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CHAPITRE III

111. Claasiicttita det briits. — Ce que nous savons de la nature de« se borne à la distinction fondamentale établie, § 106, entre les sonsq un caractère musical et ceux qui n'en ont point. On n'a pas encore rè oj>érer l'analyse des différentes formes de bruits, comme on a pu 1( }»our le timbre des sons musicaux.

G'pendant il y a lieu de diviser los bruits en deux genres : les ai une durée trop courte pour qu'on puis>e y reconnaître un son de hl déterminée, les autres proviennent d'un mélange confus de sous < troublent nuituellement et qui empêchent ainsi loreille d*eu appMC hauteur. Il faut convenir toutefois qu'un grand nombre de bruits pi

Ibe rangés à la fois dans l'un et dans l'autre des genres que nous venons rétablir; c'est ce qui arrive pour ceux qui ont une durâe trop brève et qui 0 composent, en même temps, de trop de sons différents.

Ut*. Bnits itstatttanés. — C*est dans les bruits de courte durée qu'on loave ceux qui approchent le plus des sons musicaux à vibrations régulires ; ainsi en est-il du bruit que produit habituellement le choc de deux Mrps solides. Dès l'instant, en effet, qu'un corps de cette nature reçoit un Énnlement, il se met à vibrer consécutivement, en vertu de l'élasticité de Ml molécules ; les oscillations qui prennent naissance de cette manière le persistent pas longtemps, mais, comme il suffit d'un petit nombre de ribnitions périodiques pour engendrer un son musical, il est évident que, si iODS D*apprécions pas la hauteur d'un bruit instantané, cela tient unique- Mot* dans la plupart des cas, à l'excessive brièveté de l'impression sonore. Efllinème cause, qui empêche Toreille de reconnaître une noie fondamentale It trop courte durée, s'oppose aussi à la perception des harmoniques iMcomitants; c'est par là principalement que le bruit instantané diffère du MMi musical ; il en prend de plus en plus le caractère, à mesure qu'il croit en hrée.

118^. Caractères génèraax des bruits de percussion. — Les sons que fournit la iKcassion des différentes régions de l'organisme humain nous offrent Il exemple instructif de bruits de courte durée. Pour les produire, on ippuie sur la partie à explorer une petite plaque d'ivoire, appelée plessimètre, et on frappe dessus à l'aide du doigt ou d'un petit marteau dont i tète porte un tampon de caoutchouc ; [la plaque d'ivoire peut aussi être Wiplacée par un doigt mis à plat sur les téguments.]

Le plessimètre rend, par la percussion, un son très bref et dépourvu de ■ractére musical , modifié par la résonnance des parties sous-jacentes. luuid l'instrument repose sur des organes solides et élastiques, ceux-ci m mettent à vibrer par influence dans toute leur masse. Une cavité remplie fiir se trouve-t-elle sous le point percuté, elle fait l'office de caisse de éK>nnarice et renforce, dans le son rendu par le plessimètre, la note qu'elle ■t apte à donner.

Les bruits de percussion diffèrent les uns des autres par l'intensité, la Mateur et la durée. La force de percussion restant la même, le son rendu 0t d'autant plus intense que la masse sous-jacente au plessimètre résonne itec plus de facilité ; si l'endroit percuté recouvre un espace rempli le gaz, la résonnance de ce fluide augmente la force du son et dans une KDportion d'autant plus grande qu'il y a, dans l'intérieur ou dans les parois bla cavité, une moindre quantité de substance propre à étouffer les vibra - Idds sonores.

Ijsk hauteur du son de percussion dépend des dimensions du corps vibrant : m effet, le nombre des vibrations transversales exécutées par une ^9rge parallélipipédique est proportionnel à l'épaisseur, en raison fuerse du carré de la longueur et de la racine carrée de la densité in corps vibrant {ci, § 113). Ou conçoit, dès lors, que la percussion du Ittar, par exemple, donne un son plus grave que celle du tibia; mais, lA présence de la complexité de forme et de structure des diverses parties hi corps humain, il ne saurait être question de préciser le son qui doit se

proiluii'e dans un cas déterminé, ni même de formuler à cet ^rd dai règles tant soit peu approximatives.

