‹ Traité élémentaire de physiqueChapitre 19 sur 38 · Tome IL q · texte numérisé non relu

Tome IL q

fSî TRAITB éLiMENTAIRB

suffisant et même absolument mutile, et, pour ramener les plié* nomënes à l'hypothèse d'un noyau fixe, il observe d'abord que si le fluide était distribué miiformément dans toe noyau , en sorte que set deux centres d'action , ayant des forces égales , fussent situés sur l'axe de la terre à des distances égales du centre, k déclinaison serait nulle à tous les points du globe , tandis que l'inclinaison, nulle seulement à l'équateur, croitrait Ters les pôles , suivant une loi qui serait en relation avec le changranent de latitude.

Mais la distribution du fluide se fait irrégulièrement k l'intérieur du noyau magnétir.ue. Bans certaines parties le fluide eit plus accumulé ; dans d'autres il est plus rare; et il en résulte que les positions des centres d'action cbancent continndlement k Yégard d'une aiguille portée à diiTérens points de la terre. Si le point auquel répond actuelleinent l'aiguille est tellement situé, que la r!bultante de toutes les forces qui agissent diyersement sur elle des différens points du noyau magnétique soit paraD^ à l'axe de la terre, la déclinaison sera nulle; et suiTant que cette résultante fera un angle plus ou moins ouvert ayec l'axe du fjiûbdf la déclinaison eQe-mème sera plus ou moins considérable.

D'un autre côté , la distribution du fluide change avec le temps dans l'intérieur du noyau , et ces changemens déterminent cevi que subissent la déclinaison et l'inclinaison de l'aiguille dans va même lieu.

974. A l'égard de la yariation diurne en déclinaison , M. Canton a cru pouvoir l'expliquer par la diminution de force attractive que la chaleur des rayons solaires devait occasionner dans k noyau magnétique du globe. Cette diminution ayant lieu le matin, par rapport aux parties situées vers l'est, l'aiguille, moins attirée de ce côté, devait décliner vers l'ouest, et l'effet opposé devait avoir lieu pendant l'après-midi.

975. Une observation faite par Lahire semble donner une noi^ veUe couleur à l'hypothèse dont nous venons de parler. Ce {Aysicîen aynat taillé, en forme de sphère, un aimant naturel qui pesait près de cent livres , et en ayant déterminé l'axe d'sqprèi la position des pôles magnétiques , tra^a sur cette sphère on

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équateur et un ceviain nombre de méridiens. Il fit ensuite OMrres* pondre une aiguille aimantée successivement à différens points, de cet aimant, et il remarqua que, dans quelques-uns de ces pointsy^ elle se dirigeait exactement d'un pôle à l'autre, et que, dans d'autres points,. die déclinait à droite ou a gauche; en sorte que la plus grande déclinaison ohaenrée se trouvait être d'enyU ron 26 degrés^

97 6». Tel était Tétat de nos connaîssanoes, relativement au ma«> gnétisme naturel , lorsque M. G)ulomb , à qui la détermination de toutes les petites forces qui exigent des attentions délicates semble être tombée en partage , fut conduit, par des expériences de ce g^ure , à des résultats in^irévus , qui tendent à répandreun nouveau jour sur le point de Physique qui nous occupe. Ce savant célèbre prit deux barreaux aimantés, qu'il disposa, sur wap même ligne droite y. de manière que leurs pôles opposes étaient éloignés l'un de l'autre d'environ i5 millimètres. Il jdtaça dans l'espace intermédiaire , successivement, de petits cylindres faits de diverses matières ,. et dont la longueur était de sept à huit millimètres. Qiaque cylindre était suspendu librement à un fil de soie, tel qu'il sort du cocon. M. G)ulomb observa que ce cylindre , de quelque matière qu'il fût composé , se disposait toujours exactement suivant la direction des barreaux ^ et si on le détournait de cette direction., il y était constamment ramené , après un certain nombre d'oscillations. L'or » l'aient, le cuivre , le plomb , l'étain , le verre ,. la craie > les os des animaux , et difiËrens bois furent soumis à l'expérience , et tous ces corps cjurouvèrent l'i^^n des barreaux magnétiques (1).

