‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 14 sur 186 · INFLUENCE DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA CHALEUR

mitive, et môme, suivant quelques physiciens, il descend au-dessous de cette force. Si ce dernier fait est exact, il est inexplicable dans l'état actuel de la science. Du reste, la vigueur de l'aimant augmente peu à peu quand on l'abandonne à lui-même, garni de son portant chargé d'un poids.

4SSO. HFLUBNCB DI LA TBHPÉHATU1B 8U1 LA F01CE DBS AŒAIT8. — La force

des aimants diminue sous l'influence de la chaleur, soit d'une manière permanente, soit seulement passagèrement. Gilbert a reconnu le premier qu'un aimant perd toute trace d'aimantation quand on l'échauffé jusqu'au rouge ; la chaleur fait donc céder la force coërcitive. ^Epinus a tiré parti de cette propriété pour augmenter la force des aimants ; il les plaçait, après les avoir fait rougir, entre les pôles opposés de deux forts aimants, et les laissait refroidir dans cette position. La décomposition du fluide neutre, faite en l'absence de la force coërcitive, persiste quand cette force revient pendant le refroidissement. M. Hamann a eu l'idée de tremper les barreaux d'acier pendant qu'ils sont soumis à l'action des aimants destinés à les aimanter.. Un barreau porté au rouge, puis trempé dans la position verticale, conserve aussi l'aimantation produite par l'influence du globe.

Goulomb a pu suivre le décroissement de la force magnétique d'un barreau à mesure que la température s'élevait. Il commença par le recuire, afin que la force coërcitive ne pût pas varier. L'ayant ensuite aimanté, puis cliauffé l\ différentes températures, il le soumit à la méthode des oscillations, et arriva aux résultats suivants :

Températures 4 5° c.

Temps de 4 0 oscillations . 03s

M. Kupffer a étudié la loi de la diminution de la force d'un aimant à des températures élevées, en le faisant agir sur une aiguille aimantée, au-dessus de laquelle il le place, les pôles contraires en regard. II observe ensuite le temps que met l'aiguille à faire un certain nombre d'oscillations sous l'influence de la terre et sous celle de l'aimant porté à différentes températures. Plus l'aimant est chaud, plus le temps des oscillations est grand. Mais la chaleur n'agit pas instantanément, elle demande un temps assez long pour produire tout l'affaiblissement dont elle est capable. Par exemple, ayant plongé un aimant plusieurs fois dans l'eau bouillante en l'y laissant séjourner chaque fois pendant 10 minutes, il a trouvé qu'à chaque immersion il y avait diminution de la force magnétique, et ce n'était qu'à partir de la sixième opération que l'état de l'aimant n'était plus changé.

M. Kupffer a aussi étudié l'effet de réchauffement d'une seule moitié de l'aimant. Pour cela, il le plaçait parallèlement à côté de l'aiguille, les pôles contraires en regard. L'aiguille ne restait dans le méridien magnétique qu'autant que son milieu et celui de l'aimant se trouvaient en face l'un de l'autre. Si l'on venait ensuite à affaiblir, en l'échauffant, l'une des moitiés de

très grand.

l'aimant, sa ligne neutre se rapprochait du pôle opposé, et l'aiguille était déviée en obéissant à l'attraction de ce dernier pôle, et d'autant plus que réchauffement était plus grand. Un barreau de fer doux, mis à la place de l'aimant et aimanté sous l'influence du globe, a donné des résultats opposés : le pôle le plus échauffé était le plus puissant. Enfin, en observant par la méthode de Coulomb, la distribution du magnétisme suivant la longueur, dans une aiguille cylindrique (1215), M. Kupffer a reconnu que la chaleur diminue d'une manière plus prononcée la force magnétique, près des extrémités que vers le milieu.

M. Christie a constaté que la plus grande partie du changement d'intensité par la chaleur a lieu instantanément; ce qui s'explique par l'accumulation de la puissance magnétique prés de la surface (1218). 11 a aussi reconnu que la force magnétique du fer doux augmente avec la température, au lieu de diminuer comme chez les aimants.

M. Dufour a étudié la diminution d'intensité jusqu'à 260° '. I) a suivi la même méthode que M* Kupffer; le barreau aimanté était plongé dans une cuve pleine d'huile , dont le couvercle était séparé de l'aiguille aimantée par un double écran rempli de ouate, de manière que la température de l'air autour de l'aiguille ne variait que de 8 à 10°. L'intensité de la terre, F, étant prise pour unité , et celle du barreau étant représentée par m , on a m = E (n2 — N2) : N2, N et n étant le nombre d'oscillations de l'aiguille pendant le même temps, sous l'influence de la terre et sous celle de la terre et du barreau (1211). — M. Dufour a reconnu qu'on peut représenter la force de l'aimant, par Ja formule m=a — ht — et7, jusqu'à t = 100°; mais au-delà, la force diminue plus vite que ne l'indique cette formule. La diminution dépend aussi du barreau ; elle est d'autant moins prononcée qu'il est plus fortement trempé.

M. Dufour a cherché à quelle température minimum le barreau perd toute son aimantation, et il a reconnu qu'après avoir été porté au rouge cerise vif, il présente encore des traces d'aimantation après le refroidissement ; mais il peut se faire que cette faible aimantation se soit rétablie pendant le refroidissement, comme cela a lieu dans les expériences que nous allons passer en revue.

4*30. Variations passagères produites par la ehalear. — Quand la température varie dans des limites restreintes, elle peut modifier la force des aimants d'une manière passagère-, un échauffement la diminue, et elle reprend sensiblement son intensité quand la température revient à sa première valeur. La première observation à ce sujet est due à Canton. Saussure a reconnu et étudié ce phénomène au moyen d'un instrument qu'il appelait magnétomètre ; il consistait en un pendule suspendu très délicatement, et dont la lentille était une balle de fer. Un arc divisé indiquait les déviations produites par l'aimant

i Bibliothèque universelle de Genève (archives des sciences, 4857), t. XXXIV, p. 295.

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