On sait de plus que dans les verges, ou, en général, dans des corpi élastiques de même substance et de forme semblable, le nombre Al vibratiotis est en raison inverse des dimensions homologues.

Quand le son est dû à la résonnance delà masse gazeuse renfermée dan.; un espace creux, sa hauteur dépend des dimensions de cette cavité et à l'ouverture qui la met en communication avec l'air extérieur ; dans le où la cavité a une forme approchante de celle d'un tube cylindrique, le kl est d'autant plus grave que le tube est plus long et plus large ; en outre, I baisse à mesure que l'ouverture se rétrécit.

Lorsque la partie frappée est de nature à entretenir facilement le rnovn* ment vibratoire qui lui est communiqué, le bruit de percussion croit durée et se rapproche ainsi du son musical ; c'est ce qui arrive notamnaif quand sous l'endroit percuté se trouve une collection gazeuse rénoiti sant les conditions les plus favorables à la résonnance ; tel est, en gêne le cas d'une cavité ayant des parois lisses, modérément tendues, et ne fermant aucun corps qui étouffe le son. D'habitude, Faccroissement do en durée s'accompagne d'une augmentation notable d'intensité.

119. Priicip&Ies formel des bmtts de percutiOB. — Dans le langage on a introduit une terminologie particulière, pour exprimer les difie nuances que présente le bruit de percussion, sous le rapport de la de la hauteur et de la durée.

Le son, à la fois faible et instantané, est appelé mat; ou a de la à en reconnaître la tonalité ; la percussion de grandes masses musc telles qu'on en trouve dans la cuisse, donne un son d'une matité typique, qualifie le son à' obscur ou de creux ^ quand il est faible et bref, mais d'i durée dépassant pourtant un peu celle de la percussion. On obtient un de cette espèce, en percutant des parties qui recouvrent des masses gazi aptes k résonner, mais dont l'interposition de produits solides éteint vibrations : tel est le cas qui se présente dans la percussion du thoi lorsque des exsudats occupent la partie du poumon située au n: du point exploré. L'obscurité se transforme graduellement en matilt^ mesure que la quantité d'exsudat augmente, surtout quand ce p morbide s'est déposé entre les feuillets de la plèvre.

Le son plein (sonore) ou clair dure plus longtemps et a plus de force celui qui est obscur; il se rapproche déjà davantage du son musical* l'obtient, par exemple, en percutant le thorax sain : le bruit est dû, dam cas, aux vibrations de parois h peu près rigides et à la résonnance de masse gazeuse renfermée dans les poumons, résonnance amoindrie ptf présence du parenchyme pulmonaire. Le développement exagéré à| système musculaiiv on du tissu *rraiss<Mix qui recouvre les parois àtM IHiitrine, obscurcit aussi le son; cette couche de parties molles étouftlB vibrations de la ivgion percutée, de la même manière que le drap deÉl on recouvi'e la peau d'un tambour assourdit le son de rinstrument. Tort* choses égales d'ailleurs, le bruit fourni par la percussion du thorax «< d'autant plus sonore que la poitrine a des parois plus maigres.

