Chapitre IX. — Induction
$ 344. Induction ]<ar les courants. — 3-U*. Loi génétale de l'induction galvanique. — 345. Induction par les aimants. — 340. Induction d'un courant sur lui-même. Kxtracourant. — 347. Intensité des c<.urunts induits. — 'Mt^, Dun^c et nianhe des courauts d'induction. —
349. Théorie des pbénomènes d'induction, durants induits de difTèreiilK ordres. —
350. Kmploi des courants induits eu physiologie et en tbérapeuti(iue. — CDO*. Appareils d'induction volta-faradiques. — 3fO^. Appareil à gliHiment de du Bois-Reymond. — 350^. Appareil volta-farnd que de Helml>oltz. — 350<*. Appareil a glitsement de Tripier.
— 350». Grand apjareil volta-farudique deDuchenne (de Boulogne).— 3U»'. Petit appareil volta-faradique de I:uchenne (de Boulogne). — 350<?. A] pareil p* riatif de Ruhmkorfl*.
— 350**. Appareil volta-faradique de Gaiffe (ancien modèle). — 3fO*. Appareil volta- Taradique de Gaiffe (nouveau iiu.dèle). — 350J. A|]>aieil \olta-faradique «le Trouve. —
351. Appareils d'induction magneto-iarcdiques. ~ 351*. Machine ma^'né'o-.Oiradique de Clarke. — 351i«. Appareil magnéto-faradiqne de Breton. — 35K Appareil de Duchenue. — 351*. Apfareil de GaifTe. — 351'. Influence de la vitehse de rotation sur l'intensité des eflfeti» produits par Us machines uiagi.eto-faradiquec. — 351^ (A>inparaifou entre les apfiareils volta-taradiques et magnéto-taradiques. — 352. Kffeis d induction unipolaire. — 352*. Btbine de HuLnikoiAT. — 35ît>. Explorateur chirurgical de Hughes. — 352^. Tubes de Geissler. Matière radiante. — 352<*. Applications médicales. Splaurhnoccope.
TaDLB ALI'llADLTljUE tT ANALYTIQUE DEf» MATIÈRE^ '•^*
FIN DE I.A TAni.B MÉTHODIQUE DBS MATII^.nKS
DE
1. [Ofejtts et phéBomèMfl. — L'homme, armé de ses sens, constate autour de lui l'existence à* objets ou de coy^ps matériels. Il reçoit de ces divers corps •les impressions qui non seulement lui en révèlent la présence et lui permettent de les distinguer les uns des autres, mais qui les lui montrent encore, dans certains cas, le siège de modifications, de changements plus ou moins profonds et plus ou moins durables : tout fait, tout acte par l^iuel un corps manifeste ainsi ses qualités et ses modifications porte, dans les sciences physiques, le nom de phénomène. L'ensemble de tous les corps, c'est-à-dire de tout ce qui peut exciter en nous des sensations, constitue le mondes Yiinivers, le cosmos, ou la 7iature,
Parmi ces corps, il en est qui ne peuvent subsister qu'à la faveur d'une forme et d'une structure particulières, en un mot, de l'organisation qui leur est propre, et à la condition de renouveler sans cesse ^es matériaux «lont ils se composent; ce sont les êtres organisés ou vivants, comprenant les végétaux et les animaux et constituant le monde organique. L'existence «le ces corps, en tant qu'individualités distinctes et vivantes, a une durée limitée; mais ils jouissent de la faculté de se reproduire. Les autres corps <le la nature, dépourvus des attributs qui viennent d'être indiqués comme propres aux êtres vivants, sont les corps inorganisés ou minéraux, etcom- |K)5^fnt le monde inorganique. Il n'a pas été possible, jusqu'à présent, de «lècouvrir dans les êtres organisés d'autres matériaux premiers que ceux qu'on retrouve dans le règne minéral.
