‹ Traité élémentaire de physique théorique et expérimentale avec les applications à la météorologie et aux arts industriels à l'usage des facultés, des établissements d'enseignement secondaire et des écoles spéciales du gouvernement (volume 2)Chapitre 160 sur 186 · COURANTS INDUITS DE DIFFÉRENTS ORDRES · texte numérisé non relu

COURANTS INDUITS DE DIFFÉRENTS ORDRES

courants se succédant très rapidement, l'un inverse, quand le courant induit primaire est excité, l'autre direct quand il cesse presque aussitôt. Ces deux courants étant égaux en quantité (1736), leurs effets sur le réométre se neutralisent; mais comme ils sont inégaux en durée, et par suite en tension, une aiguille d'acier est aimantée dans le sens du plus intense, qui est ici le courant inverse, contrairement à ce qui a lieu pour les courants induits primaires. Quant aux effets physiologiques, ils sont d'autant plus énergiques, qu'il y a là deux courants de sens contraire se succédant très rapidement.

M. Abria a confirmé cette théorie, par des expériences faites avec le réométre. Il fit d'abord communiquer cet instrument avec le fil d'une spirale soumise à l'induction d'un courant intermittent obtenu au moyen d'une roue dentée; il trouva que l'aiguille aimantée, sous l'influence des courants induits primaires alternativement de sens contraire, était dans un état d'équilibre instable, et se déviait d'une même quantité, d'un côté ou de l'autre indifféremment. Si les deux courants successifs devaient vaincre une résistance, comme celle que présente la roue d'un réotrope, ou franchir une interruption en donnant une étincelle, le courant direct l'emportait toujours; c'est que ayant une plus grande tension que le courant inverse, il franchit plus facilement les obstacles. M. Poggendorff a aussi constaté les mêmes résultats. Or, H. Abria ayant employé une troisième spirale, induite par une succession de courants induits primaires, directs ou inverses, observa tous les phénomènes que nous venons de décrire ; ce qui montre que le courant induit secondaire est aussi formé de deux courants successifs de sens contraire. Quand on opère sur le courant tertiaire, on trouve des résultats peu constants; ce courant étant formé de quatre courants successifs : deux produits par le courant secondaire inverse quand il commence et quand il cesse, les deux autres par le courant direct qui le suit. Il est à remarquer que les deux courants moyens sont de même sens, et peuvent être considérés comme n'en formant qu'un seul.

M. Verdet démontre l'existence des deux courants qui composent le courant secondaire, en le faisant passer à travers un voltamètre ; il trouve à chacun des électrodes, un mélange d'oxygène et d'hydrogène l. Ce résultat a lieu, que les courants secondaires soient produits par les courants induits primaires directs ou inverses isolément, ou par ces deux espèces de courants réunis, mais ramenés au même sens au moyen du réotrope. Les deux volumes de mélange étaient, du reste , inégaux et variables d'une expérience à l'autre, à cause de la recomposition partielle des gaz aux surfaces des électrodes. Avec l'appareil employé, il fallait de 20 à 30 mille interruptions du courant de la pile, pour obtenir 1 centimètre cube de gaz dans chaque éprouvette. Un barreau de fer doux ayant été introduit dans la bobine du courant induit secondaire, il n'en fallut plus que 2 à 3 mille. — Masson a confirmé ces résultats en prenant la précaution d'employer des fils de platine très fins ; il a obtenu des mélanges

* Annales de chimie et de physique, 3e série, t. XXII, p. 504.

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explosifs purs ; ce qui montre une fois de plus que les quantités d'électricité sont égales dans les courants directs et inverses. Enfln , M. Matteucd , en constatant que les courants induits secondaires ne produisent aucune décomposition dans une solution de sulfate de cuivre, a apporté une nouvelle preuve de l'existence presque simultanée des deux courants dans le courant secondaire.

475t. wductioh FAI la déciakbb — Aimé paraît avoir le premier obtenu l'induction électro-dynamique au moyen de la décharge d'une bouteille de Leyde. Ayant collé sur les deux faces d'une lame de verre, des bandes d'étain opposées, il vit des étincelles à toutes les solutions de continuité d'une de ces bandes, qui formait un circuit fermé, quand il déchargeait une bouteille de Leyde à travers la bande opposée. M. Henry, après avoir obtenu des courants d'induction au moyen des courants induits, eut l'idée d'essayer les effets de la décharge '. Il enveloppa un cylindre de verre, de deux hélices, Tune à l'extérieur , l'autre à l'intérieur, et ayant fait passer la décharge d'une bouteille à travers l'hélice extérieure, il obtint dans l'hélice intérieure un courant induit , ou décharge induite, dont il reconnut la présence, par l'aimantation d'une aiguille d'acier, par une étincelle jaillissant entre les extrémités du fil induit , ou enûn par la commotion. Deux spirales plates superposées et séparées par une lame de verre, lui donnèrent les mômes résultats. Ce qu'il y a de singulier, c'est que la commotion peut être à peine sensible avec une forte décharge, et très prononcée avec une décharge beaucoup plus faible.

La décharge induite peut, du reste, être produite à une distance surprenante : M. Henry a pu, au moyen d'une simple étincelle de 3 centimètres de longueur, lancée d'une machine électrique , sur l'extrémité du fil d'un circuit placé dans une chambre, obtenir dans un autre circuit placé dans une cave, à 10 mètres de distance, un courant induit capable d'aimanter une aiguille d'acier. C'est an courant induit réagissant sur le fil dans lequel passe la décharge, qu'il faut attribuer l'affaiblissement de celle-ci par un fil voisin de celui dans lequel elle passe (1335).

La découverte de l'induction par la décharge était aussi faite vers la même époque par MM. Masson, Riess, Matteucci, etMarianini qui appelle courants leyd -électriques les courants produits parla décharge. La fig. 1504 représente un appareil construit par ce dernier physicien, au moyen duquel les expériences se font avec facilité. Deux plateaux en verre A et B, que l'on peut rapprocher plus ou moins l'un de l'autre, portent sur leur face intérieure une spirale formée d'un fil de cuivre recouvert de soie et enduit de gomme laque. Les extrémités de chaque spirale aboutissent à des boutons extérieurs placés, l'un au centre, l'autre près du bord de chaque disque. On décharge la bouteille en aa' à travers l'une des spirales, pendant que les extrémités du fil /*, f de la spirale opposée

1 Annales de chimie et de physique, 3e série, t. III, p. 403.

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