Il se présentait deux manières d'expliquer' ces phénomènes : Fune consistait à dire que tous les élémens qui entrent (dans la composition de nptre globe étaient , par leur nature , susceptibles de la vertu magnétique , mais que, dans la plupart des corps, cette vertu était presque insensible*^ en sorte. que, jusqu'à présent, elle n'avait guère été observée que dans- le fer, qui la possède à un d^é cminent ; l'autre explication supposait que l'ac-

(1} J[ounial de Physique \ floréal an z, p. 367 et fui y*

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tlon magnétique exercée par les barreaux dans les expériences que nous ayons citées , était due à des molécules de fer répandues indistinctement dans les difiérentes substances naturelles , et qui échappaient à tous les efforts de l'analyse chimique. M. G>uloinb; qui ayait d'abord penché en faveur de la première explication , paraît avoir balancé depuis entre l'une et l'autre ; il a projeté ime suite d'expériences dont il a même exécuté quelques-unes, et dont le but était de mesurer l'action des barreaux sur les difl&rens corps, et de chercher quelle serait, relativement à la masse de chacun de ces corps , la quantité de fer qu'il faudrait supposer disséminée dans son intérieur pour produire le nombre d'oscillations qu'il fait dans un temps donné.

La grande précision que M. Coulomb avait coutume de mettre dans toutes ses opérations , semblait ne laisser aucun lieu de douter de la justesse des résultats qui viennent d'être décrits. Cependant plusieurs physiciens ayant entrepris de les vérifier, n'ont pa y réussir ; nous avons tenté nous-mème inutilement d'en obtenir de semblables, en employant des barreaux plus vigoureux que ceux dont on se sert ordinairement, et en n'omettant aucune des précautions propres à garantir le succès de l'expérience. Les oscillations que faisaient les aiguilles, pendant le premier instant, répondaient à des arcs qui étaient coupés très inégalement par une ligne parallèle aux axes des barreaux , qui aurait dû Dure ici la même fonction que la verticale dans les oscillations du pen* dule. Lorsqu'ensuite l'aiguille avait cessé d'osciller, la direction sur laquelle eQe s'était arrêtée faisait un angle plus ou moins ouvert avec les mêmes axes , et qui variait d'une expérience à l'autre.

La seule manière de concilier ici la diversité des résultats avec la marche uniforme des opérations , consisterait à dire que l'ac* lion du magnétisme sur les aiguilles , ne conunençant à devoiir sensible qu'à un certain degré d'énergie, les expériences restent sans effet, ou réussissent suivant que la force des barreaux employés est en deçà du degré dont il s'agit, ou l'a atteint. Et ce qni sembla confirmer cette explication , c'est que dans des expériences dont on a annoncé le succès, on avait substitué à de simples barr

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xeanx des faisceaux de lames magnétiques , qui deraient emprunter de leur réunion im grand surcroit d'énergie. Mais nous n'arons pas été à portée de nous procurer un appareil qui offrit le même avantage.

977. Les recherches des physiciens modernes pour perîbctionner la science du magnétisme ne sont pas encore arrivées à leur terme. Parmi les phénomènes qui en attendent de nouyeDes, la déclinaison de l'aiguille et la Variation de l'intensité dé la force magnétique sont ceux à l'égard desquek nos connaissances soient le plus en retard. Quelques savans ont cru aroir trouvé la loi dfe la déclinaison, et ramené ce phénomène à une espèce de progression qui devait en donner la quantité pour chaque lieu de la terre. On a même été jusqu'à prétendre que la déclinaison pouvait servir k résoudre le prohlème des longitudes. Mais , suivant la remarque de M. Biot^la recherche extrêmement difficile des lois auxquelles sont soumises la déclinaison et l'intensité exigerait y pour être tentée avec succès, des observations peut-être plus nombreuses et plus précises que celles qui ont été recueillies jusqu'à présent On pourrait dire qu'à cet égard la Physique du ma-* gnétisme n'est pas encore mûre pour la Géométrie.