Ou distingue «le même plusieurs classes de phénomènes : les uns, les phénomènes riïattir, sont l'apanage exclusif des êtres vivants ; les autres, que nous appellerons phénomènes non vitaux, sont communs à tous les corps de la nature. Cette seconde classe se subdivise elle-même en deux catégories : tantôt la substance du corps éprouve une altération profonde, qui va jusqu'à le transformer en un nouveau corps difierent du premier ; '»ii est alors en présence d'un phénomène chimique; tantôt le changement ♦"-t moins considérable, il respecte la nature intime du corps ; il con - ^ûlue, dans ce cas, un phénomène physique. La chute d'une pierre, l'aitmction exercée sur des corps légers par un bâton de verre \)rêtV\ivVA^-
WoinnwlloKOTicB, ï*hy». méd , f é-iit. \
ment frotté avec «le la laine sont des phénomènes qui rentrent dans cette dernière catégorie. La métamorphose du fer en rouille, la formation du savon aux déi)ens des corps gras par l'intervention d'un alcali, sont des phénomènes chimiques. On trouve un exemple de phénomène vital dans le développement d'un germe organisé donnant naissance, suivant les cas. à une plante ou à un animal.
La ligne de démarcatioa que noas Tenona d*établir entre lesphéaomènes d'ordre chimiquo et ceux d*ordre physique semble ua peu Tague, aussi longtemps qu*on n'a pas défini ce qu*il fout entcudre par nature intime d*uu corps. L*interprétaUon rationnelle des phénomènes observés a conduit les savants à rejeter Tidéc d*une divisibilité indéfinie et infinie do la matière; on a donné le nom à* atomes aux dernières particules matérielles, à celles qui ne peuvent plus 6ti*e divisées par aucun des moyens à nous connus. Les atomes n'existent jamais à l'état isolé; ils se réunissent par groupes pour former une molécule^ et la réunion d*an nombre plus ou moins grand de ces molécules constitue à son tour un corps. Nous pouvons dire dès lors que les phénomènes chimiques apportent un changement dans Téqui libre des atomes constituants des molécules matérielles, qu'ils en modifient le groupement ou qu'ils altèrent la composition de la molécule. Les phénomènes physiques peuvent porter atteinte à Téquilibre des molécules les unes par rapport aux autres, mais leur action ne 8*étend pas jusqu'aux atomes. Les propriétés chimiques d*un corps ne dépendent que de la nature et du mode d'arrangement de ses atomes ; les propriétés physiques dépendent, en outre, du groupement de ses molécules. Un corps ne change de nature que s'il survient une modification dans la constitution de ses molécules, en sorte qu'un même corps peut se présenter sous plusieurs états physiquement différents, tout en restant le même sous le rapport chimique. On voit par là qu il n*y a entre les phénomènes chimiques et physiques qu'une différence du plus au moins.
Telle est, suivant nous, la seule distinction vraiment scientifique qu'on puisse établir entre les deux catégories de phénomènes non vitaux. Il n'est pas conforme aux faits de dire, connue le repètent les auteurs classiques, que les phénomènes physiques sont indépendants de la nature des corps : la résine, par exemple, ne manifeste pas les phénomènes électriques do la même manière que les métaux ; les phénomènes optiques qu'on observe dans un cristal de quartz diffèrent de ceux auxquels donne lieu le verre ; et d'ailleurs, ne sait on pas que les corps chimiquement différents ne se ressemblent pas non plus par tous leurs cai*actères physiques? 11 est tout aussi inexact de dire que les phénomènes physiques n'apportent jamais de changement peiinanent dans les corps : ainsi, quand on fait circuler un courant électrique autour d'un barreau d'acier, le barreau est aimanté et conserve son aimantation, même apri's qu'on a supprimé le courant qui avait déterminé cette modification.
L'observation montre que tout phénomène chimique est accom))agnê di* phénomènes physiques. On constate aussi qu*il ne se produit pas de plié nomène vital sa'is qu*il apparaisse en même temps de phénomène phvsiquo ou chimique, et, le plus souvent, l'un et l'autre à la fois; d'ailleurs cv^ acte^, que nous appelons vitaux, sont réductibles, en <lernière analysi^ l\ des phénomènes «l'ordre physique ou chimique, auxquels letre vivant ini prime, en raison de son organisation particulière, un cachet s|)écial. l)i» plus, les corps doués de vie manifestent des phénomènes dont la natiuv physique ou cliimique tomln? immédiatement s(nis les sens. On eonipreiil dès lors la nécessité de commencer i>ar étudier les phénomènes physiques et chimiques, avant d'aborder ceux qui se passent dans les èln»s vivants fî que nous ap]>ellerons du terme {rénérique de pliénomènespA//Aw'o/o^i7M«'6\ en réunissant scmsce nom tous les phénomènes, tant vitaux <iu«' non vitaux, qui ont leur siège dans les organismes en état de vie. |
1«. listoire latirtUe et uietctt pkytifiei. — Enobser\ant attentivement la variété intinie [de^ olyets etj des phénomène^ de la nature, on remarque
qu'ik peuvent être envisagés sous deux points de vue différents, qui ouvrent H liavestigation scientifique deux voies entièrement distinctes Tune de l'autre.