La différence qu'on fait entre un son obscur et un son ereux^ entre n

Il clair et un son plein^ se rapporte exclusivement, je crois, à la tonalité, i disant d'un bruit qu'il est obscur ou sourd^ on entend toujours exprimer r là qu*il est, non seulement faible et bref, mais encore grave; s*agit-il, contraire, d'un son à la fois faible, bref et aigu^ on l'appelle creux ou ie. De même, Tépithète de clair entraine l'idée d'un son aigu, et on oisit l'expression de plein pour désigner un son plus grave, mais de même tosité et de même durée que le clair. Ainsi les termes opposés d'obscur de clair, de creux et de plein, ont rapport à la fois à la force, à la durée à la hauteur du bruit ; un son clair, par exemple, devient obscur, quand éprouve une diminution d'intensité, de durée et de hauteur ; il devient BOX, si la diminution ne porte que sur l'intensité et la durée. Un bruit de percussion d'un timbre particulier est celui qu'on ngoe sous le nom de son tympanique. Par sa durée, il se rapproche son musical, et une oreille exercée en distingue aisément la hauteur. tte variété de bruit prend naissance, quand il existe sous l'endroit icoté une masse gazeuse placée dans les conditions les plus favorables la résonnance ; ainsi la percussion des parois abdominales disten- 6S par une accumulation de gaz donne un son tympanique ; le même û 86 produit pour le thorax, renfermant un certain volume de gaz, ) limitent des parois lisses et dans un état de tension convenable. Tou- »8, il ne faut pas que les tissus qui servent d'enveloppe à la masse seuse résonnante soient soumis à une tension par trop considérable, sinon étouffent les vibrations sonores, et le son, au lieu d'être tympanique, rient mat: une vessie gonflée à l'excès par de l'air ne donne pas de son npanique à la percussion ; mais, sitôt qu'on la dégonfle un peu, le tymlisme apparaît. De même, le poumon sain percuté sur le vivant, où il est lement distendu par l'air, ne rend qu'un son plein ; mais, lorsqu'il est brait d'un cadavre, et revenu en partie sur lui-même, on obtient un lit qui revêt le caractère tympanique.

iî le bruit se rapproche encore davantage du son musical, par sa née, il prend un timbre métallique ; ce qui caractérise cette variété de I, c'est la production de vibrations sonores qui font suite au bruit in- Btané de percussion et qui en prolongent la durée, mais qui s'en distinttit nettement par leur faible intensité et par la pureté du son qu'elles ^ndrent. 11 en résulte qu'une masse gazeuse, susceptible de résonner idant un certain temps et avec une intensité modérée, peut rendre un I oflrant, à s'y méprendre, le timbre métallique : c'est ce qu'on observe p^icutant des points, au niveau desquels existent des cavités remplies tir, dont les parois consistent en membranes assez résistantes et à surface le.

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120. Bruits prolongés ou cobUbus. — Quand l'air reçoit une successioi d'ébranlements, qui se répètent à intervalles irréguliers, c'est-à-dire doÉl le rhytmeetle plus souvent aussi l'intensité varient continuellement, ilei résulte l'audition d'un bruit continu. La courbe de la figure 138 représnti un bruit de cette espèce. Nous avons vu précédemment (cf. § 114^)qu'iii pareille courbe est aussi décomposable en un certain nombre de courhi simples correspondantes à des vibrations régulières. En d'autres termes, tort bruit peut être regardé comme formé par la réunion d'une foale de tom musicaux, dont les uns se font entendre simultanément, tandis que lesautnt

changent rapidement de hauteur. Mais jusqaià'

/ ^ /^ /'"^-^"^> ce jour on n'a pas encore réussi à trouver b

l/ CT^ ^ forme du mouvement vibratoire correspondtÉl

Fio. 138. — Courbe do mouTe- aux différents bruits ; on en est réduit k juger él

ment ^i^^j;;|?^i';^^J^^^^^ <^» ^'"^ leur composition d'après leurs caractères acou»

tiques. ■

Un grand nombre de bruits continus paraissent dus plutôt a l'éroisM simultanée d'une foule de notes dissonnantes, qu'aux variations rapides dl la tonalité des sons qui se succèdent. Dans cette catégorie viennent if ranger les bruits de roulement et de bourdonnement, lesquels o^ beaucoup de ressemblance avec le son produit par le mélange de plusievnl notes, accompagné de battements d'une grande intensité ;on peut,jusqt% un certain point, y reconnaître encore une tonalité. Le bruit de rouleiMÉl consiste en une succession de sons musicaux très graves, séparés les su des autres par des intermittences de durée assez courte; quand les batttments se succèdent avec plus de rapidité et que la hauteur des sosf composants est un peu plus élevée, on entend un bourdonnetneni. Mr battements engendrés par des notes voisines de la limite supérieure des sost perceptibles produisent ce qu'on appelle une stridulation, La constilulist i de ces bruits s'explique aisément par ce que nous savons de leur iDodl| de production. j