978. Nous terminerons par une comparaison succincte des fluides électrique et magnétique, considérés relativement à leur manière d'agir et aux fonctions qu'ils exercent L'un étend son empire sur tous les corps de la nature; ce qu'il y a de prouvé par rapport hs l'autre , c'est que le fer, le nickel et le cobalt sont les seuls corps soumis à son pouvoir. Le fluide électrique tantôt se communique librement d'un corps à l'autre, tantôt reste engagé dans le corps où il s'est décomposé; jamais le fer ne partage son fluide avec un antre fer, il le retient constamment comme enchaîné dans ses pores.

. L'électricité se manifeste aux yeux par des jets de lumière , par de bruyantes étincelles. Le magnétisme agit paisiblement et en silence; il n'est sensible que par les mouvemens qu'il inspire aux corps en prise à son action. Les phénomènes électriques excitent un étonnément plus vif^nes phénomènes magnétiques une admiration plus tranquille.

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Enfin la décomposition spontané^ du fluide âectrique dans la nature dépend de causes locales, Tariableset passagères. Le fluide magnétique a ses forces à peu prës concentrées dans certains points de notre globe, comme dans des espèces de foyers d'où elles a^exercent à chaque instant sur tous les corps ferrugineux. Sans cesse elles sollicitent les aiguilles de boussole , sinon d'une manière constante > du moins ayec des variations assez petites pour que l'instrument soumis à leur action puisse serrirde guide aux navigateurs , et les dédommager en quelque sorte de rabeence des étoile! ^ et ainsi l'aimant, qui n'a été pendant long-temps qu'on objet d'amusement, fournit aujourd'hui à la marine im de sesin* strumens les. plus précieux '^ et ceci nous apprend que les objets qui ne semblent d'abord conduire qu'à des spéculations curieuses, ne doivent pas être pour cela condamnés à l'oubli. Outre qu'il en résulte toujours des connaissances propres à exercer la sagacité de l'esprit et à orner la raison , ces connaissances peuvent receler elles-mêmes une utilité cachée qui enfin se déclarera^ et les momens que nous leur donnons préparent peut-être celui où dksf tourneront vers nous leur côté le plus intéressant, et cesseront d'être stériles pour le bien de la société.

Expériences électro-magnétiques.

Observations préliminaires.

979. L'existence du fluide électrique dans les phénomènes dont on doit la découverte à Galvani , avait été méconnue par oe physicien , et la cause qu'il leur assignait, en les faisant dépendre d'un fluide qui circulait dans le corps des animaux , tendait à r^eter leur théorie bien loin de sa véritable direction. Dans la suite, après que Y olta en eût découvert la vraie cause et eût mis le fluide électrique en activité dans la pile qui porte son nom, les effets que cet instrument ofirit à l'observation parurent lui assigner encore un rang à part dans l'ensemble des corps électriques; et tandis que ceux de ces corps qui étaient connus jusqu'alors s'as* similaient aux corps magnétiques pSr les lois auxquelles était soir

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mis le fluide qui les sollicitait , ce fluide se montât y sous certains rapports , diffiârent de lui-même , par la manière dont la pile se chargeait y par la faculté qu'elle avait de reprendre sans cesse ce qu'elle avait perdu, et par la distribution des deux fluides qui circulaient dans son intérieur. Des expériences très remarquables , faites par M. Œrsted , ont prouvé que le fluide magnétique , qui fusqu'alors n'avait fourni qu'un terme de comparaison aux phénomènes électriques, concourait réellement à ceux de la pile.