Lorsque nous considérons les objets tels qu'ils s'offrent à notre examen •lans le moment présent, sans nous occuper de leurs modifications dans le temps et dans l'espace, la nature nous apparaît comme un ensemble d'êtres i>olês et plongés dans l'immobilité; ces êtres présentent des caractères en |>artie communs, en partie distinctifs, qui permettent de les distribuer en in*oui)es plus ou moins nombreux ; le soin de doimer à cette classification •les bases scientifiques et d'arriver ainsi k une compréhension systématique <le la nature tout entière incombe k [ce que nous appellerons la science fies objets ou] Yhistoire naturelle; cette branche des connaissances humaines se subdivise en autant de rameaux séparés qu'il est possible de •lislinguer de classes principales parmi les corps de la nature.
Porte t-ou, au contraire, son attention, non pas sur les objets eux mêmes considérés k l'état de repos, mais sur les changements variés qui s'y «•bîJervent, et cherche-t-on k se rendre compte de la nature et des causes •le ces modifications, on entre dans le domaine des sciences physiques^ que (les) raisons pratiques ont fait diviser en trois grandes sections, savoir : h physique^ la chimie et la physiologie.
i Dm lois ^tiqies. — Dès les premières impressions qui nous viennent 'lu dehors, nous nous apercevons qu'il y a de la régularité dans la manifestation des phénomènes de la nature ; c'est ainsi qu'un corps tombe toujours de la même manière vers la surface de la terre, que les oscillations •l'un pendule se répètent en suivant des règles invariables, que les planètes accomplissent autour du soleil des révolutions périorliquement uniformes. Nous exprimons cette régularité de manifestations en disant que les phéno mènes de la nature sont soumis k des lois ; chaque groupe de phénomènes «lont le mode de manifestation reste le même est régi par ce qu'on appelle uoe/ot naturelle ou physique; c'est dans ce sens que nous parlons de la loi «le la chute des corps, de la loi du pendule-, de celle des mouvements |»laiiétaires, etc.
Toute loi, et il en est ainsi des lois physiques, implique un rapport de dépendance : un phénomène naturel ne peut se reproduire d'une manière uniforme qu'autant que gu^/gt^^«-un^^, au moins, fies circonstances dans !«^uelles il s'est manifesté une première fois se retrouvent les mêmes. En toute rigueur, les circonstances corrélatives d'un événement embrassent a la fois l'état du monde au moment où l'événement (»st arrivé et l'état autérieur ; car la somme des circonstances qui pi'ésident k l'apparition actuelle d'un événement n'est évidemment complète qu'autant qu'on y »»>niprend la somme de tous les autres événements <lont la réunion a cou - >liluê le cours du monde jusqu'au t^nnps présent. Toutefois, l'expérience iious apprend que, parmi cette infinité de circonstances dont pourrait dépen- •iie un événement, il n'y en a jamais qu'un petit nombre qui aient une ififlueiice manifeste ; les conditions d'un phénomène sont jirécisénient ces circonstances, présentes ou passées, avec lesquelles h» phénomène considère ^ montre en relation évi<lente.
