ELECTRO-DYNAMIQUE — THEORIE DU MA0NETI81IE
diculaire à l'axe du système, et en un courant rectiligne perpendiculaire au premier et qui transporterait l'électricité à la spire suivante; or, l'action de cette composante rectiligne est détruite par celle d'une portion correspondante du courant qui revient, parallèlement à l'axe, en sens contraire. Il ne reste donc k considérer que l'action des courants circulaires.
Un solénoïde, suspendu comme celui de la figure 427 et placé au-dessus d'un courant horizontal indéfini, ka
Fig. 42*. — Dispositif pour l'ètud* de« propriétés
des aolénoîdes.
prendra une position telle que dana la partie inférieure de chaque spire le courant soit parallèle au courant indéfini et dirigé dans le même sens ; en conséquence, le solénoïde se mettra en croix avec le courant fixe; l'une des extrémités, celle qui est déviée à gauche du courant fixe correspondra au pôle norJ d'un aimant, l'extrémité opposée au pôle sud.
Un solénoïde mobile autour d'un axe vertical prend spontanément, même en l'absence d'un courant placé dans le voisinage, une position déterminée ; il se dirige de manière que son axe se trouve dans le plan du méridien magnétique et que dans la partie inférieure de chaque spire Je courant aille de l'est à l'ouest.
Si le solénoïde est mobile autour d'un axe horizontal, son axe prend la même position que l'aiguille d'inclinaison.
Enfin, quand on présente l'un à l'autre deux solénoîdes, ils se comportent comme deux aimants : leurs extrémités ou pôles de même nom se repoussent et leurs pôles de nom contraire s'attirent.
33 7«. TUorie éltctro-dyMmiqio dv mtgiétlsBe. itthnOatioB ëot atauits aiz sdémïén. — Les propriétés des solénoîdes nous conduisent à une théorie du magnétisme qui rattache directement cette force aux phénomènes électriques. Etant reconnu qu'un solénoïde se comporte exactement comme un aimant, rien n*est plus naturel que d'attribuer les propriétés des aimants à la présence, dans ces corps, de courants circulaires parallèles et de même sens. Or, nous avons vu que si on fend longitudinalement un barreau aimanté, chaque fragment représente un aimant complet; il ne nous est donc pas permis d'assimiler un aimant à un système unique de courants circulaires; nous devons le considérer comme renfermant un nombre infini de solénoîdes infiniment petits. Nous pouvons supposer qu'autour de chaque molécule d'un corps magnétiqu<; circule un courant élémentaire; quand tous les courants moléculain^s, ou du moins la majorité d'entre eux, sont dirigés dans h même sens, le corps dans lequel ils circulent doit produire les mêmes efiets qu'un solénoïde. L'aimant ne difi'ère de celui' ci qu'en un point : les efiets magnétiques se manifestent dans toute la longueur d'un aimant, excepté au niveau de la ligne neutre, tandis que les
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extrémités seules du solénoïde offrent des propriétés magnétiques. Mais si nous adoptons l'hypothèse qui consiste à envisager un aimant comme It réunion d'un nombre infini de solénoïdes élémentaires dont la majeure partie seulement serait polarisée, nous pouvons facilement concevoir un arrangement de ces solénoïdes tel que tout le système se comporte exactement commd un aimant.
La même théorie permet d'expliquer comment le frottement du pôle d'un aimant sur des corps, tels que le fer et l'acier, agit pour jccmmuniquer à ces substances des propriétés magnétiques. Il faut admettre que les courants élémentaires préexistent dans les corps magnétiques, mais qu'ils sontorientés dans tous les sens, et que, par suite, ils neutralisent mutuellement leurs effets. L'effet produit par un aimant s'explique alors par les lois des actions mutuelles des courants ; par le fait de l'aimantation, la majeure partie des courants moléculaires se polarisent, c'est-à-dire s'orientent delà même manière, et plus le nombre des courants ainsi polarisés est grand, plus le corps acquiert de puissance magnétique.
Nous appliquerons la même théorie à l'explication du magnétismeterrestre, et nous admettrons qu'il est produit par des courants électriques circulant dans l'intérieur de la terre, dirigés de l'est à l'ouest, et dont les actions ont une résultante à laquelle on peut substituer un courant unique produisant le même effet ; c'est le courant terrestre dont nous avons supposé l'existence au § 336. On comprend maintenant que les variations d'inteasité du magnétisme terrestre dont nous avons parlé §333^ puissent être occasionnées par des changements survenus dans l'intensité ou la di^e^ tion de quelques-uns des courants terrestres partiels.
Qu*un grand nombre de courants puissent marcher les uns à côté des autres dans ii corps conducteur sans se troubler mutuellement, c*est là une hypothèse qui soolète à pre* mière vue une objection ; mais il faut se rappeler qu*il s'agit ici de courants éléoMBliirei circulant autour de chaque molécule matérielle, ces courants n'ayant d'aUleurs à ^mam que des résistances infiniment petites, sans quoi ils s'arrêteraient peu à peu. Par coolit, nous devons admettre que chaque molécule magnétique est entourée d*uiie enveloppé aoi conductrice.
Nous aurons à compléter cette théorie électro-dynamique du magnétisme lorsque YètMik de Tinduction galvanique (voy. chap. IX) nous aura donné les connaissances comprendre le phénomène de l'aimantation.