Noos allons exposer, le plus daireuient qu'il nous sera possible , les résultats de ces belles expériences, où des phénomènes si connus y et avec lesquels nos yeux étaient familiarisés depuis si longtemps, se sont montrés sous des caractères qui semblent en avoir fait des phénomènes tout nouveaux.

Exposé des Phénomènes.

9S0. On sait que l'action exercée par une pile sur le fluide naturel des disques métalliques qui entrent dans sa composition, a pour effet de séparer les deux électricités dont il est formé, et qu'elle tend continuellement à les refouler en sens contraires vers les extrémités. De là résultent deux états difiereas du fluide développé par la pile, suivant que ces extrémités sont isolées l'une de l'autre par des corps non conducteurs , ou communiquent en- .semUe par un fil conducteur. Le premier état est un état d'équililnre , ou de tension électrique ; les deux électricités s'accumulent chacune dans la partie de la pile vers laquelle elle est portée, jusqu'à ce que leur tendance à se réunir contrebalance l'action contraire que la pile exerce pour les séparer. Mais si l'on forme un circuit en joignant les extrémités de la pile par un fil métallique, alors il n'y a plus de tension : les deux fluides, dégagés par l'action eontinue de la pile, se répandent en sens opposés dans le fil conducteur , où s'établit par leur réunion le second état de l'électricité , que l'on a désigné sous le nom de courant électrique. Cet état est caractérisé par un nouvel ordre de phénomènes , auquel appartiennent ceux que nous ont dévoilés lt$ expériences de MM. CSrstedy Ampère et Arago.

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i"". Phénomènes découverts p^r M. Œrsted.

981. Gesphénomënes consistent dans les actions que M. Œrsted a reconnues entre le fil métallique qui joint les deux pôles d'une pile et un aimant ; actions qui sont dépendantes non seulement de la position du fil par rapporta l'aimant, mais encore des directions que suirent dans ce fil les deux électricités. Comme ces directions sont opposées > il suffit , pour les déterminer, d'indiquer le sens dans lequel se meut l'électricité positive, c'est ce que l'on appdle le sens du courant électrique. Gela posé, on peut présenter, comme l'a fait M. Ampère, tous les faits particuliers olnerrés par M. Œrsted, sous un point de Tue qui les ramène aux deux résultats généraux, que nous allons exposer.

98a. 1*'' résultat. Lorsqu'on approcbe une aiguille aimantée d'une portion quelconcpc d'un circuit galvanique, on la Toit se détourner de sa direction prinlitrre, et tendre à se mouroir de manière que son axe soit perpendiculaire à cette portion du circuit. De plus, si Fon se place, par la pensée, dans le sens du courant, de manière qu'il soit dirigé des pieds à la tète de l'obseryateur, et que celui-ci ait la face tournée yers l'aiguille, c'est toujours à sa gauche que le pôle austral est porté par Faction galvanique.

983. Supposons, par exemple, qu'une pile soit placée horizontalement à peu près dans le sens du méridien magnétique, et qu'on ait disposé, dans une direction parallèle à ce méridien , 'une portion plus ou moins grande du fil conjonctif. Supposons de plus que le pôle positif de la pile regarde le nord , de manière que le courant galvanique soit dirigé du sud au nord dans la pile, et du nord au sud dans la partie rectiligne du conducteur; que l'on place deux aiguilles aimantées mohiles sur des pivots , l'une sur la pile elle-même , et l'autre au-dessus on audessous du fil conducteur, le pôle austral de la première se portera vers l'est, et ^lui de la seconde se détournera du côté opposé, lorsqu'on la placera au-dessus du conducteur, et du même côté lorsqu'elle sera placée au-dessous

DE PHYSIQtnB. 189

Dans cette expéienoe; l'action du courant galvanique se combine tou)ouxs aveccelle que le globe terrestre exerce sur Taiguille aimantée , ei sorte que celle-ci ne parvient jamais à la position perpendiculaire 9 é s'arrête obliquement en faisant un angle plus ou moins cuTcrtayec le méridien magnétique. Mais on peut rendre nulle Finihenoe du globe, ainsi que Ta fait M. Ampère, en fixant l'aguiUeaimantée perpendiculairement à un axe, au-quel on douae la direction de l'aiguille d'inclinaison. Dans ce cas , die fiiît toujours m angle droit ayec le fil Conducteur, celui-ci agissant seuil pour \ diriger.