Eu général, les phénomènes aussi lûen que leurs conditions ïîOVvV Ae^
événements complexes : par exemple, lorsqu'une boule tombe en roulant sur un plan incliné, elle est animée d'un mouvement qui réstilte en partie de l'attraction exercée par la terre, eu partie de la résistance du plan, en parti** du frottement, en partie enfin de la résistance de l'air; la loi du mouvement <le la boule dépend à la fois de toutes ces circonstances. Aussi, quand on veut déterminer la part d'influence qui revient k une condition donnée, est-on obligé de simplifier le phénomène en séparatit l'une de l'autre les différentes conditions. Cette simplification des faits par l'isolation intentionnelle de chacune des conditions qui président à leur manifestation constitue un des éléments les plus importants pour arriver à l'explication des phénomènes et s'appelle ^g.rpeV^mew/a<ton ; le savant se trouve presque continuellement <lans la nécessité de recourir à cette méthode d'investigation, car il est rare qu'une condition se rencontre d'elle-même à l'état isolé. Ix^rsqu'on est parvenu, eu dernière analyse, à une condition irréductible et, par consé^iuent, k unphénomène qui ne peut pas être simplifié davantage, on a découvert ce qu'on appelle la cause de ce phénomène. La nature de la relation qui existe entre une cause isolée et son effet représente une loi physique simple, c'est-à-dire qui n'est plus susceptible d'être décomposée en d'autres lois dont elle ne serait que la résultante. Je suppose que, dans l'exemple précédemment choisi, nous laissions de côté toutes les autres con- * ditions, à l'exception de la pesanteur, et que nous répétions l'expérience eu faisant tomber la boule librement dans le vide : nous observons alors un»* loi simple, celle de la chute, tandis que la boule, en descendant le long d'un plan incliné, suivait une loi complexe, c'est-à-dire résultant du concours d'un certain nombre de lois plus simples; parmi ces dernières figure la loi de la chute ; on arriverait à connaitre les autres en étudiant séparément l'influence du frottement, de la résistance de l'air et de l'inclinaison du plan. 3. Rapréientttioi algébrique des lois physiques. — Une loi simple peut aussi être exprimée, en général, d'une manière très simple: c'est ainsi qu'on énonce la loi de la chute des corps dans le vide en disant que la cilesse d*im corps qui lontbe croit proporlionnellemcèit au temps, et que la litessr acquise au bout de la première unité île temps est une quantité constante, égale à U°*,8, si r<»n prend pour unité de temps la seconde. En désignant cette constante par^, le temps par t et la vitesse par r, on a. pour représenter la loi de la chute des corps, l'équation v=yt. Toutes le> lois physiques peuvent ainsi revêtir une forme mathématique et s'exprimer par des équations, c'est-à-diro par des relations déterminées entre K*s diverses grand(*urs qui font partie intégrante du phénomène; mais on comprend que, lorsque la loi est compliquée, l'équation qui la représente soit aussi moins simple que celle qui se rapi)orte k l'exemph^ pn*cêdent.
|I^s l'ormules mathématiques sont toujours utiles en physique, car leur emploi donne plus de clarté et de précision aux lois ({u'elb^s représentent, et permet, en outre, de déduire d'une loi donnée toutes le^ con:îéquences qui eu découlent. Parfois même, elles deviennent indispensables : il serait, par exemple, malaisé d'énoncer, en langage ordinaire la relation qui existe entre les distances des foyers conjugués dans la r«ïractioii â travers un di'qjtrc sitiip^e; on verra, dans l'oplique, qu * cette relation peut s'exprimer ti*és simplement i>ar l'équation :
fl
7 =^ 1. flans laquelle p eip' désignent les distances des foyers conjugués à la surface réfringente,yety, des quantités constantes pour cliaque dioptre et qui s*appellent les longueurs focales,]
3*.EeprésoBUtioii gèomètriqae ou graphique des lois physiques. — Les lois peuvent encore être représentées par des courbes géométriques. Sagit-il , par «»xemple, de figurer la loi de la chute des corps formulée plus haut : on porte sur la droite OX (flg. 1), à partir du point 0 pris pour origine des roorrionnèes, des longueurs ou abscisses OA, OB, OC, OD..., qui repré- :*enlent les temps écoulés depuis le début du phénomène et qui leur sont respectivement proportionnelles ; aux points de division on élève des perpeDdiculaires ou ordonnées, dont les longueurs doivent représenter les vitesses correspondantes aux temps considérés. En 0, qui répond à l'instant où le corps commence a tomber, la vitesse est nulle, et, par suite, l'ordonnée correspondante est aussi nulle : au bout Je la première seconde, la vitesse est égale à 9'",8; nous représentons cette (teroière grandeur par une ordonnée de longueur AA' et passant par le point A qui répond au temps 1 ; comme d ail leurs, la vitesse augmente proportionnellement au temps, il s'ensuit quele^ordon oées relatives aux temps 2, 3, 4, etc., doivent avoir des longueurs respectivement double, triple, quadruple, etc., de celle de l'ordonnée AA'. On voit dès lors que la ligne menée par les extrémités A^ K, C, ly... des ordonnées est une droite dont l'inclinaison sur Taxe des ab -
disses OX dépend delà grandeur constante AA'. Cette droite OK' n'est évidemment qu'une représentation symbolique de l'équation v=gt, c'est-àdire de la loi en vertu de laquelle la vitesse croît proportionnellement au temps écoulé.
