire, une coloration rouge.

2M. FraigM d'iBtnrféreace dias U liBièr« pdiriiit tt dlrtrgnta aiic ailMi ptrtllèls à Fixe. — Considérons maintenant le cas où les rayons polirisêi qui tombent sur une lame épaisse, parallèle à Caxe^ sont divergents; l'inégalité des angles d'incidence produit à elle seule des différences (ie phase qui donnent naissance à une nouvelle série de phénomènes.

Soient A A' (fig. 316) la section principale de la lame, BB' aa section perpendimlaire. P^ et Pi Pi ' les plans de polarisation des deux nkols, ces plans étant perpendicalairei Xmi Tautre et inclinés de 45* sur la section principale da cristal. Snpposona, pow plus de MfK-

cité, que nous opérions sur de la huniers bmiuAi»

, T \ r niatique. Dans ce cas, nous Terrons apparaître an ciik*

C, là où le:! rajons incidents sont perpandicalsirei ik

lame, une tache sombre/ en admettant qve ripsi— rà

^^ milieu cristaUîsé produise entre le mjon ordinairt é

t .^»^ j Textraordinaire une différence de phase égale à an aoBi"

(vair de -^, Pour tous les points de la section pef?(**

jT ^ P — diculaire BB' la différence de vitesse de propagitiai^

.. «.. . V ^r Tonde extraordinaire est constante ; par oonssaaai^

F lO. Slto, — f ■■• Wrèlnageate parai- . ,.^. ' f^ . ", j^

Mê pUc«« «Qtrv d«ax niçois. variations qu éprouve la difiereDce de marae diiMi

i-ayons ne peuvent provenir que des variatioas à h longueur du chemin parcouru dans llntérieur da cntfiL

longueur liée à Hncidence de la lumière. Or, Tobliquité des rajoos ■iK'»V»t« régulièrement à mesure qu'on s'éloigne du centre C ; U en résulte que, de chaqnt côté à 9

point milieu, pour lequel la différence de marche est 2n -^, on reocootrera suucsdicM^ te points correspondant à des diflcreQces(2ii 4-1) -|-, {p^^ 2) -^ (2» -4- 3, y»^

liMc, de part et d'autre du milieu C, tout le long de la droite BB', no'u derans Toîr des pentti «ItematiTeiiieiit brillants et sombres.

Dtm le plan AA' de la section priadpsle, la diflërenca entre l'indice ordinaire et l'indit» uttnordîiudre atteint sa valeur maiimum pour l'incidence normale, et elle diminue avec 'oUiquilé jus^'à devenir nulle quand le rajon incident est parallèle à l'axe du cristal. Inn, bîen que l'accroissement de l'incidence augmente lalongueurdu chemin parcouru dans 'faitinenr de laUme cristallisée, et par suite la différence de marche des rayons ordinaire A «ztraordinure, la différence de pbase de ces deax rayons diminue h mesure qu'on s'cloigne

la inilieuC; elle prend sacœssivemeat les valeurs 2» -^, (2n — 1) -5-, (2n — 2) -5-, etc.

Jonc BOUS devons aussi rencontrer, de part et d'autre de C, le long de l'aie .-^A', des points iltsnativemeDt brillants et sombres.

Du» les directions intermédiaires, Is différence de marche du rayon ordinaire etdu rayon ixtraordinaire épittuvera évidemment dee variations comprises entre les valeurs extrêmes |B correspondent aux directions principales AA' et BB'. Ces variations se feront dans un MMon dans l'autre, selon que In direction considérée sera plus voisine de la section pcineipale ou île la section perpendiculaire, en sorte que dans les plana PP' ou Pi Pt ' qui partagent ndeux moitiés égales l'angle des directions A A' et BB', l'augmentation et la diminution de h différence de marche se compenseront exactement. Par exemple, en un certain point de

h£rectiouPP', la différence de marche serad'une part (3n -|- ]) -^, de l'autre (2n — 1) -^,

H total, elle sera donc égale à un nomhre pair de -^ comme pour le point central C.

On voit, par là, que le long des lignes PP' et P| Pt' il y aura une série continue de points mbrea; en d'autres termes, le champ delà vision est interrompu parune croix noii-e, dont hs branches sont parallèles aux deux plans do polarisation. Dans chacun des angles ainsi dâimiléa, les variations de la différence do marche suivent une loi plus compliquée; nous avons montré qu'il doit y apparaître des places alternativement brillantes et sombres, mais !■ distances et les largeurs de ces places varient suivant la direction considérée et d'aprw ■t kl dont la recherche nécessiterait le secours de l'analyse mathématique.

