‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 18 sur 38 · Du Magnétisme des Mines de Fer · texte numérisé non relu

Du Magnétisme des Mines de Fer

lies milles de fer répandues dans l'intérieur du globe ayec une akmdanoe proportionnée à Futilité de ce métal , le plus précieux de tous , ont été l'objet de diyerses observations particiijiëres , qui offrent une confirmation des principes que nous avons établis , relativement à la manière d'agir des forces magnétiques.

961. On a quelquefois observé que des morceaux d'aimant qu^<m venût de retirer de la terre et qu'on laissait dans la même posi* tion où ils étaient avant l'extraction y avaient leurs pôles situés e» sens inverse de celui qui aurait dû avoir lieu dans l'hypothèse ok ces morceaux auraient acquis leur magnétisme par l'actien d'un aimant placé au centre du globe y ou par celle du globe mène^ considéré comme faisant l'office d'uû aimant. Pour lever la diffir cuUé qui parait en résulter , il faut s\mplement supposer avec iËpinus, qu'il se forme naturellement dans les mines d'aimant des points conséquens y analogues à ceux que l'on observe quelquefois par rapport au fer que nous aimantons par les procédés ordinaires (899). On concevra dës-lors)conmient il peut se &ire que quand on détache un fragment de mine dans laquelle il existe unm série de points oonséquens , la séparation ait lieu de manière que les deux p^es qui terminent le fragment soient autrement tournésquedans les morceaux qui ont recule magnétisme ordinaire.

962. Les minéralogistes ont regardé «onmie une espèce parti* culière deteine de fer, qu'ils ont nommée aimant , oelle qui a les deux pôles magnétiques ; c'était le ferrum attractorium de lÂnna&us. Parmi les autres mines y celles qui n'avaient point de pMes distincts , mais seulement la faculté d'être attirées par le barreau aimanté , s'appelaient ferrum retractorium : enfin , on tLOïMnA\\femm^ refrac tarium celles qui se refusaient à l'action de ce barreau. Delarbre annonça , en 1786 , que les fers spéculaires de Volvic, du Puy-de-Dôme et du Moiit-d'Or, avaient deux pôles bien marqués (1) , et ïîous avons entendu parler d'une observa-

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(i) Journal de Physiq^^^^i 17 '6, p. 119 et siiiv. Rome de Lisie avait dcjà dit la même chose par rapport h une mine de fer spe'cuiaire de Philadelphie. Crisul., t. III, p. 1871 note 35.

tîon semblable faîte sur un cristal de fer octaëdre de Suëde, ou de quelque autre endroit ; mafe il restait uu sujet de surprise à la vue de tant d'autres corps qui renfermant une certaine quantité de fer à l'état métallique, ayaient séjourné si long-temps dans le sein de la terre , sans paraître avoir participé à Faction qui ayait converti les premiers en aimans.

963. Nous avons entrepris récemment défaire des expériences pour édaircir ce point de Hiysique; mais nous avons considéré que si nous nous servions d'un barreau d'unecertaine force , comme on le fait communément pour éprouver le magnétisme des mines de fer y il pourrait arriver que des corps qui ne seraient que de faibles aimans attirassent indifféremment les deux pôles du barreau ; parce que dans le cas oùroi^ présenterait, par exemple, le pôle boréal du corps soumis à l'expérience , au pôle boréal du barreau , la force de celui-ci pourrait détruire lè magnétisme de l'autre , et de plus y faire succéder l'état contraire , ce qui changerait la répulsion en attraction. Nous avons donc pris une aiguille qui n'avait qu'un assez léger degré de vertu, semblable à cdks dont on garnit les petites boussoles à cadran ; dès cet instant tout devint aimant entre nos mains. Les cristaux de l'île d'Elbe, ceux du Baupliiné , de Framont , de l'île de Corse , etc. repoussaient im des pôles de la petite aiguille par le même point qui attirait le pôle opposé. Nous avons trouvé peu d^exceptions; et peut-être les corps qui sont dans ce cas ont-ils perdu leur magnétisme, depuis qu'ils ont été retirés de la terre. Ce qui peut le faire présumer , c'est la facilité avec laquelle ils acquièrent des pôles lorsqu'on les met en contact , seulement une ou deux secondes, avec un barreau d*une force moyenne.

Il serait possible d^ailleurs que qudqueï cristaux eussent échappe à l'action du magnétisme du globe pour avoir été situés de manière que leur axe fût perpendieulaire à la direction du méridien magnétique de leur lieu natal.