Toute loi susceptible d'être formulée avec précision, ou, en d'autres termes, d'être mise en équation, peut aussi être figurée par une courbe géométrique. Ce mode de représentation est particulièrement utile quand il s'agit de lois compliquées dont la mise en équation offrirait de grandes difficultés K ne permettrait pas d'apercevoir assez facilement les relations qui existent entre les diverses circonstances d'un phénomène. Dans le domaine de la physiologie (et de la météorologie], on a fréquemment affaire à de telles relations complexes ; on se contente alors de les représenter graphiquement, ••t cela suffit pour le but qu'on se propose. Supposons, par exemple, que la tijfure 2 représente la loi suivant laquelle la température du corps humain varie aux différentes heures de la journée ; si on voulait exprimer cette loi algébriquement, on arriverait à une équation extrêmement complexe et qui ne mettrait pas directement en évidence la relation cherchée entre la température et l'heure, tandis que la représentation graphique montre ce rapport à la simple inspection de lu courbe.
A .U i: D K ï i; JL Jv
FiG. i. — Représentation géométrique d'une loi phytique (loi des vitesse* dan* la chuta des corps).
fl INTRODUCTION
Dans les cas compliqués, U4s que celui dont nous venons de donner un exemple, on est ordinairement en présence, non pas de lois proprement dites, mais d'effets résultant du concours d'un grand nombre de causes qui peuvent agir indépendamment les unes des autres. Il est clair, par exemple, que ce ne sont pas les heures de la journée, considérées
en elles-mêmes, qui déterminent l'élévation ou l'abaissement de la teni- \ l)érature du corps , mais que ces
i^x^^ variations sont dues à des conditions
: \ I '. de chaleur extérieure, d'alimentation,
i j I : de sommeil ou de veille, etc., qui
; !,'.''';! "**' ^o"t pas les mêmes aux différents
• '— ' . . . i moments du jour; la relation entre
0 2'* -i c 8 10 •*. 2»' 4 6 8 lOMiy iji température et Theure pourrait
Fio. 2. — Représentation graphique d'une loi doUC êtro résolue eil Un pluS gran<l complexe (courbe des variations horaires de i i i c* • i*
la température du corps humain). iiombre de relations moins compli-
quées.
En général, on ne met en équatio i que des luis simples, et quand on fait usage de la re])résentation graphique ]H)ur les relations plus compliquées, (m vise, non pas ù figurer géométriquement une équation, mais à remplacer un ensemble de données disposées en tableau par une courl)e ou diagramme qui parle plus clairement aux yeux.
[On a imaginé des appareils qui tracent eux-mêmes la courbe représentant la relation entre le temps et un autre élément du phénomène; ce sont ce qu'on appelle des appareils enregistreurs ou à indications continues^ dont l'emploi devient de plus en plus fréquent dans les sciehces médicales. Nous aurons l'occasion d'en décrire un certain nombre et notamment le cvmographe, le sphyginographe, rhémadromographe, le phonautographe, etc. Les appareils enrt^gistreurs présentent rinimense avantage de faire connaître, jusque dans ses moindres détails, la mai*cho d'un phénomèue donné et d'en conserver une trace dui'able qui pennet ensuite d'êtuditM* ù son aise la durée du pliénomène, les diverses phases par lesquelles peut avoir passé l'élément que Ton considère, et de déterminer avec une extrânie pi'écision la iiioyenne analytique des variations observées.)
<. La phyil^ae coitldéréa comme leiniM des moa? aments. — To\is les phénoiuèues dont la physique a à s'occuper, soit pour en découvrir la cause, soit pour les déduire de causes connues, peuvent être divisés en deux grandes classes : une première série renferme les phénomènes qui consist^nit en mouveineiits de totalité des corps, sans que le corps qui change ainsi de |H)sition par rap - ]K)rt aux objets environnants éprouve d'altération dans sa substance ; les phénomènes de la seconde série peuvent laisser l'ensemble d'un corps au repos, mais ils ap]>ortent dans ses propriétés des modifications qui sont, ou «lirectemeiit perci*plibleâ {Kir les sens, ou fa<ih»s à mettre en évi»leiice au luoyen d'essais. La chute d'un corps est un phénomène de lu première classe; ù lu dernière appartiennent la congélation de l'eau, raiiuaiitjition du fer entouré d'un fil que parcourt un courant électrique. Il arrive frêfuemmeot qu'un même phénomèue comprenne à la fois des mouvements de ^ totalité et des U)odiiiC9tign3 de propriété» ; nous {H)uvons donc ilésiguer d'uue
manière abrégée tous les phénomènes qui ressortissent a Têtude de la physique, comme des changements, soit de position, soit de propriétés des corps, ou comme une combinaison de ces deux sortes de changements. De ces trois espèces de modifications, les plus simples sont évidemment les changements (te position, car les difiërents mouvements des corps ne se distinguent les uns des autres que par la grandeur de leur vitesse et par le sens et l'étendue des variations qu'elle peut subir. Les changements de propriétés des corps sont, au contraire, variés à Tinfini, et il n'est pas facile de prime abord de les réunir en un faisceau unique ; cependant on est arrivé, sur ce point, à une conception qui permet, dès maintenant, d'expliquer un grand nombre de ces modifications de propriétés au moyen des lois du mouvement : la physique ramène en efiet, tous les changements dans les qualités des corps aux mouvements des dernières particules de la matière.