Toujours est -il qu'on apei^oit, dans ces cuudîtioiis, quatre systèmes de franges affectant la forme de branches d'hyperbole, doat les bras de la croix représentent les asymptotes. Telle est la disposition figurée ci-contre (flg. 317).

Lorsqu'on opère avec de la lumière blanche, les friDges sont irisées, et les couleurs s'y succèdent dans le même ordre que dans les anneaux de Newton (cf. ^ 207 et 230). Mais il est évident que les couleurs •bservées varient avac l'épaisseur de la plaque cristal- Ibée, en ce sens que si, pour une épaisseur donnée, on obtient la série des couleurs correspondantes à *''n^,'ïïllu^^nwiedles du premier ordre dans les anneaux de Newton, "afii** «t div*r,(anu . ine plaque plus épaisse donnera des couleurs d'un gml'ptir,!iutr. ' "" ordre plus élevé.

IH. iuniz HatarfértaM d' ma iamt p«rpndlcalalra à l'axa 4iii U lunlèra ptUriiAt Mttnrtnt*. — Les phénomènes d'interférence se présentent sous un autre *^>ect lorsqu'on reçoit un faisceau divergent de lumière polarisée sur une ibque de spath d'IslandeiaiXlée perpendiculairement kl'aie. Pour abréger k langage, nous appellerons une lame ainsi taillée lame perpendiculaire.

Premier cas : Lumière homogène. — Afin de simplifier l'étude du phé- BttDène, nous supposerons d'abord qu'on opère avec de la lumière monochromatique.

Soit SS'(fig. 318) la coupe d*une lame perpendiculaire. Considérons un rayon de lumiën polarisée, parti du point L et tombant normalement sur la plaque; ce rayon, étant diri^ suivant Taxe optique LA du crLstal, passera sans se dédoubler et sans rahir de dênatioD; nous supposons que le plan de polarisation de la lumière incidente ne soit ni parallèle ni perpendiculaire au plan de la fîgui*e. Mais le rayon oblique LI se décooipoaera en nu raja ordinaire 10 polarisé dans la section pnncipale qui est ici le plan delafigure, et enannyia cxtraoïxlinaire lEl polarisé dans la section perpendiculaire; les vibrations dn pi

a'ii'iyt:

TTT

Pio- 318. — Action d*aDe lame biréfringente perpendiculaire à Taxe sar an faisceau divergent de lumière polarisée.

normales à la section principale, et du second seront situées dUH le plndi cette dernière. Far suite de la èàSBèmat di vitesse de propagation, Tun de «• nT<n sera en retai*d sur Tautre d'une certaiM quantité. Un autre rayon incident Ll' duh nerait de même un ravon ordinaire l'O^ e

un extraordinaire TE'. Or, le deuxin point d*iucidence peut toujours être pn assez rapproché du premier pour que le point d*émergence O' du deuxième rara ordinaire coïncide avec le point d'enflé i^ence E du premier rayon extraordijuire; nous aurons ainsi deux rayons qû nvront sensiblement la même route, avec une différence de marche détenniaNL Ces deux rayons ne peuvent pas intorfén^r, tant qu'ils sont polarisés à angle droil; mais du moment qu'on les ramène dans le même plan de polarisation à Taide d*im lyseur, ils interfèrent de manière à se i*eiiforcer ou à se détruire, selon lear de marche. Or, cette différence , nulle au point d*incidence du rayon normal à la lioc

augmente graduellement avec Tobliquité, et devient successivement égale à -^, « -r-»

3 -^, etc.. Nous (levons donc observer, de part et d*autre du pied de la perpendiculaire .\U

une série de points alternativement brillants et sombres ; comme d'ailleurs tout est %xmtriquo autour de Taxe, ce qui se produit dans le plan de la figure 318 se ré|>ète de U manière dans tous les autres plans passant par l*a^e AL ; on observera donc un d*anncaux concenttiques alternativement brillants et sombres. D'après les lois exposât •■ vj 227. un anneau donné est brillant ou obscur suivant Torientation réciproque des plioi à polarisation de l'analyseur et du polariseur : qaand les deux plans sont parallèles^ les aanear

correspondants à des différences de marche d'un nombre pair de —^ sont brillants; àm

ce cas, le centre e:^t aussi brillant. Si le<« plans de polarisation sont croisés, le cAtre al noir, et les anneaux brillants correspondent à des différences de marche d'un oombrttJii^

de ~r .