984. 2(* rêsultûtXJn conducteur galvanique , supposé fixe, et ime aiguille aimante, suspendue librement à un fil, s'attirent quand la position de 'aiguille est cdie qu'elle tendait à prendre dans l'expérience préédente , en vertu de l'action directrice du «xmducteur; et 9e repussent quand l'aiguille est dans la position contraire. Dans le as oii l'attraction a lieu , si le conducteur et Taiguille viennent à t toucher , ils restent attachés l'un a l'autre, comme le feraient eux aimans.

a*. Attractions et Roulsîons Galvaniques observées

pa M. Ampère.

985. G)mme les action que l'on vient d'exposer sont réciproques entre l'aiguille aiiantée et le fil conjonctif , il est clair qu'elles se manifesteraientgalement dans le cas où l'aiguiUe étant fixe, on lui présenterait uitonducteur mobile; et comme le globe • terrestre lui-même fût lapction d'un véritable aimant, on doit en conclure qu'il dirigeraiîconstamment dans le même sens un tel conducteur , auquel on^nnerait une disposition analo^e à celles des aiguilles déboucle. Aussi, lorsqu'on forme avec uii fil métallique un cercle prehie fermé, où l'on ne laisse que l'interruption suffisante pour vee communiquer les deux extrémités du fil avec les pôles de lajile , et que l'on rend cet appareil mobile autour d'un axe coiiîs dans le plan du cercle, l'action du globe amène ce plan dan^ne position perpendiculaire à une

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aiguilleaimantée , qui , assujettie à tourner auldur dû même axe; obéirait de son côté à la même action. GetB expérience , que M. Ampère a tentée le premier y .est délicate : on peut iboîs dans Je mémoire (i) où l'auteur Fa décrite > les-jrécautions qifil a prises pour en assurer le succès, n

986. Le même savant a découyert de plus y <ntre dsox fils métalliques faisant partie d'un même circuit, me actbn mutuelle tout-à-fait analogue à celle qu'exerce un fil cmjonciif sur un aimant , ou qui est réciproque, entre deux ainans. Pour la rendre sensible, il dispose dans dès directions paraUèk deux portions reo* tilignes du conducteur, de manière que Vxùe soit fixe, et que l'autre ait une suspension mobile qui lui permette de s'appro-^ cher ou de s'éloigner de la première, en lu restant toujours pa** rallèle. Alors, si l'on fait passer un courut électrique à la fois dans les deux fils, on observe qu'ils s'ttirent mutneUement, quand leurs courans respectifs ont lieuians le même sens, et qu'ils se repoussent quand les courans on lieu dans des. directions opposées. Dans le cas de l'attraction , &'ilparviennent au contact, ils restent attachés l'un à l'autre comméeux aimans ^ et, de plus, ces effets ont lieu dans le vide comme dns l'air..

987. M. Ampère a introduit dans uttube de verre une partie du filconjonctif^et a plié fautre partien hélice sur le tube : puis, suspendant le tout comme une aigu il] aimantée , il a obtenu de cette manière un appareil qui exécutit, à l'approche d^un barreau aimanté, les mêmes mouvemaïque fait cette aiguille -dans les mêmes circonstances.

3*. Observations de M. Arap, relatives à Taiman^ talion des Lames de fer oïd'acier par le Courant Galvanique.