En nous plaçant à ce point de vue nouvellement acquis, nous pouvons •lire que la physique est la science des mouvements qui se passent dans le, inonde matériel. Prise ainsi dans son acception la plus large, elle embrasse non seulement les phénomènes physiques proprement dits, mais encore ceux «lordre chimique et physiologique ; toutefois on a l'habitude de distraire ces «lerniers de la physique, et on définit alors celle-ci la science des mouvements qui s'efi'ectuent dans le monde matériel, à l'exception de ceux qui appartiennent au domaine des manifestations de l'affinité chimique ou qui constituent les phénomènes vitaux des organismes. Il résulte de là que la physique, en tant que science générale des mouvements, occupe le premier rang dans l'ensemble des sciences physiques; après elle, vient la chimie, laquelle n'étudie qu'un groupe particulier de mouvements, ceux qui sont dus aux attractions réciproques que les particules matérielles exercent les unes sur les autres, en vertu de leur nature propre, mouvements d'où résultent des combinaisons en proportions définies. Le troisième rang appartient à la physiologie; cette science ne considère que les phénomènes physiques et chimiques qui sont en rapport avec la vie des êtres organisés. [Nous avons indiqué, § 1, la ligne de démarcation qui sépare les uns des autres les phénomènes physiques, chimiques et vitaux.]
5. PtrcM BAtiralles oa eotmlqies. — Tous les phénomènes physiques se trouvant ramenés & des mouvements, il en résulte que les causes dont la physique a à s'occuper sont exclusivement des causes de mouvement.
On donne communément le nom de force & la cause d'un mouvement ; nous citerons comme exemple, la force musculaire de l'homme, dont les eflfets nous sont le plus familiers. On distingue autant de forces physiques qu'il y a de causes difiërentes de mouvement ; mais, dans tout mouvement, les parties qui se déplacent peuvent ou se rapprocher ou s'éloigner l'une de l'autre ; de là, deux espèces de forces qui existent en réalité dans la nature, savoir la force d'attraction et celle de répulsio7i. La pesanteur, par exemple, est une force d'attraction ; nous verrons que la force électrique est répulsive ou attractive, suivant que les électricités en présence sont de roéme nom ou de nom contraire ; la chaleur, en augmentant le volume des w^rps, se comporte comme une force répulsive. Ce dernier cas nous off're en même temps un exemple d'une force dont l'action s'exerce, non pas entre des corps isolés, m^js eptre les parties él^m^ptftires d'\ip se>A ^^ vw^wv^
corps; les forces de cette espèce sont l'réquemmeut désignées sous le nom de forces moléculaires^ et la partie de la physique qui traite de leurs effets prend alors le titre de physique moléculaire; mais- il n'est pas pos sible d'établir entre la physique des molécules et la physique des corps une ligne de démarcation nettement tranchée.
[De ce que nous avons distingué des phénomènes vitaux, propres aux êtres vivants, ce n'est pas & dire pour autant que nous admettions l'existence d'une force vitale^ c'est-à-dire d'une force spéciale, distincte de toutes les autres et présidant aux manifestations de la vie. Les seules forces en jeu dans les êtres organisés, comme dans les autres corps de là nature, sont les forces physiques et chimiques ; si les effets qu'elles produisent revêtent parfois un caractère particulier, ce résultat est dû uniquement a l'organisation même de l'être vivant, c'est-à-dire à la composition et au mode d'agencement de ses différentes parties constituantes.]