Ainsi, lorsqu'on place une lame biréfringente perpendiculaire ii Tim entre un polariseur ot un analyseur, soit deux prismes île Nicol, oû ape^ roit avec «lola lumière homogène une série d'anneaux concentriques alt^ nativemenl brillants et sombres ; si les plans de polarisation sont j»arallèt*. lo centre des anneaux e^l brillant ; si ces plans sont croisés, le centre ff* soîiibre. On remarque, en outre, que ces anneaux sont interrompus «a quatre endroits par unecrâx. i/'iV/an/e dans le premier cas (fi;, ^lî^lt ;/oiredans It» secoinl (fig. 320). Les bras des croix sont parallèles ou perpendiculaires aux plans de polarisation.

Pour nous i*endi*e compto do la foi'mation de cotte croix brillante ou sombre, cooNiIffA' une cou|x? faitt* dans la lame par un plan ]h>rpen liculaire à l'axe. Le point G (fig. 3îl) * trouve alors ôlro la iu-ojectioii de l'axe optique sur le plan de la figure. En ncniai pi.' ce )H)int C une série do plans por|HMi<lioulaires à la lame, nous aurons antani de

INTBRFBHBNCB DE LA LUHIEIIB P0LARI8BE 0«V

lineipalei PP'.SS', etc. ImagiDOns que les vibrations traiumiMi par le poUriienr lOieDt ■«Udea à PP', et Mit IV una de cea vibrations appartenant au ra^on dont le point d'înci- ■ee Mtenldanala aection principale AV. Le cristal décomposera la vibration IV en deux

■bM, l'une ordinaire 10 aituêe dans la section perpendiculaire, l'auti'e extraordinaire IB Aiie dana la section principale. Il n'en sera pas de même de* rayons qui tombent dans les fini PP' et SS' ; leurs vibrations ne subiront pas de décomposition, et selon que les plan» Il polarisation de l'analyseur et du polariseur seront parallèles ou croisés, ces vibrations liaeront ou leront éteintes; de làrorigiae delà croix dont les bra^i sont parallèles à PP* tf kSS' : croix claii-e, si les vibrations peuvent traverser l'analyseur; croix noire, si les ikatious sont interceptées.

Deuxième cas : Lumière composée. — Lorsqu'on répêle l'expérience pècfideDte avec de la lumière blanche, les franges sont irisées, et les coulaurs s'y trouvent distribuées de la même manière que dans les anneaox it Newton ; suivant que les plans de polarisation sont parallèles ou croisés In franges produites correspondent aux anneaux des lames minces vus par btnsmisaion ou par réflexion. Les couleurs des deux systèmes de franges Jt polarisation sont donc aussi respectivement complémentaires les unes dH autres (cf. §207).

On distingue les couleurs de ces anneaux en couleurs de premier, de deuxième, de troîttBit...ordi-e,Buivant qu'elles appartiennent au premier, au deuxième,au troisième.. .anneau, i partir du centre. En raison de l'importance que la connaissance de ces couleurs présente fnv l'étude des corps il l'aide de la lumière polariaée.nousen donnons la liite daiule tableau ■niDt. Im colonne A se rapporte au cas où les plana de [lolarisation sont croisés ; la colonne B ■ cas du parallélisme de ces plans.

PRIUlEn OBD

UXlillK OUDBX

BCO..)

A(rw^)

Xir.

Illanc.

H ouge pourpre.

1 Vert clair.

Otk.

Diane.

, Violet.

: Vert jaune.

Orisblu.

Jaune blancUti-e.

Indigo.

; Jaune.

Mn.

Jaune brun.

. Bleu.

Orangé.

VMblanch&tin.

Urun rouge.

,. Bleu verdàti-e.

j Orangé brunâtre

Baac.

Rouge violet.

. Vert,

] Rouga carmin.

iMae blanchltrc.

Violet.

Vert clnii-.

Rouge pourpre

Jaae.

Indigo clair.

Jaune verditre.

Pourpre violet.

famjanne.

Bleu gris.

' Vert jaunfltre.

Violet.

Bleu.

: Jaune.

Indigo.

tageonuigé.

Bleu vert.

; Orangé.

Bleu foncé.

Vert i.»le.

;, Orangé iTiugeitre.

Vertbiea.

iMCa foncé.

Jaune verditre.

,; Rouge violet.

Vert.

PhjfcM*d..î'Mii.

TUOISIÈME ORDRE

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