‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 11 sur 186 · FAISCEAUX MAGNÉTIQUES · texte numérisé non relu

FAISCEAUX MAGNÉTIQUES

oo trouve parfois des faisceaux dont les lames intérieures ont perdu presque toute trace d'aimantation, et môme dont les pôles ont été intervertis. Cependant les barreaux qui dépassent tous les autres, * non seulement conservent leur magnétisme, mai* encore restent plus puissants que dans tout autre arrangement ; ce qui provient de ce que les pôles des autres barreaux agissent par influence sur l'extrémité qui dépasse, de manière à éloigner d'eux, c'est-à-dire à repousser vers l'extrémité, le pôle de même nom qui s'y trouve. Ce résultat explique pourquoi les aiguilles en losange sont plus fortes que celles qui sont rectangulaires, les différentes files de molécules parallèles à l'axe se comportant comme des aimants linéaires de longueurs différentes.

Scoresby a fait une étude particulière des faisceaux magnétiques ' ; il est parvenu à leur donner beaucoup plus de force qu'à un barreau unique de dimensions et de masse équivalentes, en ayant soin de séparer les barres les unes des autres. Il résulte de là qu'en construisant les aiguilles de boussoles

Fig. 893.

avec des lames minces superposées formant le même poids, on aura une plus grande force directrice. Du reste, l'accroissement de force des aiguilles composées, quand on augmente le nombre des lames, diminue graduellement à mesure que ce nombre est plus grand. Cette diminution, très rapide quand les lames se touchent, l'est d'autant moins qu'elles sont plus écartées. Enfin, plus les lames sont trempées dur, plus est sensible l'accroissement de force quand on en augmente le nombre. Ainsi, un faisceau composé de 196 lames, longues de 0m,4, s'est trouvé six fois plus puissant quand l'acier avait été trempé au plus dur, que lorsqu'il n'avait reçu que la trempe ordinaire.

C'est au moyen des faisceaux magnétiques que Coulomb aimantait, soit par le procédé d'ifSpinus, soit par celui de Duhamel (4221). C'est aussi au moyen de la réunion d'un grand nombre de lames, que l'on forme les aimants les plus puissants. Il en existe un, construit par Knight, à l'Institut royal de Londres, qui porte 50 kilogrammes ; il est formé de 450 lames de 40 centim. de longueur. Il était autrefois beaucoup plus puissant. Son affaiblissement est attribué à réchauffement qu'il éprouva dans un incendie. Malgré des tentatives répétées, on n'a pu parvenir à lui rendre sa vigueur primitive. — En aimantant les lames les unes par les autres et en prenant une foule de précautions, M. Keila construit un aimant en fer à cheval ne pesant que 18kil,5, et qui a porté 223"'.

1 Annales de chimie et de physique, 2« série, t LX1X, p. 4 06.

4SS7. Expériences de H. Babinet. — M. Babinet a imaginé une disposition au moyen de laquelle on peut communiquer à une barre de fer doux une aimantation prodigieuse. On couche sur une table, une barre de fer très doux deO111^ de longueur, de 5 à 6111" d'épaisseur, et de i5 à 20""de largeur. Une des extrémités dépasse de quelques centimètres le bord de la table. On appuie ensuite contre l'extrémité opposée de la barre et sur son prolongement, un barreau aimanté de mêmes dimensions transversales. On dispose enfin perpendiculairement, vers la même extrémité, M barreaux aimantés, 12 de chaque côté, qui touchent la barre par des pôles de même nom que celui du barreau placé à l'extrémité. 11 se forme alors, à l'extrémité qui déborde la table, un pôle, aussi de même nom, capable de porter des poids énormes. Telle est la force d'attraction exercée sur une barre de fer appliquée à ce pôle, que si on la fait glisser, le fer est entamé, et des parcelles en sont arrachées. Une barre de fer de 0m,5, placée debout sur cette extrémité, se tient dans celte position, et peut elle-même soutenir une barre verticale de même grosseur, de 25 à 30e111 de longueur, qu'on y fait adhérer latéralement. En disposant des aimants tout autour de la barre de fer, au lieu d'en placer seulement de chaque côté, on produirait une aimantation encore plus énergique.

isss. Des «matures. — La force des aimants peut s'altérer h la longue, soit par les chocs auxquels ils peuvent être soumis, soit par les changements

de température , soit enfin par l'action terrestre. Pour leur conserver toute leur force, Knight a imaginé de les conserver par paires dans une même boite, en les plaçant parallèlement, à une certaine dis- F,g' 804" tance l'un de l'autre, de manière

que les pôles opposés soient tournés du même côté, comme on le voit dans la fig. 894. Aux extrémités, sont adaptés de petits barreaux en fer doux c, c', qui se nomment contacts ou armatures. Il se fait une décomposition de fluide neutre dans ces petits barreaux , de la manière qui est indiquée dans la figure par les signes + et — ; et les fluides en présence, dans le fer et dans les aimants, empêchent en s'attirant, la recomposition dans ces derniers, aa est une règle de bois qui sépare les aimants B, B'.

On a tiré parti des armatures, pour disposer les paires de barreaux de manière à faire agir en même temps deux de leurs pôles, comme on le voit dans la fig. 895. Le contact de fer doux ff est maintenu contre les pôles supérieurs des deux faisceaux par des tiges /, t en cuivre, pp est une pièce en fer doux , nommée portant , qui adhère par attraction magnétique, et à laquelle on suspend la charge. Ainsi disposés, les aimants ont une force portative beaucoup plus grande que le double de celle de chaque barreau à l'un de ses pôles.

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