‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 120 sur 186 · VITESSE DE L ELECTRICITE · texte numérisé non relu

VITESSE DE L ELECTRICITE

pile. M. Lartimer-Clark avait déjà trouvé que le nombre des couples de la pile n'a pas d'influence sur la vitesse, depuis 31 jusqu'à 500 couples.

La méthode employée par MM. Fizeau et Gounelle diffère peu de celles qu'employèrent, en 1854, MM. Guillemin et E. Burnouf dans des expériences faites sur la ligne télégraphique de Toulouse à Foix '. Voici quel est le principe de cette méthode : deux fils télégraphiques parallèles, réunis à Tune des stations, forment un seul conducteur isolé, dont les extrémités se trouvent à l'autre station. L'une de ces extrémités peut être mise en communication avec un des pôles d'une pile, et l'autre, avec l'un desbouts du fil d'un réomètre. L'autre bout du réomètre et le second pôle de la pile sont joints au sol. Si l'on fait communiquer au même instant Tune des extrémités du fil télégraphique, avec la pile, et l'autre avec le réomètre, l'électricité s'élancera dans le fil, et agira sur le réomètre, après avoir parcouru le circuit télégraphique. Mais si l'on interromptles deux communications simultanément après un temps très court, il pourra se faire que l'électricité n'ait pas le temps d'arriver jusqu'au réomètre, et celui-ci ne bougera pas. Si l'on augmente un peu la durée des communications, une partie de l'électricité pourra parvenir à l'instrument, dont l'aiguille sera alors un peu déviée. II suffira donc, pour obtenir le temps que met l'électricité à parcourir le fil télégraphique, de rendre de plus en plus petit le temps pendant lequel les communications restent établies simultanément , et de saisir le temps pour lequel le réomètre cesse d'être dévié. Mais comme, en approchant de cette limite, l'instrument n'est parcouru que par une très petite quantité de fluide, ce qui la rend difficile à obtenir d'une manière précise, il faut faire en sorte de faire passer cette même quantité de fluide plusieurs fois de suite, en répétant l'expérience à des intervalles très courts, pour que l'aiguille reçoive plusieurs impulsions égales. Il faut aussi évidemment, que le fil soit déchargé chaque fois avant d'être rechargé.

On peut se faire une idée de l'appareil que MM. Guillemin et Burnouf ont imaginé pour remplir ces diverses conditions, au moyen du croquis ci-contre (fig. 1180). Quatre roues en bois r,r\r\r"\ de 5 centimètres de diamètre, sont fixées à un même arbre oo' . Ces roues portent, incrustées sur leur contour, des lames de laiton équidistantes unies métalliquement à un anneau de laiton i, t, i, i, sur lequel s'appuie constamment un ressort. Les ressorts des roues r, r' qui sont destinées à charger le fil, communiquent, l'un avec le pôle de la pile P, l'autre avec le fil du réomètre R. L'extrémité t du fil télégraphique T communique avec des ressorts a, a" qui frottent sur le contour des

Fig. H 80.

1 Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris, t. XXXIX, p. 330.

roues r, r"; et l'extrémité *', avec les ressorts a', a'" qui s'appuient sur le contour des roues r', r"\ Les anneaux t, i des roues r", r"' communiquent en S avec le sol. Quand les roues tournent, les communications du fil T avec la pile et avec le Yéomètre, sont établies, par l'intermédiaire de la virole de laiton, au moment où les ressorts a, a' s'appuient sur des lames métalliques ; et cessent quand ces ressorts s'appuient sur du bois. Les deux roues r", r"' sont affermies sur l'arbre oo\ de manière que les ressorts a", a" touchent du métal quand les ressorts a, a' s'appuient sur du bois, et vicc-versâ ; de sorte que les ressorts a, a" servent à décharger le fil T par ses deux extrémités, pendant que les communications sont interrompues en a et a', et laissent ce fil isolé pendant qu'elles sont rétablies.

Les expériences de MM. Guillemin et Burnouf ont été faites sur un circuit de 164 kilomètres. La déviation du réomètre, d'abord très grande quand les roues ne faisaient que 3 ou 4 tours par seconde, diminuait graduellement , jusqu'à 21 tours, quelle que fût la force de la pile. A 21 tours avait lieu le minimum de déviation , mais l'aiguille ne restait jamais au zéro ; cela tenait à une induction des deux parties parallèles du fil l'une sur l'autre, comme des expériences directes l'ont prouvé. On a donc pris ce minimum pour le zéro. Le temps pendant lequel les communications restaient établies lors de ce minimum, représentait le temps que mettait l'électricité à parcourir le circuit.

M. Gould a aussi mesuré la vitesse de l'électricité, sur la ligne télégraphique de 1672 kil. entre Washington et Saint-Louis. Il employait un système de télégraphe écrivant analogue à ceux que nous décrirons plus tard. Voici le tableau des résultats trouvés par divers observateurs :

0BSERVATKUR3.

Wheatstone

Fizeau et Gounelle

Guillemin et Burnouf

O'Milchell

Walker

Gould

Entre Greenwich et Edimbourg

Entre Greenwich et Bruxelles

On est frappé des différences énormes qui existent entre les résultats relatifs à un même métal. Nous allons voir comment M. Faraday est parvenu aies expliquer, en tenant compte de la transformation d'une partie de l'électricité dynamique lancée dans le fil conducteur, en électricité statique.

Vitesse

dans les fils de fer,

en kilomètres.

Vitesse

dans les fils de enivre en kilomètres.

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