Les bruits de râle et do crépitation ont j)0ur origine une succesrioi , d'ébranlements aériens, dont chacun séparément a une durée trop coorti pour que l'oreille puiss.î en apprécier la tonalité. On obtient, par exemphi un râle intense, en faisant tourner rapidement deux roues de bois doutkl dents s'engrènent mutuellement : chaque fois qu'une dent de la roue, ï laquelle on imprime directement le mouvement de rotation, quitte uno Jcsl (le l'autre roue, celle-ci vibre et rend le son qui lui est propre; mais, cemnf ces vibnitioiis ne durent qu'un temps très court, le son émis e>t bre( K on a (le la peine à en reconnaître la h.'tuteiir. Si la seconde roue, celle qsi rend le son, est très petite, ce n'est plus un râle qu'on entend, mais ust crépitation ; cette dernière forme de bruit ne diffère donc du râle propremesl

Ut que par sa tonalité plus élevée, car la hauteur du son produit moute à Besure que les dimensions de la roue diminuent.

D'autres bruits semblent plutôt dus à une série de sons de hauteur très tifierente, qui se succèdent rapidement, mais qui reviennent toujours dans b même ordre : tel est, par exemple, le gargoxtillemenl. Cette variété le bruit prend naissance, quand des bulles d'air traversent un liquide renfermé dans un tube: en pénétrant dans le liquide, chaque bulle engendre on son grave, de hauteur correspondante aux dimensions du tube ; puis, la moment où elle arrive à la surface, elle éclate et produit un son plis aigu, dont la tonalité est déterminée par la grandeur même delà bulle.

Les bruits de souffle et àe sifflement paraissent être ceux qui s'éloignent le plus du son musical ; ces deux formes ont manifestement pour origine des fcrtnlements tout à fait irréguliers de Tair, et il ne peut plus être question id de discerner une tonalité. Le bruit de souffle se fait entendre quand rmrtraverse une ouverture assez large ou un tube dont la section s'élargit brusquement; à ce niveau, les molécules du gaz prennent un mouvement Ijratoire; il en résulte une sorte de tourbillon, qui, comme dans Técou- BDent d'un liquide à travers un tube de diamètre variable, est plus Wisidérable là où l'air passe d'une partie rétrécie dans une partie élargie pi'à l'endroit où la variation de calibre s'opère en sens inverse; aussi le NPuit produit dans le premier cas est-il de beaucoup le plus intense. Lors- [ue l'ouverture qui livre passage au courant d'air est très étroite, le bruit le souffle se transforme en bruit de sifflement ou de sibilance.

Ul. CoASODAes de la voix humaine. — Le langage humain nous ofl*re, dans 'émission des consonnes^ des exemples de bruit d'une grande variété. Quand n se borne à chasser l'air par la bouche tenue assez largement ouverte, on roduitun bruit de souffle ou d'aspiration qui donne la consonne H. Mais si, I cavité buccale étant préalablement fermée, on vient à expulser l'air avec npétuosité, en rouvrant la bouche, ou bien si, pendant que l'air s'écoule au lÂors, on rétrécit une portion des voies qu'il parcourt, il en résulte de looveaux bruits, dont le timbre varie avec la forme et le siège de la partie Arécie. Malheureusement, l'étude physique des consonnes est encore à lire; quant au mécanisme physiologique de leur production, il est exposé tans les traités de physiologie. (Cf. Wundt, Traité de Physiologie, ^208, trad. française par Bouchard, Paris, 1872, et Beaunis, Nouveaux éléments de Physiologie humaine, 2° édit., Paris, 1881.)

Nous nous bornerons donc à donner ici une classification des consonnes iiodée, d'une part, sur le siège de l'occlusion de la cavité buccale, d'autre vrt, sur la manière dont l'air est chassé au dehors.

[Mais, comme aucune des classifications publiées ne nous satisfait entièement, nous allons en faire connaître une qui difi'ère un peu de celle de autour et qui nous semble plus conforme à la réalité. V. M.1]

WoKvr-lloiioTn, P]ijn.-lléd., S* édit. 19

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