‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 144 sur 186 · AIMANTATION PAR LES GOURANTS · texte numérisé non relu

AIMANTATION PAR LES GOURANTS

couché sur une spire, comme est la flèche o\ et regardant l'aiguille. On voit dé même, que, avec l'hélice sinistrorsum S, le pôle nord a se trouve à l'extrémité par laquelle entre le courant.

Quand on veut produire une forte aimantation, on prend un fil de cuivre enveloppé de soie, et on l'enroule en hélice autour du tube de verre, de manière que les spires se touchent ; arrivé à l'extrémité du tube , on enroule de nouveau le fil, en revenant, de manière à former une seconde couche de spires. On peut de même former une troisième, une quatrième , couche. Il est vrai que les hélices ainsi disposées sont alternativement dextrorsum et sinistrorsum ; mais comme le courant y entre aussi alternativement par une extrémité et par l'extrémité opposée, le fluide austral est poussé du môme côté par chacune d'elles. Remarquons aussi qu'il faut ici , comme pour les réomètres (1621) , que la résistance de la pile soit très grande, pour qu'il y ait avantage à augmenter beaucoup le nombre de tours du fil. Malgré tout, on ne peut aimanter que faiblement les tiges d'acier trempé ; il manque ici l'ébranlement moléculaire qui fait céder la force coërcitive (1223). Du reste, le maximum d'effet est obtenu instantanément. Nous verrons plus loin (1667) des moyens puissants d'aimantation par les courants , avec lesquels cet ébranlement peut être produit.

Joints conséquents. — On peut obtenir à volonté des points conséquents : il suffit pour cela de changer le sens de l'hélice partout où l'on veut en produire. Ainsi, en a et b' (fig. 1215) il y aura des points conséquents, l'hélice étant sinistrorsum de b en a, dextrorsum de a en b\ et sinistrorsum de b' en a'. Les points 6, b' sont des pôles sud, et les points a, a' des pôles nord.

46*4 Aimantation par l'électricité ordinaire. — AragO a reconnu qu'on peut aimanter des aiguilles d'acier au moyen de l'électricité due au frottement. 11 faisait passer par étincelles le fluide fourni par une forte machine , à travers l'hélice, dont une extrémité était jointe au sol. M. Ridolfi a réussi au moyen d'un écoulement continu de l'électricité, mais en employant une très forte machine. Si les résultats sont ici bien moins prononcés qu'avec le courant vol laïque, c'est que la quantité absolue d'électricité fournie par les plus puissantes machines électriques est très faible (1656). Le moyen le plus efficace pour aimanter avec l'électricité ordinaire, consiste à décharger à travers l'hélice une batterie à grande surface, en faisant en sorte que la décharge ait une durée appréciable. Pour cela, on arme l'une des extrémités du fil de l'hélice, d'une pointe que l'on approche très près de l'armature intérieure de la batterie, dont l'armature extérieure communique avec l'autre extrémité du même fil.

Circonstances «ni Influent snr l'alasaatatlon par la décharge. — Savary a fait beaucoup d'expériences sur ce sujet1. Il a d'abord reconnu que l'intensité de l'aimantation dépend de la charge de la batterie et de la

i Annalct de chimie et de phy$iq*ê, f série, t. XXXIV, p. 5.

durée de la décharge. Cette durée ne doit être ni trop courte ni trop longue. Ainsi, quand on décharge une batterie à travers un fil de platine dont la résistance ralentit la décharge, l'aimantation communiquée à des aiguilles égales suspendues au-dessus du fil, dépend de la longueur de ce dernier. Il y a une certaine longueur pour laquelle l'aimantation est maximum, et au-dessus de laquelle l'aimantation devient plus faible. La longueur qui correspond au maximum, est du reste d'autant plus grande que le fil est plus gros et meilleur conducteur. Si l'on met à la suite les uns des autres, des fils de dimensions et de nature différentes, l'aimantation de l'aiguille est la môme, quelle que soit la partie du circuit prés de laquelle elle est placée ; chaque partie étant traversée par le même courant. — Dans toutes ces expériences, la force des aiguilles était mesurée en les faisant osciller sous l'influence de la terre.

laflueaee de la distance d*oa eircalt reetUIffne. — Des aiguilles et acier, également trempées et de mêmes dimensions, étaient placées perpendiculairement au fil recliligne, à des hauteurs différentes, et au-dessus de sections assez éloignées les unes des autres pour que ces aiguilles ne pussent s'influencer mutuellement ; elles étaient ainsi soumises à la même décharge d'une batterie. Quand les aiguilles trempées sont assez grosses, ou quand elles ne sont pas trempées, leur degré d'aimantation diminue quand la distance an fil de décharge augmente. Mais quand elles sont fines et trempées, non seulement le degré d'aimantation peut augmenter avec la distance entre certaines limites de position, mais encore le sens de l'aimantation peut être différent dans des aiguilles égales soumises, à différentes distances, à la même décharge. Savary nomme positive, l'aimantation dans laquelle le pôle austral se Forme à la gauche du courant, et négative, celle dans laquelle les pôles sont placés en sens inverse. Cela posé, voici ce qu'il a observé, avec un fil de platine de 2"" de diamètre et de 2 mètres de longueur et des aiguilles d'acier de On,n,25 de diamètre et \bnm de longueur : à partir du contact, l'aimantation positive va en diminuant, elle change de signe à la distance de 2mm,5, va en augmentant jusqu'à la distance de 5 à 6*m, puis diminue jusqu'à 11 *m, distance pour laquelle l'aimantation redevient positive ; elle augmente jusqu'à 28""° environ, pots diminue jusqu'à 130min, qui est la plus grande distance à laquelle on ait observé. Les maximum et les changements de signe sont distribués autrement quand on change les dimensions du fil réophore : plus sa résistance est grande, plus les maximum s'en trouvent rapprochés, et moins il y a de changements de •signes. Ainsi, avec un fil de platine de 0ma125 de diamètre, il n'y a plus de changement de signe, et l'aiguille est aimantée à saturation à la distance de 1 lmm. Au contraire, avec un fil de 2ma de diamètre n'ayant que J mètre de long, il y a jusqu'à quatre changements de signe jusqu'à la distance de 130"". C'est que , plus la résistance est grande , plus la décharge se rapproche d'an courant continu et régulier. — Les faits qui précèdent expliquent pourquoi les aiguilles de plusieurs boussoles peuvent avoir leurs pôles renversés ou non , après un coup de foudre, suivant leur distance au point foudroyé.

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