988. M. Arago a d'abord remarq; que le fil conjonctif se chargeait de limaille de fer, comme lerait un aimant, et qu'on na

(i) Annales de Chimie et de Physique, XV , octobre i8ao.

BE PHYSIQUE. i^t

pouvait atùribusf cet effet à une action électrique ordinaire , puisque Texpériene ne réussissait point avec de la limaille de cuivre, ou avec de la sdure de bois. De plus , il a vu que le lil ne communiquait au fer doix qu'un magnétisme fugitif , mais qu'en se servant de parcelles dacier, on obtenait un effet durable. Bientôt après , des vues théorques le conduisirent à former avec le fil une bélioe , au centre de laquelle il plaça une aiguille d'acier , enveloppée de papier. Au bout de quelques minutes, l'aiguille avait reçu un degré assez conâdérable i^e magnétisme. En répétant cette expérience, l'auteur observa qu'on obtenait une position constante des pôles, en rapport arec la direction du courant dans l'bélice.

Dans une aatre expérience , le même savant employa deux hélices symétriques, séparées par une partie rectiligne. Les spires •de l'une étaient dirigées dans un sens; celles de l'autre dans le sens contraire. Deux aiguilles tout-à- fait semblables furent placées dans les deax hélices. Le changement de la direction suivant laquelle circttlait le courant dans ces deux parties du fil , a suffi pour donner lieu à un renversement des pôles dans les aiguilles. En introduisant un seul et même fil d'acier dans plusieurs hélices tournées dans des sens alternativement contraires , il obtint une série de pôles intermédiaires , analogues à ceux que nous avons désignés sous le nom de points conséquens.

M. Arago a reconnu depuis que l'électricité ordinaire produisait tous les phénomènes d'aimantation qu'il avait observés au moyen de l'appareil voltaïque. Il est parvenu à communiquer une forte vertu magnétique à un barreau d'acier, placé dans un tube de verre , autour d\iquel un fil de laiton était roulé £n Kélice, en faisant passer à travers ce fil une série d'étincelles électriques.

989. L'objet de la théorie, relativement aux nouveaux phénomènes de la pile , sera deles ramener à un principe qui les rattache aux lois bien connues des fluides électrique ,et magnétique, et aux actions mutuelles de leurs propres molécules. Mais , pour remplir cet objet , il faudrait avoir des données plus positives sur cette dis^ position particulière de l'électricité , que l'on a désignée par le nom de courant électrique.^ attendant, MM. Piot et Ampère ont cher-

Jj[2 TRAITÉ ÉLEMENTAIRS

ché à déterminer par Texpérience l'action mutuelle de deax portions infiniment petites de fils conjonctifs : ils ont trouTé ^iie, pour une même position respective de ces portions de fils , cetta action était en raison inverse du carré de leur ditoice; conaid^ rant ensuite les fils d'une longueur finie conune ces assemUages d'élémens soiunis à cette loi , ils ont déduit du calcules expressions des effets composés que l'on observe dans les attractions et répulsions de ces fils. C'est ainsi qu'ils sont parrenus à oc résultat, que, dans le cas de deux fils rectilignes dont les directiins sont parallèles, si l'on en suppose un d'une longueur infinie, la résultante des actions dé toutes ses parties sur une portion déterminée de l'autre est en raison inverse de la plus courte distance des deux fils. Ces manières géométriques de représenter la phénaniëiiris ont ouvert la route que la théorie doit parcourir pi^ur arrivera son véritable but

Béflexions sur les Phénomènes électro-magnétiqQes.

9go. A ne juger des phénomènes que nous venons de décrire que par ce qu'ik offrent d'extraordinaire au premier conp-d'œil, et par l'étonnement général qu'ils ont excité, lorsqu'on les a annoncés , on pourrait être tenté de les mettre au rang des découvertes qui ont changé la face des sciences auxquelles elles appartenaient*, mais le point de vue n'est plus le même, lorsque la surprise ayant fait place à la réflexion , on examine ce que nos connaissances, sur le sujet dont il s'agit , ont encore k acquérir pour ne laisser plus rien k désirer. Cest cet examen qui nous a suggéré les réflexions suivantes.

