‹ Traité élémentaire de physique médicaleChapitre 5 sur 205 · PRÉFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'AUTEUR

De nos jours la physique ne constitue pas seulement l'indispensable préliminaire d'une étude approfondie de la physiologie ; elle a reçu, en outre, dans la médecine pratique, une foule d'applications des plus f» condes, dont le nombre augmente encore sans cesse. Tout l'ensemble du diagnostic et de la thérapeutique physiques, dont la création est presque entièrement Tœuvre de la génération actuelle, repose d'une part sur la connaissance de phénomènes du ressort de la physique, de l'autre sur l'emploi des ressources que cette science met à notre disposition. C'est à cet essor que la Physique médicale doit de s'être élevée au rang (le nouveUe branche des sciences appliquées.

Il y a deux manières d'écrire un traité de physique médicale. On peut supposer connue la physique générale et ne s'occuper que de ses applications à la médecine; dans ce cas, le plan et la division de l'ouvrage doivent être empruntés aux différentes branches de Tart de guérir. Ou bien on cherche à la fois à exposer les lois physiques et à développer plus spécialement leurs applications médicales ; c'est alors à la physique pure qu'il faut demander le plan et la méthode d'exposition. Un Traité fJep/ti/sique médicale écrit k ce dernier point de vue se distinguera des autres ouvrages de physique en ce qu'il sera approprié aux besoins si[>êciaux du médecin ; les questions qui importent le plus à la physiologie ot à la médecine y seront étudiées de préférence ; quant aux autres {•arties de la physique, on se bornera à eu faire connaître ce qui paraîtra nécessaire jKjur donner au lecteur une vue d'ensemble de la science.

Jrisqu'à présent, c'est, autant que je sache, surtout la première de ces voies qui a été suivie. Sans compter Testimable livre d'Adolphe Fick, auquel revient le mérite d'avoir traité, pour la première fois, la physique médicale comme une science distincte, nous possédons, dans cette même direction, un grand nombre de travaux isolés sur le diagnostic physique, Têlectro-thérapie, la théorie et la pratique du microscope, etc.

L'auteur du présent ouvrage a donné la préférence à la seconde voie* Quant à la question de savoir si celte manière d'exposer la physique

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médicale a de rutilité ot si elle se justifie parla nature môme du sujet, c'est au livni d'y répondre. Le plan en a été conçu depuis longtemps, TauteurTa mûri surtout pendant qu'il travaillait à son Traité de physiologie; cN.»st alors qu'il s'est convaincu de plus en plus de la nécessité d'ap[)uyer l'étude de la physiologie sur celle de la physique et d'accorder à cette dernière science une importance fondamentale»

Restait à tracer les limites dans lesquelles devait se renfermer l'ouvrage. Du côté de la physique pure, l'auteur a cru devoir élaguer tout ce qui n'était pas directement applicable à la médecine pratique ou né~ cessairo pour l'intelligence des phénomènes de la vie et des appareils médicaux ; du côté des applications, il a jugé convenable de se res treindre aussi et de ne pas sortir du point de vue purement physique des questions, les développements plus amples revenant de droit aux branches correspondantes de la médecine et de la physiologie. Si le lecteur trouvait que dans Tune ou dans l'autre direction on est resté en d<»(;à de de ses désirs, ou qu'on est allé trop loin, je le prierais de considérer combien il est difficile de garder une juste mesure dans un terrain à peine délimité.

Depuis longtemps j'ai acquis la conviction qu'il y a une disproportion par trop considérable entrt» les connaissances de nos médecins en physique et ce que la science est en droit d'(;xig(îr d'eux ; je crois me trouver dans le vrai en imputant un état de choses aussi fâcheux en grande partie au mode défectueux suivi dans l'enseignement de la physique ; cet enseignement, tel qu'il se produit dans nos coui-s et dans nos livras, «^adresse surtout aux physiciens de profession et aux chimistes ; h» médecin y ap(4\îoit d'autant moins l'importance d'une étude préalable de la physique» que précisément les parties dont il aurait le plus besoin lui sont exposées en général avec une brièveté tout à fait insuffisante*. Quand ensuite il aborde des monographies relatives à des sujets de physique médicale, il ressent d'autant plus vivement los lacunes de son instruction ; aussi lui arrive-t- il souvent de ne retirer de pariils travaux que quelqu<?s indications pratiques et d«» renoncer en détiniliv<» à les comprondre. L'ouvrage que je livre au public n'a nullement la prétention dr dispenser le lecteur de recourir aux publications spéciales qui concernant les diflTérentes branches de la physique généi-ale et médicale ; mon désir est bien plutôt de m<.»ttre (Mitre h^s mains de ceux qui sentent le bt»soin d'approfondir tel ou tel chapitre de physique médicale un guide qui hMir permette d'étendre leurs connaissances dans cette direction et qui bMir

fiicilite le travail.

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