‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 145 sur 186 · AIMANTATION PAR LES COURANTS · texte numérisé non relu

AIMANTATION PAR LES COURANTS

Exférlesccs avec les hélices. — Savary a aussi expérimenté avec des hélices. En faisant varier l'intensité de la décharge, il a obtenu des résultats semblables à ceux qu'il avait observés en changeant la distance ; ce qui semble prouver que ces derniers étaient dus à la diminution d'action qui résulte de l'éloignemenl. Ainsi, ayant placé dans un tube de bois enveloppé d'une hélice, plusieurs aiguilles bien trempées, il obtint jusqu'à six changements de signe en employant des charges successivement croissantes. En augmentant la résistance du circuit par l'allongement du fil, sans rien changer à l'hélice, on finit par n'avoir plus de modifications dans le sens, mais seulement dans l'intensité de l'aimantation. Une hélice formée d'un fil d'argent de Omn,025 de diamètre, ne donne plus de renversements de pôles quand on fait varier la charge. Enfin, les changements de signe sont indépendants de la longueur des aiguilles d'acier; mais le degré d'aimantation en dépend.

Iaflsesce des dlstessloss de l'héllee. — Arago avait trouvé que : Iodes aiguilles égales s'aimantent également dans une même hélice, quelle que soit la place qu'elles y occupent, quand elles ne sont pas trop prés des extrémités ; 2° l'aimantation est la même dans deux hélices de diamètre différent, pourvu qu'elles soient assez longues, et que le pas soit le même et assez petit. Quand le pas est assez grand, de 3mm par exemple, l'aimantation est un peu plus forte quand le diamètre est plus petit. Savary a retrouvé ces résultats; il a constaté, de plus, que deux hélices superposées produisent sensiblement lç même effet qu'une seule hélice de même longueur et d'un pas moitié moindre ; mais l'intensité magnétique des aiguilles est loin d'être double de ce qu'elle serait avec l'hélice simple; le rapport change même notablement avec l'intensité de la décharge.

Isflaesee des conducteurs laterpests. — Arago avait remarqué que l'interposition des lames de substances peu conductrices ne modifie pas l'aimantation des aiguilles d'acier. La découverte du magnétisme de rotation, dont nous parlerons plus loin, lui fit soupçonner que les corps conducteurs devaient au contraire modifier l'action de l'électricité. En effet, Savary, ayant placé dans la même hélice, deux aiguilles dont une était enveloppée d'un cylindre épais de cuivre, vit que l'effet de la décharge était nul sur cette dernière. Il diminua alors peu à peu l'épaisseur du cylindre de cuivre, et l'aimantation se manifesta, et de plus en plus ; elle atteignit, pour une certaine épaisseur, le même degré que dans l'aiguille non enveloppée, le dépassa ensuite, atteignit un maximum, puis se rapprocha de nouveau, à mesure que l'épaisseur diminuait encore, du degré d'aimantation de l'aiguille nue. L'épaisseur qui correspond à l'aimantation égale des deux aiguilles croit avec l'intensité de la décharge. Enfin, l'enveloppe change quelquefois le sens de l'aimantation. — Pour faire varier facilement l'épaisseur, Savary employait des lames d'étain roulées autour des aiguilles, après s'être assuré que l'effet est le même, à égalité d'épaisseur, qu'avec un cylindre d'étain massif. Du reste, les lames peuvent être séparées ou non par des substances isplantes, mais il faut qu'elles soient continues : une

couehe de limaille n'a plus d'action. Le mercure produit le même effet que les antres métaux, quoique d'une manière moins prononcée. De deux tubes, celui qui a le plus grand diamètre exerce le plus d'influence quand l'épaisseur est la même. Quand le diamètre est le même, c'est le tube le plus court qui a le plus d'action, pourvu que sa longueur dépasse toujours celle de l'aiguille.

M. Savary a encore opéré au moyen de courants rectilignes, séparés des aiguilles par de larges plaques métalliques : tandis qu'une même plaque affaiblit beaucoup l'aimantation avec de faibles décharges, elle l'augmente pour des décharges plus fortes. Il en résulte que des plaques, minces et épaisses, produisent des effets contraires avec la même décharge, et qu'il y a une épaisseur pour laquelle l'effet est nul. Quand la plaque est derrière l'aiguille par rapport au courant, son effet est tout opposé ; elle augmente l'aimantation pour les très faibles décharges, d'autant plus qu'elle est plus épaisse, et il y a telle décharge pour laquelle une plaque épaisse l'augmente, et une plaque mince la diminue. Pour des décharges plus fortes, l'une et l'autre l'affaiblissent, la dernière surtout, et elle finit par donner aux aiguilles une aimantation négative. Les divers métaux agissent à des degrés différents sous la même épaisseur, mais les rapports entre leurs actions, non seulement changent, mais encore peuvent être intervertis quand l'intensité de la décharge varie. Nous verrons plus tard que quelques-uns de ces résultats se rattachent à la théorie du magnétisme en mouvement ; mais il en est d'autres, comme le changement de signe de l'aimantation quand la distance ou l'intensité de la décharge varient, qui n'ont pas encore été complètement eipliqués.

1685. ClreoMfaMes qal laflneat s«r l'alaMurtaCiM par les eraraats «oBtinns. — Savary a répété avec les courants continus, la plupart des expériences qu'il avait faites au moyen des décharges, mais les variations d'intensité des piles alors connues rendaient les résultats incertains. Néanmoins , il a pu obtenir, quoique d'une manière beaucoup moins nette, les principaux résultats que les décharges lui avaient donnés , même les changements de signe do l'aimantation quand la distance augmente Du reste, les effets des courants se rapprochent d'autant plus de ceux que donne la décharge, que la pile est composée d'un plus grand nombre de couples.

M. Abria a fait un grand travail sur le même sujet, au moyen de piles à courant constant1. Les aiguilles à aimanter étaient placées dans des hélices, leur aimantation était mesurée par le nombre d'oscillations accomplies sons l'influence de la terre, et l'intensité du courant était donnée par une boussole des sinus. Voici les résultats trouvés par cette méthode :

i° Comme l'avait découvert Savary, l'effet du courant se produit instantanément; mais si l'on retire et si l'on introduit plusieurs fois l'aiguille dans l'hélice, l'aimantation s'accroît ; ce qui semble indiquer qu'elle se produit au moment où l'action commence ou au moment où elle cesse. Du reste, l'aimantation est la

1 Annales de chimie et de physique, 3» série, 1. 1, p. 385.

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