991. 11 nous parait d'abord bien prouvé que le fluide magnétique est distingué, par sa nature, du fluide électrique. Nous avons cité différens faits qui établissent cette distinction , et dont les uns sont relatif aux circonstances naturelles qui développent les deux fluides et les mettent en activité ; les autares sont donnés par les expériences qui nous montrent de près les actions des mêmes fluides dans les corps que nous avons à notre disposition.

992. £n second lieu, les théories de l'électricité et du magnétisme, telles que les ont adoptées jusqu'ici tous les physiciens, sont

démontrées sans retour par l'accord du calcul ayee l'obserratioû; et elles le sont d'autant mieux > qu'elles se vérifient mutuellement par l'identité des lois auxquelles les deux fluides^ quoique distingués entre eux, obéissent d'une mamière inyariable dans les expériences destinées à leur détermination.

Maintenant les nouveaux phénomènesqu'ont offert ses expérience! faites en Danemark, se réduisent aux trois suivans : l'un dépend de l'influeuce qu'exerce l'action électrique de la pile sur une aiguille aimantée, pour la détourner de sa direction naturelle; le second consiste dans la propriété qu'a le fluide de la pile de décomposer, dans certaines circonstances , le flv^ide magnétique, et de faire naître l'action polaire;, dans une aiguille ou un barreau de fer; le troisième enfin dérive des actions mutuelles de deux fils métalliques traversés par deux courans. d'électricité galvanique. Cette électricité produit seule le phénomène dont il s'agit, tandis que les deux autres ont lieu en vertu du concours de l'électricité et du npiagnétisme.

993. Mais, pour ne parler d'abord que de ce dernier phénomène, on observe, dans les eorps électriques et magnétiques que nou$ soumettons à l'expérience , des effets qui ont dû surprendre les premiers observateurs, mais qui s'eipliquent aujourd'hui d'une manière satisfaisante, d'après les théories généralement reçues; on doit croire qu'il en sera de même dans la suite de celui dont il s'agit ici. D'une autre part, l'action qu'exerce la pile pour faire passer le fer de l'état naturel k celui de magnétisme polaire, ne lui est pas particulière; la bouteille de Leyde la partage avec elle en produisant le même effet sur le fer à travers lequel on la dé-^ charge. Cet effet est connu depuis long- temps , et l'on n'a-pas jugé que le refus qu'il a fait jusqu'ici de se prêter à une explication satisfaisante portât aucune atteinte à la théorie : on peut en dire autant d'un effet non moins remarquable qui provient de l'action d'un autrefluide étranger au magnétisme el à l'électricité ; nous voulons direcelui du calorique, qui a la prérogative de faire naître des pôles électriques dans la tourmaline, qui est si remarquable sous le rapport des propriétés qu'elle acquiert dans cette circonstance. 994. C'est le premier des phénomènes cités, cejui que présente

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une aiguille magnétique dérangée de sa position naturelle par l'influence de la pile, qui imprime k cet appareil son TéritaUe caractère distinctif. Aucun autre agent n'est capable dé Fimiter; la conséquence qui s'en déduit , c'est qu'il existe dans sa manière d'agir une circonstance particulière qui détenninele phénomène dont nous venons de parler , et que les physiciens parviendront probablement un jour à saisir par le côté qui la rattache amlob si bien démontrées du magnétisme et de l'électricité. Ce que l'on peut dès maintenant inf(ker du retard où se trouve la scienoe par rapport à l'explication de ce phénomène et des autres dont nom avons parlé> c'est qu'elle ne sera pas exposée à revenir sur ses pas l>our la trouver ) et qu'elle aura plutôt de nouveaux pas à £ure |M>ur arriver à son but

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