964. Il nous vint ^en idée qu'il pourrait se faire qu'un cristal k l'état d'aimant parût , en conséquence de cet état même, n'avoir Aucime action sur un autre aimant. Pour vérifier cette conjecture^ nous avons substitué & l'aiguille le barreau dont on «e sert wdir

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ftuspendue à un fil de soie très délié , elle se dirigea aussitôt dans le pUm dtt méridien magnétiqne. De plus, un fil de fer dootle poids était à peu près la moitié de celui de cette lame , ayant été niis en contact ayec die , j demeura suspendu par i'^Eet du magnétisme.

M.Biot a comparé depuis la force magnétique du mckdatec celle de l'acier y en faisant osciller deux lames rectangulaires dfe o**',2l27 de longueur sur o^^'^jocô de largeur , et dont l'une, qui était de nickel , pesait 5^*'"',i78, et Tautre, qui était d'acier, pesait i^'^'y 586. La première avait été ^urée avec tout le um. possible par M. Thenard, dont l'habileté est connue.

Les deux lames ayant été aimantées à saturation ftirent sus^ pendues à des fils de soie; celle de nickel fit lo oscillations en 87'^", et celle d'acîcr en fit le même nombre en 45'^',5. Mais les forces magnétiques de deux corps , à Colite de dimensions , sont en raison directe des poids , et en raison inverse des carrés des temps employés à faire un nombre donné d'oscillations : donc la force

magnétique du nickel est à celle de l'acier comme /-L— %â ^ ^

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rrr-ryTi ou comme o,ooo684 est à 0,002216 ; c'est-à-dire que h

première est un peu moins que le tiers de la secotide.

Or y la quantité de fer qu'il faudrait supposer dans les bmes de'ttickd, dont nous Tenons de parler, était trop considérable pour permettre de croire qu'elle eut entièrement échistppé aux moyens employés par les deux célèbres chimistes, qtd semblaient avoir épuisé toutes les ressources de l'art pour amener ces lames à l'état de pureté.

968. Cependant M. Laugier , si avantageusement connti par la grande précision qui caractérise ses opérations , soitpçonna depuis que le terme auqud s'était arrêtée l'analyse, dans les tentatives faites pour épurer le nickel , n'était pas le dernier auqne il fàt possible d'atteindre, et entreprit de nouvelles recherches dans la vue d'essayer s'il ne débarrasserait pas ce métal d'une petite quantité de matière étrangère , qui serait restée [jusqu'alors comme enchaînée à ses molécule propres.

DE physique; IIQ

Il fut 'utilement secondé dans son trayall par M. Silveiray, jeune médecin portugais, d'un mérite distingué. On peut lire dans le mémoire qu'il a présenté à l'Académie des Sciences y et qui a obtenu le suffrage de cette compagnie , le détail des épreuves nombreuses et variées par lesquelles ces deux sayans ont fait passer successivement le métal , et des précautions scrupuleuses qu'ils ont pHses pour écarter jusqu'aux plus petites causes d'erreur, et pour arriver à un résultat qui pût être regardé comme étant en qodque sorte le dernier mot de la Chimie (i).

Ce que la propriété magnétique du nickel a gagné à ce résultat y oSre une raiton de plus de croire que M. Laugier a atteint le but qu'il s'était proposé , puisque si , comme on n'en peut douter y le nickel jouit par lui-même de la propriété dont il s'affit , il est naturel de penser que plus il est pur, et plus elle doit avoir en lui d'énergie. M« Laugier, à qui nous témoignâmes le désir d'éprouver ce qu'elle aurait acquis entre ses mains , voulut bien nous donner une lame de son nickel, d'une forme à peu près circulaire, et dont le diamètre était de a5 millimètres (près d'un pouce), et l'épaisseur de a millimètres (environ une ligne). £n fiBÔsant tourner cette lame vis-à*vis d'une des extrémités d'une aiguille aimantée , nous nous aperçûmes qu'elle avait deux p6le9 situés sur la direction d'un même diamètre. A la vérité l'aiguille n'avait qu'une médiocre vertu. Avec une autre aiguille plus vigoureuse, la répulsion était quelquefois remplacée par l'attraction. Mais l'action polaire était très marquée. Nous ne voulûmes pas l'augmenter à l'aide de l'aimantation^ nous préférâmes d'en observer plutôt la durée , et nous trouvons que déjà elle s'est soutenue sans altération sensible depuis plus de six mois que nous l'avons éprouvée pour la première fois. L'action polaire est dou- Uenient remarquable dans le cas présent , comme étant le résultat d'une simple opération d'analyse, qui semble être entièrement

(i) Expériences sur le traitement des mines de Cobalt et de Nickel, etc. j Mém. la à PAcadëmie royale des Sciences , le lo août 1818. Annales de chimie et de pliysiqae, t. IX, p. 267 et suiy.

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